Matongo est une commune burundaise située dans la province de Butanyerera, au nord-ouest du Burundi. Constituant le deuxième niveau de subdivisions administrative du pays, la commune est divisée en 11 zones et 89 collines.
La commune de Matongo est créée à la suite de la réforme administrative de 2023. Son territoire résulte de la fusion des anciennes communes de Matongo, Gatara et Butaganzwa, ainsi que de plusieurs autres territoires.
Traversée par deux régions naturelles, la commune présente des caractéristiques climatiques et des reliefs variés. D'une superficie de 473,694 km, son économie repose principalement sur l'agriculture, tandis que son développement est freiné par de nombreuses contraintes structurelles. L'administration communale est dirigée depuis 2025 par Janvière Kanyana.
En 2024, la commune comptait 264 736 habitants.
Histoire L'une des premières mentions documentées de la commune de Matongo apparaît dans une enquête démographique publiée en 1971, réalisée par le département des statistiques, rattaché au Ministère du Plan du Burundi, avec l'appui de la Société d'Études pour le Développement Économique et Social (SEDES). Le rapport mentionne l'existence de la commune de Matongo, alors située dans l'arrondissement de Kayanza de l'ancienne Province de Ngozi.
Au cours de son histoire, la commune connaît de nombreuses modifications territoriales. En 1972, elle ne comptait qu'une seule zone administrative, dénommée Buriza. En 1979, elle était composée de 34 collines. En 1990, elle couvrait une superficie de 167,80 km . En 2018, elle comptait 4 zones et 35 collines. Enfin, le découpage administratif de 2023 a redéfini les limites communales de Matongo, désormais organisée en 11 zones et 89 collines, pour une superficie totale de 473,694 km .
Géographie
Communes limitrophes Les communes voisines sont : au nord, Kayanza ; au nord-est, Ngozi ; à l'est et au sud-est, Muhanga ; au sud, dans la province de Gitega, Muramvya ; au sud-ouest, dans la province de Bujumbura, Isare ; et à l'ouest, dans la province de Bujumbura, Mpanda et Bubanza.
Climat La commune de Matongo est constituée de deux régions naturelles que sont le Mugamba et le Buyenzi.
La région de Mugamba, qui couvrait les deux tiers de la surface de la commune avant la réforme territoriale de 2023, a la particularité d'être une zone de partage des eaux des bassins hydrographiques du Nil et du Congo, et est également connue sous le nom de Crête Congo-Nil. Elle se caractérise par une altitude comprise entre 1 900 et 2 500 m par rapport au niveau de la mer, un climat frais de montagne, une température moyenne comprise entre 16,8 et 18,60 °C et des précipitations moyennes annuelles de l'ordre de 1 216,6 et 1 637,3 mm, selon les données de la station météorologique de la commune voisine.
La région de Buyenzi, qui occupait alors le tiers restant, se caractérise quant à elle par une altitude comprise entre 1 500 et 1 900 m, un climat tropical humide, une température moyenne plus élevée comprise entre 17 et 20 °C et des précipitations moyennes annuelles de l'ordre de 1 200 à 1 500 mm.
La saison des pluies s'étend d'octobre à mai tandis que la saison sèche s'étend de juin à septembre.
Relief La partie du Mugamba présente un relief caractérisé par des crêtes montagneuses aux pentes raides, avec des dénivelés souvent supérieurs à 50%. La partie du Buyenzi se caractérise, quant à elle, par des pentes relativement faibles.
Hydrographie Le réseau hydrographique de la commune, avant la réforme territoriale de 2023, était dense et les principales rivières présentes sur le territoire étaient alors la Ruvubu, la Nkokoma, la Rutobo, la Nyawisesera et la Nampemba.
