Genspect est un groupe international de plaidoyer opposé à la transidentité, fondé en juin 2021 par la psychothérapeute Stella O'Malley. Genspect s'oppose aux soins d'affirmation du genre ainsi qu'à la transition sociale et médicale pour les personnes transgenres. Genspect s'oppose à ce que les personnes transgenres de moins de puissent entamer une transition, et aux lois qui interdiraient les thérapies de conversion concernant l'identité de genre. Genspect soutient également le concept de dysphorie de genre à apparition rapide, qui théorise une sous-catégorie de dysphorie de genre causée par l'influence des pairs. Cette théorie a été rejetée par les principales organisations médicales en raison du manque de preuves et des dangers associés à la stigmatisation des soins d'affirmation du genre.

Les positions de Genspect contredisent celles d'organisations médicales majeures telles que la World Professional Association for Transgender Health (WPATH), l'Endocrine Society, l'American Psychiatric Association, l'American Psychological Association et l' American Academy of Pediatrics, cette dernière affirmant que « des preuves solides démontrent que l'accès à des soins d'affirmation de genre diminue le risque d'idées suicidaires, améliore la santé mentale, la santé et le bien-être en général des jeunes transgenres et de diverses identités de genre ».

Genspect est étroitement lié à la Society for Evidence-Based Gender Medicine (SEGM) : sept conseillers de la SEGM font partie de l’équipe de conseil de Genspect, dont son fondateur, Stella O’Malley. Genspect regroupe des parents, des éducateurs, des conseillers, des cliniciens, et des personnalité ayant fait une détransition de genre. Le Southern Poverty Law Center classe Genspect et la SEGM comme groupes de haine anti-LGBTQ depuis 2023.

Plaidoyer et positions Alors que Genspect se présente comme une « coalition modérée et fondée sur des preuves, composée de parents et de cliniciens inquiets », des fuites de conversations provenant d'un serveur Discord communautaire géré par Genspect ont révélé que ses membres utilisaient ouvertement un langage d'extrême droite, qualifiant notamment les personnes transgenres de « pervers », de « pédophiles » et de « secte », et promouvant des théories du complot. Ils affirmaient par exemple que la transidentité était causée par l'utilisation des réseaux sociaux, le visionnage de pornographie et d'anime, ainsi que la pratique du cosplay. Ils soutenaient également Jennifer Bilek, une militante anti-trans influente au Royaume-Uni, qui affirme que des milliardaires juifs financeraient des chirurgies d'affirmation de genre dans le monde entier dans le cadre d'un « projet transhumaniste visant à abandonner totalement le corps ». Des membres ont également comparé les soins d'affirmation du genre à des lobotomies et à la consommation d'opioïdes, déclaré que le mouvement transgenre était dirigé par des « hommes autogynéphiles et pédophiles » qui profitaient des « changements de société qui favorisent leurs fétiches ».

Jeunes transgenres En juin 2021, le quotidien britannique conservateur The Daily Telegraph a publié un article à l'occasion du lancement de Genspect. Stella O'Malley y affirmait que des parents étaient choqués que des enfants en questionnement sur leur identité de genre se voient prescrire des médicaments « quelques semaines seulement » après leur première consultation. Le National Health Service (NHS) a contesté cette affirmation, expliquant que l'accès aux soins d'affirmation du genre était généralement un « processus long ». Stella O'Malley déclarait : . Lors du lancement de l'organisation, une mère a témoigné auprès du Telegraph, affirmant que sa fille transgenre avait été « manipulée » à l'école et en ligne pour lui faire suivre un traitement hormonal. Sa fille lui avait révélé son identité transgenre à , avait demandé à sa mère des bloqueurs de puberté à (ce qu'elle avait refusé), et s'était vu prescrire un traitement hormonal par le NHS à .

En août 2021, l'association Genspect est intervenue dans une affaire judiciaire mettant en cause le district scolaire de la ville de Rhondda Cynon Taf, dans le Pays de Galles Méridional, pour l'utilisation des pronoms préférentiels d'une élève dans le cadre scolaire sans information de ses parents. Genspect a publiquement soutenu de nombreuses plaintes contre des professionnels de santé et a soutenu des parents dans leurs démarches pour empêcher la transition sociale d'enfant à l'école contre leur volonté. Genspect a déconseillé aux parents et aux établissements scolaires d'utiliser les prénoms et pronoms choisis par les enfants transgenres et a recommandé l'interdiction du tucking et du bandage de la poitrine.

Genspect a également milité contre l'accès à la transition de genre pour les personnes de moins de . Concernant les soins d'affirmation de genre pour les personnes de plus de , le vice-directeur de Genspect, Alasdair Gunn, a affirmé que leur focalisation sur la transition chez les jeunes était une stratégie politique visant à rallier les électeurs de gauche afin de, à terme, faire pression pour des restrictions sur la transition des personnes de tous âges. Gunn a précisé : « Aucun d'entre nous ne recommanderait jamais la transition à qui que ce soit. Nous parlons peu des personnes de plus de , car il n'est pas dans VOTRE intérêt d'en parler. Nous devons convaincre les décideurs politiques de centre-gauche, et le meilleur moyen d'y parvenir est de nous concentrer sans relâche sur le problème de la transition pour les moins de . »

Genspect a diffusé de fausses informations concernant le Boston Children's Hospital, affirmant que l'établissement pratiquait des vaginoplasties sur des mineures. Aucune intervention de ce type n'a été pratiquée. Genspect n'a présenté aucune excuse, prétendant que l'adolescence dure jusqu'à et que, par conséquent, l'hôpital pratiquait bien des interventions chirurgicales sur des « adolescentes ».

