Isabel Mesa Delgado (Ronda, - Huerta, ) est une ouvrière syndicaliste, anarchiste et anarchoféministe espagnole. Elle adopte le pseudonyme Carmen Delgado Palomares dans la clandestinité.

Biographie Isabel Mesa est née dans une famille ouvrière de tradition anarchiste. Elle était très fière de dire: "je suis fille, petite-fille et arrière-petite-fille d'anarchistes". Elle est la petite-nièce du typographe, socialiste internationaliste reconnu, José Mesa Leompart. À 11 ans elle commence à travailler comme couturière et, en 1928, à 14 ans, elle part avec sa famille vivre à Ceuta. Elle adhère au Syndicat d'activités diverses de la Fédération locale ceutienne de la CNT où, parce qu'elle est femme, son intégration n'est pas facile, et à l'Athénée libertaire ("Ateneo popular", association culturelle issue de la tradition républicaine en Espagne et dans certains pays hispanophones) de la ville, où elle est responsable de la bibliothèque pendant quinze ans.

Elle participe à la création du Corps de métier de l'Aiguille de la CNT dont elle obtient la carte nº1. Son activité syndicale est orientée principalement vers l'organisation des travailleuses. Lors d'une grève à l'Almadraba de Ceuta, où l'entreprise a embauché des femmes maghrébines pour la moitié du salaire des espagnoles, elle réussit à convaincre celles-ci de se joindre à la grève pour obtenir de meilleures conditions pour toutes. Ainsi qu'elle le racontait: "elles nous ont rejointes et en 24 heures nous avons gagné le combat". En 1934, pendant une période et jusqu'à son expulsion, elle milite au sein des Jeunesses libertaires de Tétouan qui opèrent sous couvert de société espérantiste. En 1936, de nouveau à Ceuta, elle entre en contact avec le groupe fondateur de la revue Mujeres Libres.

À Ceuta et Tétouan, le putsch franquiste triomphe dès le 16 juillet 1936. La répression est très forte et il y a beaucoup d'exécutions. Isabel Mesa aide de nombreux camarades à fuir et réussit à s'enfuir vers la péninsule, arrivant à Málaga dans une barque de pêcheurs, avec douze hommes. Le 1937, elle arrive à Valence où elle commence une formation d'infirmière et travaille ensuite dans cette ville et à Gandia. Elle participe au congrès de constitution de la Fédération nationale de femmes libres et devient secrétaire générale du groupement local de Valence, en aidant à sa propagation, avec Lucía Sánchez Saornil, Pura Pérez Benavent, Amelia Torres Maeso et d'autres camarades. Elle en est la représentante au Comité national de la CNT et dans la Session plénière de Solidarité internationale antifasciste (SIA) qui se tient en août 1938 à Valence.

Les derniers jours de la guerre, en mars 1939, Isabel Mesa fuit vers le port d'Alicante. Comme les bateaux espérés pour venir en aide à l'armée républicaine ne sont pas arrivés, elle fuit à nouveau vers Almería à pied. Sous un faux nom, elle commence la lutte antifranquiste. À Málaga, en 1941, elle crée, avec des camarades, le journal clandestin El faro de Málaga. Découverte par la police franquiste, Carmen Delgado Palomares, nom qui figure sur sa carte d'identité à ce moment-là et jusqu'à la fin de sa vie, réussit à éluder la prison et la mort grâce à cela et fuit à nouveau vers Valence. Son alter ego, Isabel Mesa, estaccusée de rébellion et condamnée à deux peines de mort.

De retour à Valence, en 1942 elle participe à la création du collectif Union de femmes démocrates, organisation clandestine consacrée à aider les prisonniers et à d'autres activités politiques. Elle monte un kiosque avec sa camarade anarchiste Angustias Lara (Maruja Lara), son amie depuis 1937, et dans l'arrière-boutique elles distribuent la presse anarchiste. En 1956, elle est arrêtée et pendant huit jours est torturée au commissariat. Pendant la Transition, elle collabore à la formation de collectifs libertaires comme Libre Estudio, la Fédération de Pensionnaires de la CNT, Ràdio Klara et l'athénée libertaire Al Margen. Elle est membre de Mujeres Libres et de la Fondation Salvador Seguí, dont les fonds de la phonothèque conservent des témoignages oraux d'Isabel Mesa.

Son idée sur ce qu'est l'anarchisme a défini toute sa vie:

Isabel Mesa est morte à Valence le 25 février 2002. Elle est inhumée enveloppée dans le drapeau confédéral au son de l'hymne A las barricadas.

Références

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