Durant la guerre d'Iran de 2026, la fermeture du détroit d'Ormuz en mars 2026 a provoqué une perturbation majeure de l'approvisionnement sur le marché pétrolier mondial. Ce conflit a engendré de graves pénuries et une flambée des prix des carburants, alimentant l'inflation et aggravant les risques de stagflation et de récession. La guerre a déclenché une crise énergétique majeure, puis une crise économique en Europe, principalement en raison de la suspension des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) qatari et de la fermeture du détroit d'Ormuz. Le reste du monde a été touché par des achats de panique et de graves perturbations dans la distribution de pétrole, de gazole, de GNL et d'urée destinée à la fabrication d'engrais. Une grande partie de l'approvisionnement mondial de ces produits provient du Moyen-Orient et/ou transite par le détroit d'Ormuz, ce dernier étant bloqué par l'Iran début mars 2026. En avril 2026, des inquiétudes persistent quant à la sécurité énergétique et alimentaire, liées aux pénuries et aux coûts des engrais.

Généralités La guerre en Iran en 2026 a provoqué une forte volatilité immédiate sur les marchés de l'énergie, le prix du pétrole brut Brent bondissant de 10 à 13 % pour atteindre environ 80 à 82 dollars le baril le . Le conflit a entraîné la quasi-totalité du trafic dans le détroit d'Ormuz, provoquant ce que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a qualifié de « plus grande perturbation de l'approvisionnement de l'histoire du marché pétrolier mondial ». Le directeur général de l'AIE a décrit la situation engendrée par la guerre comme le « plus grand défi de sécurité énergétique mondiale de l'histoire ».

La fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran a perturbé 20 % des approvisionnements mondiaux de pétrole et d'importants volumes de gaz naturel liquéfié (GNL). Les analystes prévoient que les prix pourraient atteindre 100 dollars le baril si les perturbations persistaient, ce qui pourrait entraîner une hausse de 0,8 % de l'inflation mondiale.

Les exportations de la région sont généralement destinées aux pays asiatiques, la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud absorbant 75 % des exportations de pétrole et 59 % de celles de GNL. Cependant, Singapour et Taïwan dépendent davantage du GNL qatari, tandis que le Pakistan et le Bangladesh sont plus sensibles aux fluctuations des prix.

Le 3 mars, la principale entreprise énergétique qatari, QatarEnergy, a annoncé invoquer la force majeure concernant ses contrats avec ses acheteurs. Selon des sources internes citées par Reuters, l'entreprise allait prochainement interrompre la liquéfaction du gaz, les méthaniers étant bloqués dans le Golfe, et la remise en service prendrait plusieurs semaines. Ces annonces ont entraîné une hausse des prix mondiaux du gaz, ce que les analystes ont interprété comme une stratégie du gouvernement iranien visant à faire pression sur la communauté internationale pour mettre fin au conflit. Le 6 mars, le Qatar a averti que si la guerre se poursuivait, d'autres producteurs d'énergie du Golfe pourraient être contraints d'interrompre leurs exportations et rentrer en guerre contre l'Iran. Le même jour, Bloomberg et l'Institut de recherche sur l'économie de l'énergie et la société de Tokyo ont rapporté, d'après l'analyse d'images satellites, que Ras Laffan, principale installation gazière du Qatar, ne semblait pas avoir été endommagée avant cet « arrêt sans précédent » qui a provoqué la flambée des prix des carburants. Les États-Unis, protégés par leur production nationale, ont subi un impact moins direct, mais ont vu les prix de l'essence augmenter de 5 à 10 cents par gallon par jour.

Le 18 mars, l'Iran a frappé le complexe GNL inactif de Ras Laffan, au Qatar, entraînant une réduction de 17 % de la capacité de production de GNL du pays. Les dégâts causés par cette attaque nécessiteraient entre trois et cinq ans de réparation. En conséquence, les prix spot du GNL en Asie ont augmenté de plus de 140 %.

Les conséquences de ce conflit sont similaires à celles de la crise énergétique des années 1970, notamment de graves pénuries d’approvisionnement, une volatilité monétaire, de l’inflation et des risques accrus de stagflation et de récession.

Des pays comme l'Australie et l'Inde disposent de réserves plus importantes, mais sont confrontés à des achats de panique. Les économies les plus dépendantes du détroit pour leurs importations d'énergie se trouvent en Asie, l'Europe considérant également ce détroit comme vital pour sa sécurité énergétique. La perturbation initiale de l'approvisionnement en pétrole devrait affecter principalement l'Asie, mais l'Europe sera probablement durement touchée à moyen et long terme, et le Royaume-Uni devrait être la grande économie la plus touchée.

Le groupe de réflexion britannique Food Policy Institute a mis en garde contre une hausse durable des prix alimentaires due aux perturbations des marchés des carburants et des engrais. Le détroit d'Ormuz est un passage stratégique pour le commerce mondial des engrais puisque près de 30 % de la production mondiale d'urée, largement utilisée et produite à partir de gaz naturel, y transite. Une grande partie du coût de production de certains aliments, comme le maïs et le blé, est imputable au coût des engrais. Ce coût, conjugué à la hausse des prix de l'énergie, rend la production alimentaire de base très onéreuse. Une grande partie des denrées alimentaires des États du Golfe est importée. Par exemple, plus de 90 % au Qatar. Ces facteurs ont engendré des craintes d’insécurité alimentaire non seulement dans les pays du Golfe, mais aussi dans le monde entier.

