Mamadou Kalidou Ba (aussi orthographié Bâ Mamadou Kalidou) est un enseignant-chercheur et essayiste mauritanien né dans le sud de la Mauritanie. Maître de conférences en littérature africaine francophone à l'Université de Nouakchott, il est également critique littéraire, directeur du Groupe de Recherches en Littératures Africaines (GRELAF), auteur de plusieurs ouvrages publiés aux Éditions L'Harmattan, et militant politique engagé dans la lutte contre le racisme d'État en Mauritanie.

Biographie

Origines et formation Mamadou Kalidou Ba naît dans la région du sud de la Mauritanie, à Sélibaby, chef-lieu du Guidimakha, une zone peuplée majoritairement de communautés négro-mauritaniennes. C'est dans cette ville qu'il effectue l'ensemble de sa scolarité primaire et secondaire, et où il obtient son baccalauréat en 1995. Il s'inscrit ensuite au département de Lettres et langue française de l'Université de Nouakchott, l'unique université publique du pays. Assidu et rigoureux, il sort major de sa promotion quatre ans plus tard, en 1999, titulaire d'une Maîtrise de Lettres modernes.

Désireux d'approfondir sa formation dans le domaine de la critique littéraire africaine, il quitte la Mauritanie pour le Sénégal et s'inscrit à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l'une des institutions universitaires les plus prestigieuses d'Afrique de l'Ouest. Il y soutient successivement un Diplôme d'Études Approfondies (DEA) puis un Doctorat de troisième cycle en 2004.

Carrière

Maître de conférences à l'Université de Nouakchott De retour en Mauritanie après l'obtention de son doctorat, Mamadou Kalidou Ba est recruté comme enseignant-chercheur au département de langue et de littérature françaises de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université de Nouakchott. Il y est nommé Maître de conférences en 2007. Sa spécialité de recherche est la littérature africaine francophone post-coloniale, avec une attention particulière portée aux représentations du pouvoir, de la dictature et de la violence dans les romans africains contemporains.

Chercheur associé à l'Université de Toulouse À partir de 2009, Mamadou Kalidou Ba entame la préparation d'une Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) au sein du Laboratoire LLA-CREATIS (Lettres, Langages et Arts, Création, Recherche, Émergence en Arts, Textes, Images, Spectacles) de l'Université Toulouse 2 Le Mirail. Il y collabore avec une équipe de recherche internationale, développant une perspective comparative sur les littératures africaines francophones.

GRELAF En 2012, Mamadou Kalidou Ba fonde et prend la direction du Groupe de Recherches en Littératures Africaines (GRELAF), unité de recherche rattachée à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université de Nouakchott. Ce groupe réunit des enseignants-chercheurs mauritaniens et étrangers autour de projets collectifs portant sur la littérature africaine d'expression française. Le GRELAF organise notamment, du 5 au 7 mai 2014, un colloque international réunissant une vingtaine de chercheurs venus de Côte d'Ivoire, du Cameroun, du Sénégal, de Tunisie, de France et des États-Unis, autour de la thématique « la poétique de l'histoire dans les littératures africaines francophones ».

Œuvres critiques et littéraires

Essais critiques Le premier ouvrage de Mamadou Kalidou Ba, intitulé Le roman africain francophone post-colonial. Radioscopie de la dictature à travers une narration hybride, paraît en décembre 2009 aux Éditions L'Harmattan dans la collection « Critiques littéraires ». Il s'appuie sur un corpus de douze romans écrits par sept auteurs de nationalités différentes (Sénégal, Mali, Guinée, Côte d'Ivoire, République démocratique du Congo, Congo-Brazzaville) pour analyser les mécanismes de représentation des pouvoirs dictatoriaux tels qu'ils apparaissent dans la fiction africaine post-coloniale.

