Mary Blandy (née vers 1720 – 6 avril 1752) est une meurtrière britannique du XVIIIe siècle. En 1751, elle empoisonne son père, Francis Blandy, à l'arsenic. Elle prétendait croire que l'arsenic était un philtre d'amour destiné à convaincre son père d'approuver sa relation avec William Henry Cranstoun, officier de l'armée et fils d'un noble écossais.
Biographie Mary a été élevée dans la tradition anglicane. Son éducation en fait une femme intelligente et éloquente. À Henley, où elle a vécu toute sa vie, elle était réputée comme une jeune femme respectée, bien élevée et cultivée.
En 1746, Mary rencontre le capitaine William Henry Cranstoun. Ils projettent de se marier en 1751. Cependant, on découvre qu’il est déjà marié à une Écossaise, avec qui il a un enfant. Cranstoun conteste alors la validité de ce mariage et se rend à plusieurs reprises en Écosse durant sa relation avec Mary afin d’en obtenir l’annulation.
Après plusieurs mois d’hésitation, Francis Blandy, le père de Mary, commença à se méfier de Cranstoun et en vint à penser qu’il n’avait pas l’intention de quitter sa femme pour elle. Il ne cachait pas son désaccord avec cette relation.
Les événements suivants restent flous. Mary affirma que Cranstoun lui avait envoyé un « philtre d’amour », qui se révéla par la suite être de l’arsenic, et lui avait demandé de l’ajouter à la nourriture de son père afin d’obtenir son approbation. Mary s’exécuta et son père mourut.
Le procès du 3 mars 1752 présenta un certain intérêt médico-légal, notamment en raison du témoignage d'expert du Dr Anthony Addington concernant l'empoisonnement à l'arsenic.
Les tests effectués par Addington, qui paraîtraient rudimentaires aujourd’hui, étaient pourtant considérés comme novateurs au XVIIIe siècle. Ils consistaient à rechercher des traces d’arsenic dans des résidus et contribuèrent largement à asseoir sa réputation.
Par la suite, le docteur devint le médecin de famille de William Pitt, 1er comte de Chatham. Son fils, Henry Addington, devint lui-même Premier ministre et occupa également le poste de ministre de l’Intérieur sous le titre de vicomte Sidmouth.
Le lundi de Pâques, le 6 avril 1752, Mary Blandy fut pendue devant la prison du château d’Oxford pour parricide. Son affaire suscita un vif intérêt dans la presse.
De nombreux pamphlets, se présentant comme des « récits authentiques » ou des « lettres authentiques » de Mary Blandy, furent publiés dans les mois qui suivirent son exécution. Les réactions de la presse furent contrastées. Si certains acceptèrent sa version des faits, la plupart la soupçonnèrent de mensonge.
Le débat sur sa culpabilité morale se poursuivit pendant des années après sa mort. Au XIXe siècle, son cas fut réexaminé de manière plus favorable dans plusieurs ouvrages, et elle commença à être décrite comme une « pauvre fille éprise ».
Dans la culture
The First Forensic Hanging: The Toxic Truth that Killed Mary Blandy, par Summer Strevens (Pen and Sword History, 2018). Une adaptation théâtrale, BLANDY, de Coco Cottam (2025) jouée pour la première fois au Edinburgh Fringe et au Theatre503.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Trial of Mary Blandy, edited by William Roughead (William Hodge & Co., 1914)
Liens externes Royal Berkshire History: Mary Blandy (1720-1752)
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