Soajo est une ville portugaise, chef-lieu de la Freguesia de Soajo, au sein de la municipalité d'Arcos de Valdevez, dans le district de Viana do Castelo, sous-région de l'Alto Minho, dans la région Nord.
Soajo se situe dans la partie nord-ouest de la province historique du Minho.
Soajo est mentionné dans de nombreux registres et textes medievaux, en tant que municipalité, dès 1258. Entre 1514 et 1852, Soajo fût ville et chef-lieu d'une municipalité. Cette municipalité regroupait les paroisses d'Ermelo, de Gavieira et de Soajo. Elle comptait en 1849, peu avant sa dissolution, 3 159 habitants. En 1960, Soajo a connu son nombre maximum d'habitants avec 2 977 habitants recensés au sein de la ville.
Soajo a été réélevé au statut de ville le .
Histoire
Moyen-Âge La municipalité de Soajo est mentionnée dans les Enquêtes générales de 1258, ordonnées par le roi Afonso III. De même le Rol dos Besteiros do Couto, daté du règne de Afonso III, ou de celui de Dinis Ier, fait référence à Soajo. Toujours en 1283, durant le règne de Dinis Ier, on trouve un document concernant une solution de litige qui a eu lieu dans la municipalité de Soajo.
En 1320, dans le registre des églises situées entre les fleuves Lima et Minho, que le roi Dinis Ier a fait organiser pour déterminer la taxe à payer par les églises du nord. Saint Martin de Soajo a été taxée à hauteur de 200 livres.
En 1388, au début du règne de João Ier, l’abbé de la paroisse d’Ermelo, alors commune de Soajo, s’adresse au roi en affirmant : « Le monastère d’Ermelo a été construit par D. Teresa, dans le Julgado de Soajo. » En 1401, João Ier confirme l'interdiction aux nobles, dans la continuité d'une décision royale antérieure, de vivre sur la terre et dans le Julgado de Soajo, à la demande des conseillers municipaux de Soajo.
Temps modernes En 1546, dans le registre de l’évaluation des avantages ecclésiastiques appartenant à la comarque de Valença, l’archevêque D. Manuel de Sousa, l'église Saint Martin de Soajo figure, au sein de la municipalité de Soajo, avec en annexe l'église du Saint Sauveur de Gavieira, avec une rente de 60 000 réis.
Dans la copie de 1580 du recensement de D. Frei Baltasar Limpo, il est mentionné que l'église Saint Martin de Soajo était sous patronnage royal. Elle était rattachée au monastère bénédictin d’Ermelo, qui a disparu au XVIe siècle à l’initiative de l’archevêque de Braga, D. Frei Bartolomeu dos Mártires. À cette occasion, fut fondée la Collégiale de Ponte de Lima, à laquelle le roi Sebastião Ier assigna le tiers des revenus de l’église de Saint Martin de Soajo et de sa dépendance, l'église du Saint Sauveur de Gavieira.
Des documents du début du XVIIe siècle mentionnent déjà Soajo en tant que ville, dans la même période est bâti le Pelourinho de Soajo, le pelourinho (colonne de pierre ornée) étant le symbole de la dignité municipale pour les villes pouvant se réclamer de se statut.
En 1782, est édifié le premier espigueiro de Soajo toujours visible aujourd'hui, bien que l'usage de l'espigueiro à Soajo soit très largement antérieur à cette date.
Révoltes du XIXe siècle Suite à la victoire des libéraux lors de la guerre civile, les réformes politiques engendrèrent le mécontentement dans les régions les plus conservatrices, et la municipalité de Soajo, alors existante, fut même dissoute entre 1836 et 1837. Les réformes imposées par le cabralisme menèrent en 1846 à la révolte de Maria da Fonte, qui se propagea dans tout le Nord. Le , les habitants de Soajo lancèrent de violentes attaques contre l'administration de d'Arcos de Valdevez : « ils entrèrent armés […] dans le but de contraindre les autorités et les anciens employés déjà suspendus à quitter la ville où […] ils menaçaient de les arrêter et de les assassiner si, dans les 24 heures, les nouvelles autorités ne leur ordonnaient pas de quitter la municipalité. »
Non apaisés par la fin de la révolution, les habitants de Soajo manifestaient depuis 1851 leur opposition à leur conseil municipal, et plus particulièrement à son chef, António Pereira de Amorim. Dans la nuit du 13 au , une bande fit irruption dans les domiciles de plusieurs administrateurs et les agressa. Même les victimes refusèrent de témoigner contre leurs compatriotes, la situation s'enlisa, mais les débordements qui paralysèrent le fonctionnement normal de l'organe municipal entraînèrent la dissolution du conseil. Le , le gouverneur civil de Viana do Castelo décide l'envoi d'une force militaire de 80 hommes à Soajo pour rétablir une situation de paix.
Dans le contexte des nouvelles réformes fiscales qui allaient mener au soulèvement de , le nord rural connut de nouveau des révoltes. Ce fut le cas à Soajo où, en avril de cette année-là, menés par un "Brésilien" et le conseil local, des centaines d'habitants des montagnes, armés de piques, de faucilles et de fusils à silex, se soulevèrent contre ceux qui « dilapidaient l'argent de la nation » : non seulement le gouvernement de Lisbonne, mais aussi les administrations régionales d'Arcos de Valdevez et Ponte da Barca, soupçonnées d'exproprier des terres à Soajo. Ils projetèrent de rendre l'impôt impossible en incendiant les archives municipales. Arrivés à Arcos de Valdevez, ils négocièrent un accord avec les autorités. Une fois la situation apaisée, ils retournèrent à Soajo. Ponte da Barca, de son côté, s'était fortifiée par précaution avec du matériel datant de la guerre civile, mais les soajeiros étaient déjà en route pour rentrer chez eux.
Démographie
+Répartition de la population de Soajo par catégories d'âge.Âge0-14 ans15-24 ans25-64 ans> 65 ans200195955474222011764741444920213634244356
Élections
Conseil paroissial + Date % M % M % M % M % M % M PPD/PSD PS APU / CDU CDS-PP AD IND 1976 48.2 6 22,8 2 14.9 1 7.3 - 1979 AD 19.6 2 14.3 2 AD 61.0 9 1982 43.1 6 9.2 1 27.2 4 14.4 2 1985 41,9 4 2.8 - 40.2 4 9.3 1 1989 29.2 3 23.3 2 37.0 4 5.9 - 1993 37,8 4 10.3 1 45.0 4 3.3 - 1997 42.2 4 15.6 1 38,9 4 2001 61.2 6 5.2 - 30.4 3 2005 65,6 7 18.2 1 11.6 1 2009 57,5 6 12.0 1 6.7 - 21,5 2 2013 34.3 3 14.2 1 46.2 5 2017 40.2 4 21.4 2 32.3 3 2021 64,5 6 31.03 139
Patrimoine Patrimoine matériel
Le Pelourinho de Soajo, classé monument national part décret du . Les Espigueiros de Soajo, classé bien d'intérêt public par décret de 1983. L'église São Martinho de Soajo,
vignette|Les Espigueiros de Soajo. vignette|Le Pelourinho de Soajo vignette|L'église Saint-Martin de Soajo
Patrimoine immatériel
Le chien Sabujo La vache cachena Le Pão-de-ló de Soajo
Notes et références
Catégorie:Arcos de Valdevez