La brasserie Léopold était une brasserie belge, située entre le quartier Léopold et le parc Léopold à Bruxelles.

Historique La brasserie Saint-Hubert, ancêtre de la brasserie Léopold, était à l'origine située en bordure de l'un des étangs d'Ixelles (aujourd'hui disparu), à l'emplacement actuel du Victory House, entre les rues des Cygnes et Malibran. Elle appartenait à la famille Rijckaert aux puis passa en 1781 entre les mains de Jean-Baptiste Van Amelrijck, agent municipal à Ixelles pendant la Révolution. Sans fils, il transmit la brasserie à sa fille et son gendre, Guillaume Keymolen. Ceux-ci la transmirent ensuite à leur fille et à leur gendre, Joseph Damiens. L'entreprise resta dans la famille Damiens jusqu'à la Première Guerre mondiale. En 1860, après l'assèchement du grand étang d'Ixelles et l'essor des activités de la brasserie, celle-ci dut déménager.

Elle s'installe alors rue Vautier Ixelles - Rue Vautier Les bâtiments > Les bâtiments remarquables (patrimoine) > Passé industriel > Brasserie Léopold (lieu disparu), entre la gare du quartier Léopold et le parc Léopold. Cet emplacement s'avère très pratique, car la gare permet de relier tout le pays. En 1880, Joseph Damiens choisit de rebaptiser la brasserie « brasserie Léopold » en l'honneur du premier roi des Belges.

Joseph Damiens décède en 1884 et son fils de 17 ans, Georges, reprend alors la gestion. Malgré son jeune âge, c'est sous sa direction que la brasserie Léopold connaît une croissance sans précédent. Avec l'évolution des goûts en matière de bière, de nouvelles installations sont mises en place pour brasser des bières à basse fermentation. En , la première livraison de bière « Bock » quitte la brasserie, reliée directement par voie ferrée à la gare du Luxembourg.

Avec la demande croissante pour de nouvelles bières, il faut construire de nouveaux bâtiments. Une nouvelle salle de brassage est en cours de construction et produira, d'ici 1930, près de . Georges Damiens, accompagné de ses deux fils Edmond et Pierre, dirige l'entreprise.

En 1913, l'entreprise familiale est devenue une société à responsabilité limitée.

La brasserie traverse une période difficile pendant la Première Guerre mondiale, voyant sa production réduite de moitié. Les Allemands réquisitionnent alors le cuivre, les autres métaux et même les chevaux utilisés pour le transport. Ce n'est qu’en 1920 que la production retrouve un niveau comparable à celui de 1913. À partir de cette date, la brasserie étend progressivement ses installations vers la rue Wiertz Ixelles - Rue Wiertz Les communes > Ville de Bruxelles > Quartier européen > Rue Wiertz et le parc Léopold, et ce jusqu'en 1945.

Dès les années 1920, la brasserie Léopold vise à racheter les petites brasseries qui n’ont pas les moyens de passer à la production de bière à basse fermentation.

En 1933, à la demande de Pierre Damiens, Hergé réalise deux affiches pour la bière White Star.

Il faudra toutefois attendre les années 1950 pour qu’elle connaisse son apogée, en rachetant la brasserie « Lootvoet » à Overijse ainsi que la brasserie « De Lac » à Bruges.

La brasserie Léopold sera même présente à l'Expo 58, avec son café « La Nouvelle Brasserie de la Couronne » installé dans le village « Belgique 1900 ».

L'entreprise continue de prospérer jusqu'en 1975, réussissant à augmenter son chiffre d’affaires chaque année. Mais avec la crise économique et une concurrence de plus en plus rude, la brasserie commence à rencontrer des difficultés. La bière Léopold en fût garde un certain succès, mais les ventes en bouteille chutent fortement : le groupe Artois interdit alors à la brasserie Léopold de distribuer ses bouteilles dans les supermarchés. En plus, plusieurs contrats à l’étranger arrivent à échéance et ne sont pas renouvelés.

Face à ces difficultés menaçant la brasserie, l'entreprise se tourne vers le grand groupe Heineken, qui la revend au groupe Artois en 1976. Lors de sa fermeture en 1981, elle est la dernière encore en activité à Bruxelles et emploie encore 150 personnes.

En 1986, la brasserie Léopold et plusieurs maisons voisines sont rachetées par des promoteurs immobiliers, avec l'intention de les démolir pour construire le futur parlement européen.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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