Dakpè Sossou, ancien maire de la commune de Lokossa, plusieurs fois député à l'assemblée nationale est un homme politique béninois.
Biographie
Origines Dakpè Sossou est originaire de la commune de Lokossa, chef-lieu du département du Mono, dans le sud-ouest du Bénin. Cette ville, connue dans la tradition locale comme la « cité des Kotafons », constitue le cœur de son activité politique depuis ses débuts.
Son implantation dans la vie civique de Lokossa le conduit à s'engager d'abord dans la gestion locale avant de rejoindre les instances législatives nationales. Il devient l'une des personnalités politiques les plus en vue du département du Mono, aux côtés d'autres cadres originaires de Lokossa comme le président élu Romuald Wadagni et son ancien collègue Séverin Maxime Quenum.
Carrière politique Dakpè Sossou occupe les fonctions de maire de la commune de Lokossa de 2008 à 2015.
En tant que maire, il est responsable de la gestion de l'exécutif communal, supervisant notamment les marchés publics, les acquisitions d'équipements et le développement local de la ville.
Pendant son mandat à la tête de la mairie, il est notamment signalé dans la presse béninoise pour l'acquisition, au nom de la commune, d'un engin agricole lourd d'une valeur de 45 500 000 francs CFA. Une enquête journalistique publiée en 2018 soulève des interrogations quant aux procédures de passation de marché suivies lors de cette transaction, ainsi que sur d'autres acquisitions réalisées sans les formalités requises. L'intéressé n'est pas mis en cause pénalement, et des voix dans la presse appellent à la conduite d'un audit indépendant pour clarifier la situation.
Réélu pour un nouveau mandat communal en juillet 2015, il démissionne quelques jours plus tard pour siéger au Parlement, laissant sa place à Pierre Awadji.
Dakpè Sossou fait son entrée à l'Assemblée nationale du Bénin en tant que représentant de la 18ᵉ circonscription électorale, qui regroupe les communes de Lokossa, Bopa et Houéyogbé dans le département du Mono. Il s'y affirme rapidement comme un parlementaire actif, notamment en initiant ou soutenant des démarches de contrôle de l'action gouvernementale.
En juillet 2017, il est élu président de la commission parlementaire d'information, d'enquête et de contrôle sur le dossier de la centrale thermique de Maria-Gléta, l'une des commissions d'enquête les plus médiatisées de cette législature.
Il siège à cette période au sein du groupe parlementaire « Unité, Paix et Démocratie ». En janvier 2018, il se positionne publiquement sur la question de la grève dans la fonction publique, invitant les enseignants grévistes à reprendre leurs fonctions et s'engageant à transmettre leurs doléances au ministre des Finances.
La même année, dans le cadre d'un meeting à Houéyogbé, il œuvre au ralliement d'un important baron du parti Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) au Programme d'action du gouvernement (PAG) du président Patrice Talon, contribuant ainsi à affaiblir l'emprise de l'opposition dans cette commune longtemps perçue comme un bastion de l'opposition.
Réélu à l'issue des élections législatives du 28 avril 2019, Dakpè Sossou poursuit son mandat de député de la 18e circonscription, désormais sous les couleurs de l'Union Progressiste (UP), parti de la mouvance présidentielle présidé par Bruno Amoussou.
En juin 2021, à la suite du départ de Robert Gbian du poste de deuxième vice-président de l'Assemblée nationale, ce dernier accédant au poste de premier vice-président après la désignation de Mariam Chabi Talata comme vice-présidente de la République, Dakpè Sossou est élu par ses pairs pour occuper ce poste vacant. Il entre ainsi dans le bureau de l'Assemblée nationale.
En sa qualité de deuxième vice-président, il conduit en juillet 2022 l'atelier d'évaluation du plan stratégique de développement et de modernisation de l'Assemblée nationale, affirmant ainsi son rôle dans la gestion institutionnelle du parlement béninois.
La même année, en juin 2022, il est reçu en audience par S.E.M. Rachid Rguibi, ambassadeur du Maroc au Bénin, pour évoquer notamment la promotion des mathématiques et de l'éducation au profit des apprenants de Lokossa.
Les élections législatives du 8 janvier 2023 permettent à Dakpè Sossou d'obtenir un nouveau mandat de député, toujours pour la 18ᵉ circonscription, sous les couleurs de l'Union Progressiste le Renouveau (UPR), formation issue de la recomposition du paysage partisan de la mouvance présidentielle. Les 109 députés de cette législature sont officiellement installés le 12 février 2023.
À l'installation de la nouvelle législature, il prend immédiatement la parole pour commenter la déclaration du parti d'opposition Les Démocrates, se montrant favorable à l'idée d'une révision constitutionnelle permettant d'intégrer les demandes de l'opposition, dans une posture de dialogue partiel.
Soutien au président Patrice Talon Dakpè Sossou est l'un des soutiens les plus visibles et les plus constants du président Patrice Talon au sein de la représentation nationale. Dès 2018, il est l'un des premiers à évoquer publiquement l'éventualité d'un second mandat pour le chef de l'État, à une époque où ce dernier avait pourtant annoncé ne briguer qu'un seul mandat. Ces déclarations lui valent des critiques virulentes de la part de l'opposition et d'une partie de la presse béninoise, qui les juge anticonstitutionnelles.
À l'occasion d'une tournée officielle du chef de l'État à Lokossa en décembre 2020, il est salué comme le premier élu à avoir soutenu publiquement l'idée d'un second mandat présidentiel, un acte perçu localement comme une marque de clairvoyance politique.
En octobre 2025, en vue de la présidentielle de 2026, il manifeste son soutien au candidat de la mouvance Romuald Wadagni, tout en se livrant à des déclarations à caractère régionaliste qui lui valent des critiques au sein même du camp présidentiel.
Controverses et déclarations polémiques En février 2021, dans le contexte de la campagne présidentielle béninoise, Dakpè Sossou tient des propos sexistes à l'encontre de la candidate de l'opposition Reckya Madougou. Dans un entretien diffusé sur les réseaux sociaux, il exprime le point de vue selon lequel une femme « si belle » n'aurait pas à s'engager dans les affaires présidentielles. Ces déclarations suscitent une vive indignation, aussi bien en Afrique de l'Ouest qu'à l'international, notamment au sein de la diaspora béninoise et parmi les observateurs du Centre de politique étrangère de New York.
En 2025, ses prises de position répétées sur la succession à la mairie de Lokossa et sur l'élection présidentielle à venir lui attirent des critiques dans la presse béninoise indépendante, qui l'accuse de multiplier les sorties médiatiques maladroites préjudiciables au camp de la mouvance.
Vie personnelle Dakpè Sossou est marié à Colette Awadji, décédée en novembre 2022. La disparition de son épouse est annoncée dans plusieurs médias béninois.
Références
Catégorie:Personnalité politique béninoise Catégorie:Maire au Bénin