Le chavisme est un courant populiste costaricien basé sur les aspirations politiques de Rodrigo Alberto de Jesús Chaves Robles.
Le mouvement politique a officialisé son véhicule électoral le 3 septembre 2022, lorsque le Parti du peuple souverain a été officiellement enregistré auprès du Tribunal suprême des élections (TSE) par Mayuli Ortega Guzmán, ainsi que par des collaborateurs de l'administration du président.
Selon ses promoteurs, il plaide par un fort changement dans la fonction de l'État: réduction de la dépense publique, réformes orientées à l'efficacité administrative et une politique économique de cour libérale. Son discours est critique vers des secteurs traditionnels de la classe politique et la bureaucratie de l'État.
Contexte politique L'origine politique du chavismo se place dans la figure du président Rodrigo Chaves Robles. Il a profité du malaise de la population costaricienne vers la classe politique traditionnelle pour faire avancer son programme. Selon l'appareil de cette tendance, se lui associe avec la lutte contre la corruption et la fin du « système obsolète » des partis traditionnels. Ce discours a été repris par l'alors candidate Laura Fernández Delgado du Parti du peuple souverain, qui l'a présenté aussi bien qu'une « révolution » et comme continuité de la gestion de Chaves pour les élections de 2026.
Après la victoire de Fernández le février 2026, le chavismo s'a consolidé aussi bien que principale force au pouvoir. II a ainsi redessiné le paysage politique de ce pays d'Amérique centrale, déjà marqué depuis plusieurs décennies par le déclin des partis traditionnels, au profit de mouvements personnalisés et antisystémiques.
Mouvement politique Le mouvement affirme vouloir changer le système politique en rompant avec les partis et les pratiques traditionnelles. Il soutient lutter contre le crime organisé et vouloir réduire les formalités administratives et les dépenses de certaines institutions publiques. Il déclare dénoncer les abus et la corruption au sein des institutions publiques.
Idéologie
Plusieurs analystes ont souligné que le style politique de Chaves allie des éléments réformistes, un leadership fort et une critique marquée des structures étatiques jugées inefficaces. Son discours, souvent direct et provocateur, a été comparé à certaines tendances observées chez d'autres dirigeants latino-américains contemporains, bien que la définition de son idéologie ait suscité un débat parmi les spécialistes.
Certaines interprétations médiatiques et universitaires ont qualifié certains aspects de sa communication politique de proches du populisme, notamment en raison de sa rhétorique axée sur la dénonciation de pratiques perçues comme de la corruption ou une bureaucratie excessive, ainsi que de son style direct à l'égard des citoyens.. D'autres analyses soulignent l'utilisation d'un langage familier et de références culturelles ou religieuses dans le cadre de sa stratégie de communication.
Cependant, la définition formelle de son idéologie continue de faire l'objet de débats dans les milieux universitaires et politiques, sans qu'il y ait de consensus clair quant à sa classification au sein des courants politiques traditionnels.
Sur le plan économique, Chaves prône des politiques d'austérité axées sur la réduction des dépenses publiques, la déréglementation et la promotion de l'investissement privé. Son expérience d'économiste et d'ancien fonctionnaire de la Banque mondiale influence son approche en faveur du libre marché et de la réduction du rôle de l'État dans l'économiehttps://www.elpais.cr/2022/05/08/rodrigo-chaves-juramenta-como-presidente-de-costa-rica/. Ces mesures visent à relancer l'économie costaricienne après les répercussions de la pandémie de COVID-19 au Costa Rica, bien qu'elles aient été critiquées pour leurs éventuels effets négatifs sur l'équité sociale et le bien-être des populations les plus vulnérables.
Sécurité et criminalité organisée Le mouvement a axé une partie de son discours sur la hausse de la criminalité. Cependant, depuis l'entrée en fonction du gouvernement Chaves Robles en 2022, le Costa Rica est devenu l'un des principaux points de transit pour le trafic de drogue en provenance d'Amérique du Sud vers l'Europe et les États-Unis.
Dans le même ordre d'idées, le 6 août 2026, un rapport interne de la Direction du renseignement et de l’analyse criminelle du ministère de la Sécurité publique a mis en cause 116 policiers soupçonnés d’avoir des liens avec des réseaux de trafic de drogue, de traite d’êtres humains et de contrebande d’alcool. D’après des informations publiées mardi par le quotidien local La Nación, ce document aurait été transmis le 14 avril à deux proches collaborateurs de l’ancien président Rodrigo Chaves Robles. Le texte affirme aussi que certains des policiers auraient protégé des criminels et coordonné des atterrissages clandestins d’appareils utilisés pour transporter de la drogue.