Sols Les sols de Matongo font partie de la classe des ferrisols, c'est-à-dire que les sols sont riches en oxydes de fer, dont la qualité a été améliorée en raison des activités humaines, notamment l'agriculture. Ils sont productifs et favorables aux activités agricoles. Du fait de la présence de deux régions naturelles différentes, la commune présente plusieurs types de cultures différentes. Pour la région du Mugamba, les cultures adaptées sont principalement le thé, le maïs et le blé, tandis que pour la région du Buyenzi, les cultures adaptées sont principalement le haricot, le bananier et le caféier. Les sols de la partie communale du Mugamba sont particulièrement victimes de l'érosion en raison des pentes à fort dénivelé, diminuant ainsi les rendements agricoles.
Environnement Avant la réforme territoriale de 2023, l'environnement naturel de la commune était essentiellement marqué par la forêt tropicale de la Kibira qui s'étendait sur 3 200 ha, constituée d'essences telles que Prunus africana, Arundinaria alpina et Myrianthus holstii, et par les boisements artificiels constitués d'eucalyptus et de grevellia.
L'importante croissance démographique que connaît la commune a des conséquences néfastes tant sur la faune que sur la flore, provoquant l'extinction ou la menace d'extinction de certaines espèces. Concernant la forêt de la Kibira, l'impact humain, qui se caractérise principalement par l'exploitation de bois sans le respect des réglementations, a pour conséquences d'engendrer des modifications climatiques négatives contre la population.
Administration
Subdivisions administratives Depuis la promulgation de la loi de 2023 délimitant les subdivisions administratives du Burundi, l'actuelle commune de Matongo comprend les anciennes communes de Matongo, Gatara et Butaganzwa, la zone de Busangana de l'ancienne commune Bukeye et les collines de Busekera, Kigereka et Shumba, pour une surface totale de 473,694 km2 .
La commune de Matongo fait partie de la nouvelle province de Butanyerera. Elle est subdivisée en 11 zones administratives qui, au Burundi, correspondent au troisième niveau de division administrative. Ces zones sont elles-mêmes subdivisées en 89 collines, qui constituent le quatrième niveau de division administrative du pays. Le chef-lieu de la commune est la ville homonyme de Matongo.
+ Subdivisions administratives de la commune de Matongo Zone Ruganza Ngoro Banga Mbirizi Gatara Butaganzwa Collines de la zone(11 collines) Bandaga Burengo Bwayi Gasare Kibavu Kivumu Muganza Mvumvu Ngoro Nyarumanga Ruganza(10 collines) Gisyo Gitwenge Kabungo Kigume Migende Ngendo Ngoro Nteko Rwankuba Shinya(9 collines) Banga Bihunge Matongo Mpemba Munini Murambi Mutarure Nyakibingo Rudehe(9 collines) Kanyankuru Karurusi Kibaribari Kibayi Kibenga Mbirizi Mudusi Munini Rubagabaga(8 collines) Gakenke Gihororo Karambi Kivuruga Muhingira Murago Nyarurambi Ruhengeri(8 collines) Busokoza Gahise Gatabo Mufumya Muremera Nkango Nyarurama Rukambura Zone Kabuye Busangana Burarana Nyabibuye Ninga Collines de la zone(8 collines) Camizi Gitwe Kabuye Kinyovu Munyinya Musonge Nteko Rukoma(8 collines) Burarana Busangana Busekera Gashishima Kigereka Nyambo Rwantsinda Rusha(7 collines) Burarana Butuhurana Bwisange Kijuri Mikamba Nyarurambi Ruvumu(6 collines) Kigarama Kigwandi Kiryama Musema Nyabibuye Shembati(5 collines) Bumba Gikungere Munyinya Ninga Rugoma
Administration communale L'administration de la commune s'organise de la façon suivante. Le conseil municipal est composé d'au moins 25 membres, élus au suffrage universel direct pour une durée de 5 ans. Les conseillers municipaux élisent un administrateur communal qui est à la tête de la commune pour une durée de 5 ans. Depuis le 5 novembre 2025, la titulaire du poste d'administrateur communal est Janvière Kanyana.
