Le 3 arrondissement de Téhéran est l'un des vingt-deux qui divisent Téhéran, la capitale de l'Iran. C'est un quartier résidentiel aisé, commercial et administratif du nord-est de Téhéran. On le surnomme la « capitale de la capitale ».
Histoire Situé entre le centre historique et Shemiran, le secteur qui est devenu le arrondissement était, jusqu'aux années 1950, constitué de villages tels que Deh Vanak, Qolhak, Darous, Zargandeh. L'ancienne route de Shemiran est devenue l'avenue Shariati, l'une des artères principales de Téhéran où l'on trouve Farhang Cinema et plusieurs librairies. Irrigué par une autre longue rue, l'avenue Valiasr, il se caractérise par un important trafic automobile.
Au début de la seconde période Pahlavi (1941), l'extension de la capitale vers le nord n'atteint encore que Amir Abad et Abbas Abad. En 1955-56, une loi étend la compétence de la municipalité de Téhéran. La capitale intègre désormais la ville de Tajrish, au nord, et les villages entre cette dernière et le centre de Téhéran. Le secteur du arrondissement fait désormais partie de la capitale. Son urbanisation commence dans les années 1960. Il est créé en 1979 ; Téhéran est alors divisée en 20 arrondissements. Deux zones sont propriété de l'État (au sud, des terrains militaires proches d'Abbas Abad, et la zone de l'Exposition internationale et de la Radio-Télévision au nord). Le tissu urbain se développe à partir des villages de Deh Vanak à l'ouest, Qolhak et Zargandeh au centre-nord, Rostam Abad et Ekhtiariyeh au nord-est, Chal Harz (aujourd'hui dans le quartier Qoba) où l'agriculture était prédominante. Dans les années 1970, des immigrés arméniens s'installent autour de l'actuelle rue de Séoul, alors appelée route arménienne, à Vanak. alt=La tour Negar vue de la place Vanak (Kavousieh)|vignette|La tour Negar vue de la place Vanak (Kavousieh) On peut donc distinguer trois périodes dans le développement du secteur. Avant le début du , il est constitué de zones rurales où l'habitat est dispersé. L'activité agricole et maraîchère est prédominante, d'où l'importance des qanats, dont l'aménagement détermine le développement des villages, dont la présence est liée à celle d'un aqueduc. Ekhtiariyeh, Rostam Abad, Ehteshamiyeh, Darous, Qolhak, Hassan Abad, Zargandeh, Davudieh, Chalharz et Deh Vanak figurent parmi les villages situés dans l'actuel arrondissement.
Les qanats, avec l'urbanisation, perdent leur rôle, tombent dans l'oubli et sont négligés. Ils servent d'égouts. Mais la municipalité constate que ce manque d'entretien est préjudiciable : il entraîne des effondrements ou affaissements de fondations, et la pollution de la nappe phréatique.
Dans la première moitié du sont bâties des résidences d'été pour les habitants de Téhéran. Les terres agricoles cèdent alors la place à des jardins. Dans la 2 moitié du XXe , on assiste à l'essor de l'urbanisation du nord de la capitale. Les jardins cèdent à leur tour la place aux bâtiments. Des fouilles ont permis la découverte d'un peuplement préhistorique à Darous. Les autres traces d'occupation ancienne sont les aqueducs et les tombes.
Hamid Javani est nommé, par décret du maire de Téhéran, Alireza Zakani, maire du arrondissement en septembre 2021. Il est confirmé dans sa fonction en octobre 2022.
Géographie alt=Le 3e arrondissement de Téhéran et ses subdivisions|vignette|Le 3e arrondissement de Téhéran et ses subdivisions Le 3e arrondissement est entouré par, au nord, le 1er arrondissement, à l'est le 4e, au sud les 6e et 7e, à l'ouest par le . Il est délimité au nord par les autoroutes (Chamran, Modares puis Sadr), à l'est par l'avenue Pasdaran puis l'avenue Shariati, au sud par les autoroutes Qasem Soleimani (anciennement Resalat) puis Hemmat, et à l'ouest par l'autoroute Chamran.
Sa superficie est de 2945 ha selon la municipalité.
330 650 habitants sont recensés en 2016. Ils étaient 290 700 lors du recensement de 2006. En 2011, 60 % des habitants ont moins de trente ans. C'est une population un peu moins jeune que la moyenne de Téhéran, et la croissance démographique y est un peu en-dessous de la moyenne. Le niveau d'instruction est un peu supérieur.
