est un film japonais de Yōji Yamada, sorti en 1970. Il s'agit du premier volet de la « Trilogie de Tamiko », qui comprend également : et L’Écho de la montagne (1980), trois films dans lesquels le réalisateur Yōji Yamada confie le rôle de Tamiko à Chieko Baishō.

Synopsis La famille Kazami, catholique, vit sur l'île d'Iōjima, dans la préfecture de Nagasaki, où Seiichi travaille dans une mine de charbon. La fermeture de la mine pousse Seiichi à décider de s'installer à Hokkaidō pour y devenir éleveur laitier. Sa femme Tamiko, d'abord opposée au projet, finit par accepter de le suivre avec leurs deux enfants. Genzō, le père âgé de Seiichi, devait être recueilli par son fils cadet Chikara à Fukuyama, mais l'accueil réservé par ce dernier et son épouse se révèle si tiède que Tamiko suggère à Genzō de partir lui aussi pour Hokkaidō.

Les cinq membres de la famille entament alors un long voyage en train d'environ trois mille kilomètres. Après une étape à Fukuyama, ils visitent l'Exposition universelle d'Osaka, puis gagnent Tokyo en Shinkansen. Leur fille cadette, encore bébé, tombe malade : hospitalisée trop tardivement, elle meurt. Sans temps pour le deuil, la famille fait procéder à la crémation en hâte et poursuit sa route par la ligne principale Tōhoku et le .

Ils arrivent à Nakashibetsu épuisés, une nuit de neige. Le lendemain, l'accueil chaleureux des habitants comble Genzō de joie : il chante le Tankō-bushi, mais s'éteint dans son futon le soir même. Il est inhumé selon le rite catholique, et deux croix se dressent désormais sur les terres de Nakashibetsu. À Seiichi, brisé par cette double perte et tenté de renoncer, Tamiko murmure : « Le printemps viendra bientôt, et les fleurs écloront partout », le convainquant de rester et de bâtir avec elle une nouvelle vie. En juin, le printemps gagne enfin Nakashibetsu, la première vache de la famille naît, et une nouvelle vie grandit dans le ventre de Tamiko.

Fiche technique Ces informations proviennent de la base IMDb, de la fiche Wikipedia japonaise et de la base de données japonaise NFAJ

Titre français : Une famille Titre original : Titre anglais : Where Spring Comes Late Réalisation : Yōji Yamada Histoire originale : Yōji Yamada Scénario : Yōji Yamada et Photographie : Musique : Masaru Satō Montage : Lumière : Yoshio Uchida Direction artistique : Kiminobu Sato Son : Yukio Obi Production : , Tsuneo Kozumi Société de production : Shōchiku Pays de production : Japon Langue originale : japonais Format : couleur — Shōchiku Grandscope : 2,35:1 — 35 mm — son mono Genre : drame Durée : 106 minutes Dates de sortie : Japon : États-Unis : URSS :

Distribution Selon l'ordre du générique du film

Chieko Baishō : Tamiko Kazami, 25 ans Hisashi Igawa : Seiichi Kazami, son mari, 30 ans Chishū Ryū : Genzō Kazami, le grand-père, père de Seiichi, 65 ans Tsuyoshi Kinoshita : Tsuyoshi Kazami, le fils aîné, 3 ans Chiaki Seo : Sanae Kazami, la fille cadette, encore bébé : le professeur Tanno : Chikara Kazami, le frère cadet de Seiichi Masako Tomiyama : Sumie Kazami, son épouse : un passager sur la ligne principale Nagasaki Yukie Yamamoto : le contrôleur sur la ligne principale Nagasaki Riri Sasaki : la compagne de Chinke à l'Exposition universelle d'Osaka : Chinke, résident d'Iōjima, l'usurier : un des cinq membres des jouant leur propre rôle, se concertant à la gare d'Ueno : une passante à Tokyo : le tenancier du ryokan Kiyoshi Atsumi : un homme sur le ferry Nobuo Tsukamoto : Ryōta Sawa, ami de Seiichi Moeko Ezawa : Misao Sawa, femme de Ryōta Michie Terada : l'infirmière Narumi Mizuta : la vendeuse du kiosque Yoshino Tani : la servante du ryokan Ryōko Mizuki : la voisine de Chikara : une passagère sur la ligne principale Nemuro

Des acteurs non-professionnels ont joué leur propre rôle sur les différents lieux de tournage : par exemple, un employé au comptoir du bureau de quartier, un dirigeant d'une coopérative agricole sur le train de la ligne principale de Tōhoku, un éleveur laitier de la ville de Nakashibetsu, etc.

Autour du film Participation au Festival des Arts de 1970.