Au 28 mars, les analystes craignent qu'une nouvelle crise pétrolière majeure soit en train de se produire et qu'elle soit déterminante pour l'économie mondiale.

Lors du conflit de 2026 opposant l'Iran, les États-Unis et Israël, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz a été fortement perturbé, l'activité de navigation étant même parfois quasiment paralysée. Des centaines de navires, dont des pétroliers et des cargos, ont été signalés comme bloqués ou retardés dans le Golfe et ses environs. Les autorités iraniennes ont imposé des contrôles stricts sur le transit, exigeant une autorisation préalable et limitant l'accès à certains navires, tout en avertissant que les navires non autorisés par l'Iran à passer pourraient être pris pour cible. Même après un cessez-le-feu temporaire, la navigation dans le détroit est restée fortement restreinte, avec un transit limité et soigneusement coordonné, contribuant à l'incertitude persistante sur les marchés mondiaux de l'énergie et du commerce. Avant l'escalade du conflit, bien qu'il soit déjà arrivé que l'Iran utilise le détroit comme outil de pression face aux États-Unis et Israël, le détroit était resté ouvert à la navigation internationale sans restrictions comparables.

Effets et mesures par région

Amérique du Nord droite|vignette|200x200px|Prix de l'essence à Sonoma, Californie, le . Les prix des carburants en Amérique du Nord ont fortement augmenté dès début mars, en raison de l'évolution rapide du marché liée à la crise. Le prix du gaz naturel liquéfié (GNL) est resté globalement stable depuis le début de la crise énergétique, du fait du manque d'interconnexions sur le marché nord-américain du GNL, caractérisé par un réseau de gazoducs et de points d'exportation limité. Aux États-Unis, le prix de l'essence a augmenté de 1,16 $ le gallon depuis le début du conflit, et devrait atteindre 5,00 $ le gallon si le détroit d'Ormuz n'est pas rouvert d'ici la mi-avril. Au Canada, le prix de l'essence a progressé d'environ 30 % entre mars et avril. Le prix du kérosène en Amérique du Nord a bondi de 95 % depuis le début du conflit, contraignant de nombreuses compagnies aériennes à augmenter le prix des bagages enregistrés. Les services de livraison, tels que le service postal américain (USPS), Amazon et FedEx, ont instauré des surcharges carburant afin de pallier les pertes économiques face à la crise.

Amérique du Sud

Europe droite|vignette|267x267px|Prix de l'essence en Allemagne La guerre a déclenché une seconde crise énergétique majeure, puis une crise économique en Europe, principalement en raison de la suspension des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) qatari et de la fermeture du détroit d'Ormuz. Ce conflit a coïncidé avec des niveaux de stockage de gaz en Europe historiquement bas (on estime sa capacité à seulement 30 % après un hiver rigoureux en 2025-2026) ce qui a entraîné un quasi-doublement des prix de référence du gaz néerlandais (TTF), dépassant les 60 €/MWh à la mi-mars. Le 26 mars, la Commission européenne a conseillé à ses États membres de remplir leurs stocks de gaz au plus tôt afin d'éviter des flambées des prix plus tard dans l'année.

Après l'annonce, le 2 mars, par le ministère qatari de la Défense, d'une attaque de deux drones iraniens contre des installations gazières qataries, suivie de près par l'annonce de QatarEnergy de l'arrêt total de la production de gaz dans le pays, les prix du gaz naturel en Europe ont quasiment doublé. Cette situation a suscité des inquiétudes quant à la sécurité énergétique et au coût des engrais. Les prix du gaz naturel dans l'UE ont de nouveau baissé pour atteindre un niveau moins élevé de 48 €/MWh le mercredi 4 mars.

Le conflit iranien a également renforcé la nécessité des énergies renouvelables, car l'énergie solaire et éolienne peuvent réduire la dépendance aux approvisionnements extérieurs et la production d'électricité décentralisée offre une plus grande autonomie par rapport aux marchés mondiaux de l'énergie. Face à la fluctuation des prix du pétrole, les énergies renouvelables sont devenues nettement plus compétitives. Le PDG de Shell plc a averti que l'Europe pourrait connaître des pénuries de carburant dès avril. La chaîne de supermarchés britannique Asda a signalé qu'elle était déjà confrontée à des pénuries de carburant dans ses stations-service.

Irlande Le 7 avril, une série de manifestations contre la hausse des prix du carburant a débuté en République d'Irlande.

Royaume-Uni Les perturbations du transport maritime ont contribué à la volatilité des marchés énergétiques britanniques. Des analystes ont averti que la hausse des prix du gaz pourrait alourdir la facture énergétique des ménages et mettre en évidence la dépendance du pays aux marchés mondiaux des combustibles. Cette situation a également relancé le débat politique sur le rôle de la production nationale en mer du Nord, notamment sur d'éventuelles réformes de la taxe sur les bénéfices énergétiques (ou prélèvement sur les profits exceptionnels) imposée aux producteurs de pétrole et de gaz, ainsi que sur l'avenir des investissements dans le secteur. Cependant, les analystes ont souligné que des forages supplémentaires en mer du Nord ne permettraient probablement pas de réduire significativement les factures énergétiques britanniques à court terme, car la majeure partie du pétrole et du gaz produits dans cette zone est vendue sur les marchés internationaux aux prix mondiaux.

Océanie

Australie