L'arrondissement accueille de nombreuses banques, universités, ambassades et les bureaux de l'Organisation des Nations Unies (dont l'Iran est membre depuis 1945), si bien qu'on le surnomme la « capitale de la capitale iranienne ».
Parmi les lieux notables figurent le Parc Mellat et le complexe sportif Enqelab à proximité. Il compte plusieurs hôpitaux, dont le service des grands brûlés. La mosquée de Qoba, qui fut un lieu de rassemblements politiques en 1979, puis en 2009, le jardin de l'ambassade britannique ont joué un rôle historique. Plusieurs sanctuaires (Imamzadeh Ismail, Imamzadeh Ghazi Al-Saber) sont des lieux de pèlerinage.
Il est divisé en 6 cantons (nahiyehs) et 12 quartiers (mahaleh).
Canton 1 C'est le plus occidental de l'arrondissement, bordé au nord par le arrondissement, à l'est par les cantons 2 et 6, au sud par le arrondissement, et à l'ouest par le arrondissement. Ses limites sont, au nord, l'autoroute Shahid Chamran, à l'est l'autoroute du Kurdistan et son prolongement hypothétique jusqu'à l'intersection avec l'autoroute Chamran, au sud l'autoroute Hemmat, et à l'ouest l'autoroute Chamran.
Vanak et Ararat alt=Le stade d'Ararat en 2006|vignette|Le stade d'Ararat en 2006 Il est constitué de deux quartiers, Vanak et Ararat, qui correspondent à l'ancien village de Vanak, le premier à sa partie occidentale (Deh Vanak, appelé aussi Vanak Mostofi) et le second à sa partie orientale (arménienne). Le village de Deh Vanak était en grande partie propriété de Mostofi al-Mamalek. Les Arméniens qui s'installent à l'est de Vanak fin XIXe construisent une école, une église et un club sportif qui devient le stade d'Ararat. Mostofi al-Mamalek entretenait de bonnes relations avec eux, et leur présentait ses vœux chaque année à l'occasion de la messe de Noël. Deux bases militaires sont recensées sur le territoire. En 2017, Ararat compte 24 700 habitants et Vanak 21 300.
alt=Le « glass building » de l'IRIB en mars 2026|vignette|Le « glass building » de l'IRIB en juin 2025 Selon les sources, l'espace entre le canton 1 et le canton 2 (ouest du quartier d'Amaniyeh, est d'Ararat) est situé soit dans le canton 1 soit le 2. Il s'agit de terrains qui appartenaient à l'État. On y trouve plusieurs bâtiments de l'IRIB, le parc Mellat (anciennement parc Shahshahi), le parc d'exposition international, et un complexe sportif. Les installations de l'IRIB (radio-télévision d'État) comprennent la haute antenne Jam-e jam et le siège de l'IRIB. Celui-ci, surnommé « The glass building », est l'œuvre du cabinet d'architectes Farmanfarmaian. Le 16 juin 2025, Israël publie un ordre d'évacuation concernant les quartiers de Vanak, Ararat et Amaniyeh, suggérant que ses forces s'apprêtent à cibler les installations de l'IRIB. Le « glass building » est touché par une frappe aérienne en plein direct télévisé : la présentatrice doit quitter le plateau pendant qu'on voit la fumée envahir le studio.
Canton 2 Il est au centre-nord de l'arrondissement. Il est bordé par le arrondissement au nord, les cantons 3 et 5 à l'est, le canton 1 à l'ouest et les cantons 4 et 6 au sud. Il est constitué de deux quartiers, Amaniyeh et Zargandeh.
Amaniyeh alt=Le palais Sabet Pasal|vignette|Le palais Sabet Pasal Amaniyeh s'urbanise dans les années 1960. Le quartier se confond en partie avec le quartier du boulevard Jordan (renommé depuis les années 1990 Nelson Mandela), qui ne constitue pas une entité administrative. Les limites du quartier d'Amaniyeh sont, au nord et à l'est, l'autoroute Modares, au sud le boulevard Esfandiar, et à l'ouest l'autoroute du Kurdistan. Les tours Douma, construites dans les années 1960, sont parmi les plus hautes de l'époque. Mais d'autres ont été construites depuis. Au nord du boulevard Nelson Mandela, le palais Sabet Pasal a échappé à la destruction depuis son inscription sur la liste du patrimoine historique. Plusieurs ambassades sont situées dans le quartier, où la circulation est importante. On y déplore le manque d'infrastructures socioculturelles.