Le film est projeté en 2021 dans le cadre de la rétrospective « 100 ans de la Shōchiku » au Festival des 3 Continents, puis en 2022 dans la rétrospective Hidden Gems of Shochiku Studios au MoMA de New York."Dans deux films du début des années 1970, Kazoku, (1970) et Kokyō (1972), le réalisateur Yamada Yōji (né en 1931) critique une société qui poursuit le développement économique à tout prix et rend hommage à des modes de vie en voie de disparition en marge de cette société. À la lumière du déclin de l'industrie cinématographique japonaise, ces films révèlent également l'angoisse de Yamada, cinéaste confronté à un changement de paradigme. Where Spring Comes Late utilise des techniques audiovisuelles propres au documentaire pour déconstruire le quotidien sous le régime de forte croissance, tout en s'efforçant de faire percevoir la société japonaise au spectateur à travers le regard d'une famille marginalisée. À ce stade, Yamada envisageait encore une fin heureuse : la famille obtient la chance d'une nouvelle vie à Hokkaidō, en périphérie du Japon." Yoshikuni Igarashi, Chapitre 3, Le Japon en mouvement, une famille en fuite, La contre-vision du Japon contemporain par Yamada Yōji, Japan, 1972: Visions of Masculinity in an Age of Mass Consumerism, 2021.Souvenirs de Yamada : « C'était une époque où le désir d'acheter un bel appartement, une belle voiture et beaucoup d'électronique était sans cesse stimulé. Les Japonais se demandaient s'il était juste qu'ils en profitent. Avec mon chef opérateur Takaha Tetsuo, nous avons réfléchi à la meilleure manière de filmer en ayant cela à l'esprit, afin de capturer et de rendre ce Japon de l'autre côté de l'écran. Nous nous sommes dit que l'approche semi-documentaire était la plus appropriée », commente quelques années plus tard le cinéaste. Cité par Claude Leblanc, p 144, Le Japon vu par Yamada Yôji, 2021Un témoignage de Chishū Ryū : « Yamada-san est beaucoup plus jeune que moi, mais c'est quelqu'un à qui je dois beaucoup. J'ai notamment joué le grand-père dans Kazoku (1970), pour lequel j'ai remporté le prix du meilleur second rôle. Kido Shirō, qui me détestait à l'époque, m'a exceptionnellement félicité et m'a dit que j'avais été bon », avait-il déclaré, lors de sa dernière interview donnée le 9 janvier 1993 pour le deuxième numéro du magazine de la Shōchiku, SHV Meiga Kurabu. Cité par Claude Leblanc, p 346, Le Japon vu par Yamada Yôji, 2021"Claude Leblanc explique que :"en faisant interagir des acteurs professionnels et des gens ordinaires pris dans leur environnement, il parvient à donner une dimension encore plus authentique. Il se rapproche ainsi encore davantage des canons du néoréalisme italien. C'est un vrai fonctionnaire qui accueille Seiichi lorsqu'il vient déclarer le décès de son enfant à la mairie de Tokyo. Comme c'est un vrai yakuza qui apparaît dans une scène à Osaka. Il fait aussi appel pour des rôles secondaires, mais qui donnent toute sa saveur à l'œuvre, à des acteurs familiers de son cinéma. Dazai Hisao qui joue le patron de l'imprimerie dans Otoko wa tsurai yo, Hana Hajime qui a été la vedette de ses premiers films et bien sûr Atsumi Kiyoshi, déjà célèbre dans son rôle de Tora-san, rappellent par leur présence que Yôji a d'ores et déjà réussi à bâtir sa famille cinématographique. Grâce à ce film, il impose son nom dans un genre où peut-être personne ne l'attendait. Il expose une nouvelle facette de son talent, ce qui lui permet d'obtenir une reconnaissance plus large à l'intérieur et à l'extérieur du Japon [...] en particulier aux Etats-Unis et au Brésil, où il suscite un réel engouement. ." Claude Leblanc, p 144, Le Japon vu par Yamada Yôji, 2021

Distinctions Le film est lauréat de la 25e cérémonie des prix Mainichi du film, où il remporte le prix du meilleur film japonais, celui du meilleur acteur pour Hisashi Igawa et celui du meilleur acteur dans un second rôle pour Chishū Ryū. Conjointement avec C'est dur d'être un homme : Tora-san est nostalgique, il vaut également à Chieko Baishō le prix de la meilleure actrice, et au tandem Yōji Yamada- celui du meilleur scénario.

Lors de la 44e cérémonie des Kinema Junpō Awards (1971), le film s'impose comme l'un des grands lauréats de l'année. Il remporte le prix du meilleur film, ainsi que celui du meilleur réalisateur, attribué à Yōji Yamada. Hisashi Igawa reçoit le prix du meilleur acteur, conjointement avec sa prestation dans Dodes'ka-den d'Akira Kurosawa. Chieko Baishō se voit décerner le prix de la meilleure actrice, et le tandem Yōji Yamada- celui du meilleur scénario, tous deux récompensés conjointement pour C'est dur d'être un homme : Tora-san est nostalgique.

Notes et références

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