La mission de sauvetage de Swift (en anglais ou SRM en abrégé) est une mission de maintenance en orbite qui a pour objectif de rehausser l'orbite de l'observatoire spatial gamma Swift et ainsi de prolonger sa durée de vie. Du fait d'une activité solaire intense, l'altitude de l'observatoire s'est dégradée plus vite que prévu ce qui le condamne à rentrer dans l'atmosphère et à être détruit en 2026. La NASA, qui a conçu Swift, souhaite prolonger sa durée de vie car celui-ci dispose de capacités uniques. Aussi l'agence spatiale a passé contrat avec la société Katalyst Space Technologies pour développer une mission de sauvetage. Celle-ci repose sur un petit engin spatial capable d'effectuer une manœuvre de rendez-vous spatial et de s'amarrer à Swift sans créer de dommages bien que celui-ci n'ait pas été conçu pour une telle manœuvre. Cet engin utilisera ensuite sa propulsion pour remonter l'altitude de l'orbite à 550 km.
L'engin spatial, baptisé Link, est lancé par un lanceur aéroporté Pegasus-XL le 3 juillet 2026. La mission devait durer environ quatre mois. Mais à la suite de la défaillance de deux des trois roues de réaction de Link qui contrôlent l'attitude du vaisseau, la NASA décide le 19 aout de mettre fin à la tentative de sauvetage du télescope spatial Swift.
Contexte
Swift est un observatoire spatial gamma développé par l'agence spatiale américaine, la NASA, qui a été placé en orbite en 2004 et qui est plus particulièrement dédié à la détection des sursauts gamma. Malgré son grand âge l'observatoire est toujours complètement opérationnel en 2026. Swift a été placé en orbite à l'origine à une altitude de 600 kilomètres mais celle-ci se dégrade progressivement du fait des forces de trainée engendrées par l'atmosphère résiduelle ce qui à terme doit condamner l'engin spatial à rentrer dans l'atmosphère et à être détruit (Swift ne dispose pas de système propulsif qui lui permettrait de contrebalancer ce phénomène). Début 2024 l'agence spatiale estimait que son altitude était suffisamment élevée pour lui permettre de fonctionner jusqu'en 2030. Mais l'activité solaire particulièrement intense en 2024 et 2025 a généré une expansion des couches denses de l'atmosphère qui a contribué à dégrader plus rapidement que prévu l'altitude de l'engin spatial. Celle-ci est tombée en-dessous des 400 km début 2026 et si rien n'est fait elle devrait descendre sous les 300 km en 2026. Si Swift descend en deçà de cette dernière altitude l'observatoire est condamné .
Mise en place d'une opération de sauvetage
La NASA estime que Swift reste l'observatoire le plus performant pour détecter les phénomènes astronomiques transitoires grâce à la large couverture spectrale de ses instruments, la précision de la localisation des sources par ceux-ci et sa capacité à adapter rapidement son programme d'observation.. La NASA, qui souhaite continuer à exploiter cet instrument qui reste complètement opérationnel et qui n'a toujours pas d'équivalent, a passé contrat avec la société Katalyst Space Technologies de Flagstaff (Arizona) pour que celle-ci développe une mission de sauvetage reposant sur un engin conçu pour capturer puis rehausser l'altitude de l'observatoire afin de prolonger sa durée de vie opérationnelle. Cette opération, facturée 30 millions US$ (lanceur compris), est planifiée pour l'été 2026. Pour ralentir la réduction de l'altitude, les observations ont été arrêtées en février 2026 permettant à l'observatoire spatial d'adopter une orientation limitant les forces de trainée... La mission présente une probabilité d'échec importante. La NASA la qualifie de mission à risque élevé mais à récompense élevée.