Zargandeh compte 34 200 habitants, on en recense 26 400 à Amaniyeh en 2017.
Canton 3 Le nahiyeh 3 est situé au nord-est du arrondissement. Il est bordé par le 1er arrondissement au nord, le 4e à l'est, le canton 5 au sud, et à l'ouest le canton 2. Il comporte lui aussi deux quartiers : Ekhtariyeh et Sadr, appelé aussi Dar-e doum.
Sadr (Dar-e Doum) alt=Avenue Shariati, au nord du croisement avec le Bd Sadr|vignette|Avenue Shariati, au nord du croisement avec le Bd Sadr Le quartier Shahid Sadr est un quartier résidentiel et semi-commercial. Il est bordé au nord par l'autoroute Sadr, à l'est par Ekhtariyeh, au sud le boulevard Kolahdouz le sépare de Qolhak, à l'ouest l'avenue Shariati le sépare de Zargandeh. Le quartier faisait autrefois partie du secteur de Qolhak. On l'appelle Dar-e Doum (« deuxième porte ») en raison de la présence de la résidence d'été de l'ambassade britannique. Celle-ci possédait une entrée principale et une seconde entrée qui donnait sur le quartier. La présence du jardin de l'ambassade joue un rôle important dans la vie du quartier, bien qu'il soit associé au quartier voisin de Gholak. Il joue un rôle pendant la révolution constitutionnelle. La reine Elisabeth le traverse en calèche lors de sa visite à l'ambassade, avant 1979. Des perroquets pouvaient y être observés. Mohammed Mofatteh, en 1979, tient des discours révolutionnaires à la mosquée Al-Mutaqin. Le comité révolutionnaire du quartier est l'un des premiers créés au lendemain de la révolution. Il procède à la confiscation de 104 maisons. De nombreux habitants rejoignent le Corps des gardiens de la révolution à sa création en 1979.
Le quartier Sadr compte 13 400 habitants, Ekhtiariyeh 33 850.
Canton 4 Il correspond à la partie sud-est du arrondissement. Il est bordé par le canton 2 au nord, le arrondissement au sud, le canton 6 et le arrondissement à l'ouest, et le canton 5 et le arrondissement à l'est.
Les limites du canton sont, au nord, la rue Vahid Dastgerdi (anciennement rue Zafar) et Zargandeh, à l'est l'avenue Shariati, au sud l'autoroute Resalat, à l'ouest l'autoroute Modares .
Il comporte deux quartiers, Davoudieh et Seyyed Khandan. Davoudieh compte 42 000 habitants et Sayyed Khandan 28 600.
Seyyed Khandan alt=Pont Seyyed Khandan|vignette|Pont Seyyed Khandan Le quartier Seyyed Khandan porte le nom d'un ancien habitant apprécié dans le quartier (ce surnom signifie « le seyyed souriant ») à l'époque où le lieu était une étape sur route de Shemiran où l'on pouvait se désaltérer. C'est le nom d'un carrefour et d'un pont construit sous Fath Ali Shah. Le quartier Seyyed Khandan, comme appellation populaire, désigne le quartier autour du pont et du carrefour, à cheval sur les et arrondissements. Mais, administrativement, c'est le quartier situé au nord-ouest du carrefour, entre l'avenue Shariati à l'est, l'autoroute Resalat au sud et l'autoroute Modares à l'ouest. Ainsi, le musée Reza-Abbasi se trouve dans le quartier Seyyed Khandan, en ce sens qu'il est tout près du carrefour Khandan. Mais d'un point de vue administratif, il est dans le arrondissement, puisque de l'autre côté du pont. La limite exacte entre Seyyed Khandan et Davoudieh, selon le plan sur le site de la municipalité, serait le boulevard Mir Damad, mais la légende du plan ne correspond pas, et la fait passer par les voies rapides Haqani et Hemmat, ce qui correspond à la description fournie par Hamshahri. Le quartier comportait une importante communauté arménienne avant la révolution islamique. Il se caractérise par un intense trafic routier.
Les studios de Radio Téhéran, à leur création en 1940, étaient situés carrefour Seyyed Khandan.