Sécurité et justice La commune présente de petits délits tels que des vols à domicile ou dans les champs, des cas d'accidents de la route et d'ivresse au volant mais aussi des crimes comme des infractions liées aux coups et blessures. Quant à la justice, l'ancienne commune comptait, en 2018, 2 tribunaux de résidence dont l'activité consiste principalement à résoudre des affaires civiles, pour un taux de traitement d'audience estimé à 94 %, tels que des conflits fonciers, nombreux au sein de la commune.
Économie
Agriculture Avant la réforme territoriale de 2023, l'agriculture était la principale activité économique de la commune et plus de 90 % de la population vivait de l'agriculture de subsistance, c'est-à-dire que les productions sont, dans un premier temps, consommées par l'agriculteur et sa famille. L'agriculture telle qu'elle est pratiquée pose de nombreux problèmes tant au niveau du développement qu'au niveau social. En effet, l'atomisation des terres, l'utilisation d'outils rudimentaires, le manque d'intrants, la présence de cultures sur des terres inadaptées, la mauvaise exploitation de certaines terres et le manque de diversité dans les semences se traduisent par de faibles rendements agricoles, freinant par conséquent le développement local.
Plus particulièrement, l'atomisation des terres est également sujette à des conflits fonciers, en matière d'héritage par exemple. Par ailleurs, la province de la commune connaît un taux d'enfants par femmes de 4,9, et cette pression démographique contraint parfois les habitants à partir des zones rurales. Cette pression démographique pousse également certaines familles à cultiver la terre illégalement dans le parc national de Kibira, dégradant ainsi son écosystème.
Malgré la présence de difficultés dans le secteur de l'agriculture, la culture de produits tels que les oignons, les poireaux, les poivrons, les tomates, les choux, les amarantes et les maracujas sont bien développés dans la commune.
Les productions agricoles qui ne servent pas les besoins de l'agriculteur et de sa famille peuvent être vendus sur le marché communal de Matongo, ou sur les marchés avoisinants des communes de Kayanza et de Bujumbura. Elles peuvent également être vendues le long de la route RN1, l'une des principales routes du pays, qui traverse la commune.
Élevage L'élevage, majoritairement pratiqué de manière traditionnelle, tend à se moderniser depuis quelques années, permettant le développement communal. Les habitants de la commune ont de plus en plus recours à des élevages en stabulation permanente dans des étables semi-modernes et à des intervenants extérieurs comme le PRODEFI qui distribue des races améliorées de bovins. Il est estimé que 74 % des ménages possèdent au moins un animal d'élevage, avec une moyenne par ménage de 1,5 tête. Le manque d'herbe, la principale nourriture du bétail, reste néanmoins un problème.
Artisanat Dans la commune, le développement du marché artisanal reste limité, les produits artisanaux ne se font pas une place dans le marché ou ne sont pas vendus à un juste prix. Toutefois des initiatives sont présentes telles que la vannerie, la poterie, la maçonnerie, la couture, la briqueterie, la tuilerie, la menuiserie ou encore la réparation d'appareils électroniques.
Commerce En 2018, le commerce était peu développé en raison de la présence d'un seul marché aménagé et d'une seule coopérative de commerçants dans la commune. Il existait cependant quelques institutions de microfinance et la part des habitants qui disposent d'un compte s'élève à 12 %.
Industrie En 2018, une seule unité de transformation fonctionnelle était présente dans la commune, à Bandaga, qui permet de transformer le maracuja. Face à des quantités élevées de fruits produits et au peu d'infrastructures, une deuxième unité de production a été érigée à la fin de la même année, mais n'est pas en service.
Mines La commune de Matongo comprend des territoires aurifères, ainsi, plusieurs mines sont établies autour des rivières de Nyawisesera et de Nampemba, et dans la réserve naturelle de la Kibira. Des gisements de phosphates sont également présents dans les marais de Namvumvu.
Tourisme En 2018, le tourisme était peu développé dans la commune, qui disposait tout de même d'un hôtel ayant une grande capacité d'accueil.
Développement
Éducation