Son second essai, Nouvelles tendances du roman africain francophone contemporain (1990-2010). De la narration de la violence à la violence narrative, est publié aux Éditions L'Harmattan en 2012. Cet ouvrage propose une synthèse sur la production romanesque africaine des vingt dernières années du XXᵉ siècle, en démontrant la diversité géographique et culturelle d'un corpus panafricain tout en soulignant la prédominance d'un réalisme lié aux violences ethniques, tribales et raciales qui ont ébranlé de nombreux États africains à partir des années 1990. Il est recensé et commenté dans la revue académique internationale Studi Francesi (Université de Turin).

En 2014, il codirige avec M'Bouh Séta Diagana et Mamadou Ould Dahmed un ouvrage collectif intitulé La poétique de l'histoire dans les littératures africaines, publié aux Éditions L'Harmattan et résultant du colloque international du GRELAF. L'ouvrage est réalisé avec le soutien de la Coopération française en Mauritanie à travers le Projet AFRAM.

En 2024, il écrit Décoloniser la critique littéraire africaine – Nouvelles perspectives théoriques et critiques – Approche ontologique du texte africain.

Roman En 2017, Mamadou Kalidou Ba publie son premier roman, La résistance pacifique, aux Éditions L'Harmattan. Le récit se déroule dans un pays fictif biracial et multiculturel dénommé « Harfusowo », dont la description renvoie de manière transparente à la Mauritanie. Cinq ethnies partageant quatre langues y cohabitent difficilement. Des leaders d'une nouvelle génération s'engagent contre l'esclavage et le racisme d'État. Le roman est présenté à l'Institut français de Mauritanie à Nouakchott le 29 novembre 2017.

En 2016, Mamadou Kalidou Ba coordonne et publie la première Anthologie de littérature mauritanienne francophone (Éditions Joussour/Ponts, Nouakchott, 228 p.), fruit du travail collectif du GRELAF. Cette anthologie, qui s'appuie sur l'analyse de près d'une quarantaine d'œuvres, constitue un outil inédit pour l'enseignement de la langue française et de la littérature en Mauritanie.

En 2024, il écrit aussi Les remparts de l’espérance.

Engagement politique En parallèle de sa carrière académique, Mamadou Kalidou Ba s'engage activement dans la vie politique mauritanienne. Il est d'abord porte-parole de l'Alliance pour la Justice et la Démocratie / Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR), formation politique représentant les communautés négro-mauritaniennes.

À la suite du coup d'État du 6 août 2008 en Mauritanie et de l'implosion interne de l'AJD/MR qu'il juge liée à des compromissions avec d'autres formations politiques, il quitte le parti et fonde, en avril 2009, l'Initiative Mauritanienne pour l'Égalité et la Justice (IMEJ), dont il prend la présidence.

Dans des textes et prises de position publics, il dénonce l'exclusion systématique des communautés Hratines, Peuls, Soninké, Wolofs des postes de responsabilité politique, administrative et économique, ainsi que leur relégation aux marges des espaces urbains.

Bibliographie sélective

Essais

Le roman africain francophone post-colonial. Radioscopie de la dictature à travers une narration hybride, Paris, Éditions L'Harmattan, coll. « Critiques littéraires », 2009, 254 p. Nouvelles tendances du roman africain francophone contemporain (1990-2010). De la narration de la violence à la violence narrative, Paris, Éditions L'Harmattan, 2012, 205 p. La poétique de l'histoire dans les littératures africaines (direction, avec M'Bouh Séta Diagana et Mamadou Ould Dahmed), Paris, Éditions L'Harmattan, 2014. Anthologie de littérature mauritanienne francophone (coordination), Nouakchott, Éditions Joussour/Ponts, 2016, 228 p. Décoloniser la critique littéraire africaine – Nouvelles perspectives théoriques et critiques – Approche ontologique du texte africain, Paris, Editions Lettres de Renaissances, 2024.

Roman

La résistance pacifique, Paris, Éditions L'Harmattan, 2017 Les remparts de l’espérance, Lettres de Renaissances, 2020

Références

Liens externes

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