Caractéristiques techniques
L'opération de sauvetage, qui constituera une première, repose sur un engin spatial, baptisé LINK, d'environ 425 kg stabilisé sur 3 axes et de la taille d'un réfrigérateur. Celui-ci comprend des panneaux solaires déployés en orbite d'une longueur unitaire de 6 mètres qui produisent en tout plus de 4 kW utilisés par la propulsion électrique. 16 petits moteurs-fusées RCS sont utilisés pour le contrôle d'attitude. Le satellite dispose de trois bras télécommandés équipés de pince pour s'accoupler au télescope. Ceux-ci sont équipés d'un lidar fournissant des informations pour le contrôle des déplacements. Le satellite est capable de réaliser un rendez-vous orbital avec l'observatoire spatial et de s'accoupler en douceur avec Swift bien que celui-ci soit dépourvu de système d'amarrage. LINK doit parvenir à s'amarrer à des éléments de structure de l'observatoire sans engendrer de dégâts sur les équipements délicats de Swift tels que des câbles ou des revêtements isolants. Une fois que l'amarrage est réalisé, LINK doit utiliser ses trois propulseurs électriques à effet Hall de 1 kW expulsant du xénon (les 60 kilogrammes embarqués permettent un delta-V de 2 km/s) pour rehausser l'orbite de l'ensemble puis une fois sa tâche accomplie larguer SWIFT et s'en écarter pour éviter d'interférer avec les manœuvres de celui-ci..
Pour atteindre l'inclinaison orbitale sur laquelle circule Swift sans recourir à un lanceur très coûteux, l'engin spatial LINK doit être placé en orbite par le lanceur aéroporté Pegasus-XL. Ce dernier qui n'a pas volé depuis 2021, a été sélectionné, car étant largué depuis un avion il permet d'atteindre sans manœuvrer l'orbite spécifique de Swift..
Déroulement de la mission
Lancement
Programmée initialement pour le de l’année., la mission de sauvetage de Swift est finalement placée en orbite par le lanceur aéroporté Pegasus-XL le . Au cours des deux semaines suivantes, les différents systèmes du satellite LINK sont vérifiés.
Déroulement prévu de la mission
À l'issue de cette première phase, le satellite LINK doit se rapprocher progressivement du télescope spatial Swift puis l'équipe au sol doit déterminer, à partir des images transmises par Link, de quelle manière les trois bras robotiques peuvent agripper le télescope sans provoquer de dégâts. Cette phase doit durer deux à trois semaines. Si Link parvient à s'accoupler avec Swift il utilisera sa propulsion électrique pour rehausser l'orbite de à . La phase de rehaussement, qui durera environ trois mois, doit débuter avant que l'altitude de Swift soie descendue en-dessous de (seuil qui sera franchi en octobre)...
Abandon de la tentative de sauvetage (aout 2026)
Le 22 juillet LINK ne se trouve plus qu'à 30 km de Swift. Mais le 25 juillet le satellite, qui est normalement stabilisé sur 3 axes, se met à tournoyer de manière incontrôlable. Deux des trois roues de réaction ne fonctionnent plus ainsi qu'une partie des petits moteurs-fusées chargées de contrôler l'orientation. Katalyst utilise le 28 juillet les moteurs à effet Hall pour tenter de reprendre le contrôle de LINK. La société parvient à réduire la vitesse de rotation, qui était de 9 degrés par seconde à 4° puis à 1,47° par seconde le 5 aout. Mais la NASA décide le 19 aout d'abandonner la tentative de sauvetage en raison des problèmes rencontrés par la mission LINK. Néanmoins l'engin pourrait effectuer un rendez-vous orbital et mener des opérations d'observation à proximité de Swift..
Le lancement de la mission constitue la dernière mission en portefeuille du lanceur aéroporté Pegasus développé par Orbital Sciences et dont le premier vol remonte à l’année .
Une opération similaire pour le télescope Hubble ?
Si la mission est un succès, les responsables de la NASA envisagent de réaliser sur une opération similaire pour le télescope Hubble dont l'orbite décroissante devrait entraîner la rentrée atmosphérique et la destruction dans la première moitié de la décennie 2030.
Références
Sources
Voir aussi
Articles connexes Mission de maintenance en orbite Swift Rendez-vous spatial Amarrage Pegasus
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