Étienne-Théodore Pâquet, né le à Saint-Nicolas et mort le à Québec, est un notaire, homme politique et fonctionnaire québécois. En 1879, il est l'un des quatre députés libéraux de l'Assemblée législative du Québec qui traversent le parquet en pleine crise parlementaire, provoquant la chute du gouvernement Joly de Lotbinière.

Biographie Origines et formation Étienne-Théodore Pâquet naît enfant unique le à Saint-Nicolas, près de Lévis, dans ce qui est alors le comté de Lotbinière, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, face à Québec, au Canada-Est. La famille Pâquet est influente : les ecclésiastiques Benjamin et Louis-Honoré, ainsi que le théologien Louis-Adolphe Pâquet, sont des figures importantes de l'époque. Ses parents, Étienne-Théodore père et Nathalie Moffat, sont cultivateurs et marchands. Étienne-Théodore père est maire de Saint-Nicolas entre 1867 et 1873.

Pâquet étudie au Petit Séminaire de Québec, puis à l'université Fordham (alors St. John's College), avant de revenir au Québec pour obtenir un baccalauréat en droit civil à l'Université Laval, dont il sort diplômé en 1872. Il commence alors à exercer comme notaire tout en s'occupant de la ferme familiale.

Carrière politique Lors des élections générales québécoises de 1875, il se présente comme libéral contre Joseph-Godéric Blanchet dans la circonscription de Lévis. Blanchet, un ami de la famille qui a presque le double de son âge, ne manque pas de le souligner durant la campagne, mais perd finalement par une marge importante. Pâquet devient ainsi l'un des quatre seuls députés de l'époque élus avant l'âge de Les seuls plus jeunes à l'époque sont Georges-Raoul Saveuse de Beaujeu (élu en 1871 à ), Raymond Préfontaine (élu la même année à 24 ans et dix mois) et Alexandre Chauveau (élu en 1872 lors d'une élection partielle et de quelques mois le cadet de Pâquet)..

Pâquet est réélu aux élections générales québécoises de 1878, qui donnent un gouvernement libéral minoritaire en position précaire durant toute la session. Le , une série de crises politiques amène le député libéral Edmund James Flynn à proposer un amendement réclamant un gouvernement de coalition. Pâquet et trois autres libéraux (Alexandre Chauveau, Louis-Napoléon Fortin et Ernest Racicot) traversent le parquet aux côtés de Flynn pour rejoindre les conservateurs, provoquant la chute du gouvernement. Le lieutenant-gouverneur du Québec, Théodore Robitaille, refuse cependant de dissoudre la législature et invite plutôt le chef de l'opposition, Joseph-Adolphe Chapleau, à former un nouveau gouvernement, dans lequel Pâquet occupe le poste de secrétaire de la province jusqu'en .

Il épouse Emma LaRue, fille de l'homme d'affaires Auguste LaRue, dans la cathédrale de Trois-Rivières en 1880. Il s'investit dans la création du Crédit foncier franco-canadien, une importante société de crédit. En de l'année suivante, lui et Jonathan Saxton Campbell Würtele sont accusés par David-Alexandre Ross d'avoir reçu de l'argent dans cette affaire. Alors que Würtele avait refusé la somme, Pâquet fait valoir qu'il s'agissait uniquement d'une rémunération pour son travail de directeur de la nouvelle société, une explication qui satisfait l'opinion publique. L'Assemblée vote néanmoins une motion de Ross pour former un comité d'enquête, dont les conclusions, s'il y en a eu, demeurent inconnues.

En raison de luttes intestines au sein du parti, l'investiture dans Lévis pour les élections de 1881 est difficile à obtenir, des membres mécontents lui opposant Isidore-Noël Belleau, mais Pâquet finit par remporter l'investiture puis l'élection. Comme membre du gouvernement, l'un de ses combats de longue date est la construction d'un pont sur la rivière Chaudière entre Saint-Nicolas et Saint-Romuald, un dossier qu'il défend à l'Assemblée jusqu'en 1879. Après sa nomination au gouvernement, une somme annuelle est finalement votée, mais le pont, le pont Garneau, nommé en l'honneur de Pierre Garneau, commissaire des Travaux publics, n'est inauguré qu'en 1890, sous le gouvernement d'Honoré Mercier.

Après la politique Pâquet quitte la politique provinciale en 1883 à la suite d'une grave blessure subie lors d'une inspection de coupes forestières avec le député fédéral Joseph Bolduc. Il est ensuite nommé shérif du district de Québec, un poste qu'il occupe jusqu'en 1890. Il se lance dans diverses entreprises commerciales : le commerce du bois, le chemin de fer Lévis et Kennebec (vendu aux enchères en 1881 au chemin de fer Québec Central) et la Quebec Mining Co., entre autres. Il se présente comme conservateur dans Lévis au fédéral et est défait aux élections fédérales canadiennes de 1891.

De 1894 jusqu'à sa mort le , il est directeur des Postes de Québec. Il est inhumé au cimetière paroissial de Saint-Nicolas.

Patrimoine La maison familiale des Pâquet, à Saint-Nicolas, est un monument historique classé par la province, et l'ensemble du domaine constitue un site patrimonial municipal, le site du patrimoine de Saint-Nicolas. Dans ses dernières années, Pâquet rédige et publie un ouvrage historique sur la paroisse de Saint-Nicolas intitulé Fragments de l'histoire religieuse et civile de la paroisse de Saint-Nicolas (1894). Son fils unique, Étienne-Théodore fils, épouse la fille d'Eugène-Étienne Taché.

Notes et références Notes

Références

Annexes Articles connexes Transfuge (politique) Henri-Gustave Joly de Lotbinière Joseph-Adolphe Chapleau

Liens externes

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