Luigi Platania, né le 2 septembre 1890 à Rimini et mort assassiné le 19 mai 1921 dans la même ville, est un cheminot et militant fasciste italien.

Biographie

De l'anarchie aux Faisceaux de combat Fils aîné d'une famille modeste du Sud installée à Rimini, Luigi Platania travaille comme ouvrier des chemins de fer et milite dans les rangs anarchistes. Lors de la guerre de Libye, il obtient une médaille d'argent puis, après le déclenchement de la Grande guerre, rejoint le camp interventionniste. En tant que sergent-major des fusiliers et arditi, il est l'un des premiers à recevoir la médaille d'argent pour bravoure militaire. Mutilé, il est décoré de deux croix de guerre et de trois médailles d'argent.

Décrit comme « vif, infatigable, impulsif, généreux, courageux » par le journaliste Flavio Lombardini, Platania adhère en 1919 aux Faisceaux italiens de combat dont il fonde la section à Rimini. Il en devient le secrétaire et semble être actif au sein des groupes squadristes.

Assassinat et répercussions Le 19 mai 1921, à 23h45, Platania, à l'âge de 30 ans, est attaqué et tué à la gare de Rimini, où il travaillait comme employé, par probablement par l'anarchiste Carlo Ciavatti, un chiffonnier de 28 ans originaire de Rimini. vignette|Luigi Platania vers 1920. Son assassinat attise vite les tensions et permet au journal fasciste L'Ausa de dénoncer à nouveau le camp socialiste comme il l'avait déjà fait en novembre 1919 : « L'oppression sauvage et lâche des socialistes est innombrables. Face à ces dégénérés, il nous faut retourner au Moyen Âge et rétablir la loi du talion ». La mort de Platania devient un motif permettant ainsi l'expansion du squadrisme à Rimini et la justification des expéditions punitives.

Le dimanche 22 mai, les funérailles de Platania furent désertées par la population, comme le déplorait Silvio Gai, député fasciste d'Ancône, dans Il Resto del Carlino du 24 mai : « Personne en ville n'a rendu hommage à un héros aussi vrai et pur ». L'hebdomadaire fasciste de Bologne, L'Assalto, qualifiait Rimini, le 28, de « ville des faibles et des lâches », de « ville de marchands et de chambres d'hôtes », et assurait « que la vengeance fasciste aura lieu… pendant la période la plus chargée de la saison balnéaire ».

Notes et références

Bibliographie

Gaetano Rossi, I nostri eroi / Luigi Platania (1890-1921). Pluridecorato al valore militare "cancellato" per ragioni politiche caporale di fanteria nella Grande guerra, Arminum : storia arte e cultura de la provincia de Rimini, Novembre-Dicembre 2008.

Pietro Alberghi, Il fascismo in Emilia Romagna dalle origini alla marcia su Roma, Mucchi, 1989.

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