Kha-Akhet est un temple de l'Égypte antique construit dans la nécropole thébaine sous le règne du pharaon Hatchepsout. Bien que le monument soit connu via diverses inscriptions hiéroglyphiques depuis le début du , sa localisation exacte a été longtemps débattue et son identification archéologique formelle n'a eu lieu que dans les années 2000. Le temple, aujourd'hui disparu, a en effet été démantelé dès l'antiquité lors de la construction du Ramesséum sur le même emplacement.
Description
Kha-Akhet (lever de l'horizon) est un temple de l'Égypte antique édifié dans la nécropole thébaine, sur la rive ouest du Nil, face à l'ancienne ville de Thèbes (aujourd'hui Louxor). Il fut bâti sur le site occupé aujourd'hui par le Ramesséum, le temple des millions d'années de . Le temple fut construit avec des blocs de calcaire extraits d'une carrière locale, un type de calcaire qui a été retrouvé exclusivement dans des monuments construits par Hatchepsout à Thèbes-Ouest.
Le temple était très clairement dédié au dieu Amon, bien que la déesse Hathor y fût aussi vénérée. Si Kha-Akhet a pu fonctionner au quotidien de manière indépendante, le temple était associé au temple funéraire d'Hatchepsout (Djéser-Djéserou) de Deir el-Bahari dans un cérémoniel cultuel en l'honneur d'Amon. Kha-Akhet était vraisemblablement connecté à Deir el-Bahari par un canal et servait probablement de chapelle-reposoir pour la barque sacrée d'Amon. Kha-Akhet aurait ainsi été la première étape de processions dédiés à Amon en direction du Djéser-Djéserou. La proximité entre les deux temples était telle qu'une pierre de fondation retrouvée dans les ruines de Kha-Akhet au Ramesséum mentionne le Djéser-Djéserou et non pas le Kha-Akhet.
Histoire Construction et destruction vignette|gauche|redresse=0.75|Hatchepsout Kha-Akhet fut édifié sous le règne de la reine-pharaon Hatchepsout de la , qui fit également bâtir le Djéser-Djéserou non loin de là. Un haut fonctionnaire de la cour du nom de Djéhouty fut peut-être responsable de la construction de Kha-Akhet. Le prêtre Senenu servit à la fois de grand prêtre d'Amon et d'Hathor à Djéser-Djéserou et de grand prêtre d'Amon à Kha-Akhet.
Bien que le temple soit uniquement mentionné sur des inscriptions datant du règne d'Hatchepsout , Kha-Akhet fut probablement encore en activité sous son successeur . Comme dans d'autres monuments datant de cette époque, s'employa à remplacer le nom d'Hatchepsout par celui de son prédécesseur car il considérait la femme pharaon illégitime.
Le temple fut endommagé durant la période amarnienne, le nom d'Amon étant martelé. Les dégradations furent en partie restaurées par la suite, peut-être par le pharaon Horemheb qui effectua des réparations similaires dans le Djéser-Djéserou.
Kha-Akhet fut démantelé peu de temps après, probablement par qui érigea son temple des millions d'années, le Ramesséum, à cet emplacement. Les pierres du Kha-Akhet furent largement réemployées dans sa construction, notamment dans la chapelle de Mouttouya et Néfertari. Un siècle plus tard, des blocs du Kha-Akhet utilisés dans le Ramesséum furent réemployés pour la construction du temple funéraire de à El-Assasif.
Redécouverte vignette|Djéser-Djéserou : le temple funéraire d'Hatchepsout. L'existence du temple de Kha-Akhet est attestée via diverses inscriptions hiéroglyphiques sur plusieurs monuments datant du règne d'Hatchepsout, comme la chapelle rouge à Karnak, depuis le début du . Néanmoins la localisation du temple est restée très longtemps problématique. De par son association rituelle avec le temple funéraire d'Hatchepsout, Djéser-Djéserou, on a longtemps cherché à le localiser près de Deir el-Bahari, voire à Deir el-Bahari même.
À la fin des années 1970, les vestiges d'un temple datant du règne d'Hatchepsout sont découverts à El-Assasif, non loin du début de la chaussée de Deir el-Bahari. L’archéologue égyptien Abu el-Ayun Barakat en conclut qu'il s’agit là de Kha-Akhet . Cette identification est rapidement contestée, plusieurs égyptologues préférant situer Kha-Akhet à Deir el-Bahari. Certains chapelles du temple funéraire d'Hatchepsout sont proposées comme étant le Kha-Akhet, même si aucune ne mentionne ce nom. Le temple funéraire de Thoutmôsis III de Deir el-Bahari est aussi proposé comme étant le Kha-Akhet, il aurait alors été renommé Djéser-akhet par après la mort d'Hatchepsout. Le temple fouillé par Barakat a depuis été identifié comme le temple des millions d'années de Thoutmôsis .
Dans les années 2000, la mission archéologique française qui fouille le Ramesséum identifie les vestiges d'un monument plus ancien sous le temple de . Les blocs issus de ce temple plus ancien sont retrouvés dans toute la zone du Ramesséum et datés du règne d'Hatchepsout. Un bloc comportant une inscription mentionnant le Kha-Akhet est également retrouvé sur place, confirmant l'existence de Kha-Akhet à cet endroit.
Notes et références
Bibliographie
Catégorie:Index égyptologique Catégorie:Hatchepsout Catégorie:Nécropole thébaine Catégorie:Monument de la XVIIIe dynastie égyptienne Catégorie:Temple égyptien