Ces dernières années, le Costa Rica aurait perdu son statut de pays le plus sûr d’Amérique centrale à cause de la progression des réseaux liés au trafic de drogue. Avec 907 homicides en 2023 — record absolu — puis 873 en 2025, le Costa Rica s'est installé à un niveau de violence inédit : environ 17 homicides pour 100 000 habitants, contre 11,5 en 2015.
Persécutions envers des opposants L'histoire du chavisme au Costa Rica est marqué par des actions de persécutions et d'intimidations menées à l'encontre de plusieurs opposants.
Tentative de dénigrement Début 2025, des panneaux publicitaires appelant à la démission de plusieurs responsables publics s'étant opposés à Chaves apparaissent au bord de routes très fréquentées. Les personnes visées sont Rodrigo Gerardo de Jesús Arias Sánchez, président de l’Assemblée législative du pays, Orlando Aguirre Gómez, président de la Cour suprême de justice du Costa Rica, Carlo Díaz Sánchez, procureur général, et Marta Acosta Zúñiga, contrôleur générale de la République.
Il est ensuite révélé que c'est l’homme d’affaires costaricien Boris Vasir Marchegiani Carrero qui a financé l'installation de ces panneaux. En mai 2026, il devient ambassadeur auprès de l’ONU, également après avoir été l’un des principaux donateurs de la campagne politique du parti du peuple souverain.
Manifestation contre le procureur général Le mardi 18 mars 2025, une manifestation est organisée par le camp présidentiel contre le procureur général de l'état, Carlo Díaz Sánchez. C'est une première au Costa Rica. Selon les organisateurs, l’objectif est de montrer que le chef de l’Exécutif représente « la voix du peuple » et qu’il cherche à « débarrasser » le pouvoir judiciaire de « rats » comme Carlo Díaz Sánchez.
Cependant, il n'est pas fait mention du grand nombre de procédures pénales ouvertes visant le président (148 dossiers à la mi-juillet 2026). Des opposants considèrent l'évènement comme un « acte d'oppression et d’intimidation » contre les institutions chargées de veiller au maintien de la loi dans le pays.
Retrait de visas à plusieurs opposants En mai 2026, il est révélé que le gouvernement américain a annulé le visa de deux membres du conseil d’administration du journal La Nación. Une telle mesure avait déjà été prise à l’encontre de huit ressortissants costariciens (principalement des responsables publics et des anciens hauts fonctionnaires de l’État costaricien). Parmi eux figuraient l’ancien président et prix Nobel Óscar Rafael de Jesús Arias Sánchez, les magistrats Paul Rueda Leal et Fernando Cruz Castro, et les anciens députés Francisco Nicolás Alvarado, Vanessa de Paul Castro Mora, Cynthia Córdoba Serrano et Johana Obando Bonilla.
Cette dernière avait alors suggéré que le retrait de ces visas était une tentative d’intimidation à l’encontre des opposants de la part du pouvoir exécutif chaviste.
Intimidation et exiles politiques Le 13 janvier 2026, le président Rodrigo Alberto de Jesús Chaves Robles, et Jorge Torres Carrillo, directeur de la Direction du renseignement et de la sécurité nationale, accusent un groupe de Costariciens de préparer un assassinat politique et un coup d’État. Ce groupe est composé d'influenceurs et de militants, tous sympathisants du parti d’opposition Frente Amplio. Ses membres sont ensuite accusés de tentative d’homicide et de conspiration.
Le 8 août 2026, l'influenceuse Ziesing Camacho, membre du groupe, publie une vidéo dans laquelle elle avoue avoir sollicité une protection internationale afin de se réfugier à l'étranger. Elle accuse les gouvernements chavistes de persécution politique, de filatures et de menaces, y compris de mort, qui ont également touché sa famille. Elle explique avoir été suivie, et harcelé par des appels téléphoniques et de messages dès octobre 2025.
Dans un témoignage au journal La Nación, elle affirme que, lors d’une visite dans le centre-ville de Heredia, deux individus l’auraient interceptée et se seraient approchées d’elle pour lui dire : « On va te mettre à terre, sal... ». Face à l’absence de retour concernant les plaintes déposées auprès des autorités, l'influenceuse décide finalement, pour sa sécurité et celle de sa famille, de quitter le Costa Rica.
Notes et références
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