En février 2023, Genspect, la , l' et l' se sont opposés à un nouveau programme d'éducation sociale, personnelle et sanitaire, alors en cours de finalisation par le . Ce programme, dispensé sur trois ans aux jeunes de 12 à , aborderait l'identité de genre, l'expression de genre et l'orientation sexuelle. Genspect a déclaré que le cours promouvait « une approche trop étroite de l'affirmation de genre et supposait que tous – élèves, parents et personnel scolaire – adhéraient au système de croyances relatif à l'identité de genre ». Le Transgender Equality Network of Ireland, l'organisation BeLonG2 Youth Services, le groupe de jeunesse Foróige et le Children's Rights Alliance ont salué les changements apportés au programme, mais ont estimé que le cours devrait être mis à jour afin d'inclure une discussion sur les pronoms à utiliser et de remplacer l'expression « sexe biologique » par « sexe assigné à la naissance ».

Certains membres de Genspect ont exprimé leur soutien au groupe anti-trans Gays Against Groomers et accusent les enseignants de manipuler les enfants pour qu’ils s’identifient comme transgenres. Ces membres ont également affirmé que la transidentité ne pouvait être causée que par une contagion sociale, via l’idée discréditée de « dysphorie de genre à apparition rapide », d’homosexualité refoulée ou comme conséquence de l’autisme, du TDAH ou d’un fétichisme.

Interdictions des soins d'affirmation du genre En juillet 2021, Genspect est intervenu dans une affaire judiciaire en Arizona pour défendre l'exclusion par l'État de la couverture Medicaid pour les soins de santé des personnes transgenres.

En août 2022, Genspect a fait campagne contre le projet de loi 107 du Sénat de l'État de Californie, qui ferait de cet État un refuge pour les enfants et les familles transgenres fuyant les persécutions dans d'autres États.

Le 21 août, une décision du Conseil médical de Floride a mis fin à la prise en charge des soins de santé pour les personnes transgenres par Medicaid, quel que soit leur âge, malgré les recommandations en faveur des soins d'affirmation de genre formulées par l'American Medical Association, l'American Academy of Pediatrics, l'American Psychiatric Association et d'autres organisations médicales de premier plan. Le Patrick Hunter, membre du conseil de l'American Academy of Pediatrics, a retweeté la lettre de Genspect adressée à l'Académie. L'organisation journalistique Florida Phoenix a décrit le conseil de l'American Academy of Pediatrics comme étant « pleine de médecins anti-trans, dont certains sont affiliés à des mouvements marginaux anti-trans tels que Genspect et la Society for Evidence-based Gender Medicine. »

Genspect, ainsi que d'autres organisations opposées à la transidentité en Europe, dont Cry For Recognition, Kirjo, Ypomini, Transteens Sorge Berechtigt, Genitori (De)generi, GenderIdentity Challenge Norway et GenderIdentity Challenge Sweden, ont signé une pétition créée par l'association AMANDA qui appelait l'Union européenne à interdire toute transition médicale de genre pour les mineurs en réponse à ce qu'ils appelaient la « dysphorie de genre à apparition rapide », qui n'est reconnue comme un diagnostic de santé mentale valide par aucune association professionnelle de premier plan.

En 2023, des fuites de conversations provenant d'un serveur Discord communautaire géré par Genspect ont révélé que la fondatrice, Stella O'Malley, affirmait sa conviction que la pornographie incitait les enfants à s'identifier comme transgenres et que son objectif ultime était de mettre fin à toutes les transitions de genre pour les mineurs, sans exception.

Thérapie de conversion Genspect a témoigné contre le projet de loi néo-zélandais de 2022 visant à interdire les pratique de conversion, affirmant qu'il ne fallait pas interdire les thérapies de conversion concernant l'identité de genre. La fondatrice, Stella O'Malley, milite pour une « thérapie exploratoire » pour soutenir la dysphorie de genre et a écrit et témoigné sur le risque porté par certains textes de loi relatifs aux thérapies de conversion de limiter l'accès aux thérapies exploratoires. En 2023, des conversations divulguées d'un serveur Discord communautaire géré par Genspect ont révélé que des membres discutaient de la manière d'empêcher leurs enfants de s'identifier comme transgenres et de la façon de leur trouver un thérapeute spécialisé dans les thérapies de conversion. Les membres ont également exprimé ouvertement leur mépris pour les personnes qui décident d'entamer une transition de genre et pour les professionnels de santé qui soutiennent leur décision.

Le 9 août 2021, Stella O'Malley a cosigné une tribune intitulée « Le projet de loi visant à interdire les thérapies de conversion pose problème aux thérapeutes » avec la psychologue Jacky Grainer et la médecin généraliste Madeleine Ní Dhailigh, publiée dans l'Irish Times, en référence au projet de loi irlandais de 2018 sur l'interdiction des thérapies de conversion. Dans cette tribune, elle critiquait l'inclusion de la notion de « suppression de l'identité de genre » dans la définition des thérapies de conversion présente dans le projet de loi. L'Union of Students in Ireland a annoncé un boycott de l'Irish Times jusqu'à ce que le journal présente ses excuses pour cet article. Le Trans Writers Union, avec de , et le journal étudiant Trinity News ont également annoncé un boycott du journal, dénonçant ce qu'ils considéraient comme une apologie des thérapies de conversion et un comportement transphobe.