James Hastie, d'une famille quaker, sergent de l'East India Company, est connu pour sa négociation avec le roi merina Radama d'un traité sur l'arrêt de la traite des esclaves, signé le , et le premier agent-résident britannique à la cour de Radama , né dans le comté de Cork en 1786, et mort le à Tananarive.

Biographie Après avoir reçu une bonne éducation, il s'engage dans l'armée britannique à son adolescence. Il est envoyé en Inde où il prend part à la deuxième guerre anglo-marathe. Il est promu sergent.

En 1815, après le retour de Napoléon pendant les Cent-Jours, le gouvernement britannique craignant un soulèvement des colons de l'Île Maurice saisie en 1810, son régiment y est transféré depuis Bombay. James Hastie va attirer l'attention du gouverneur Robert Townsend Farquhar. Pendant un incendie à Port-Louis, en , il grimpe sur la maison du gouverneur pour éteindre l'incendie.

Le parlement britannique contre la traite des esclaves En 1807, le parlement britannique a interdit la traite négrière vers ses colonies. Madagascar est alors un centre important de la traite négrière. Les marchands arabes amenaient les esclaves sur le côte ouest et de là, ils les transféraient soient à Zanzibar d'où ils repartaient vers l'Arabie, la Perse et l'Inde, soit vers la côte est d'où ils partaient vers l'île de La Réunion, l'île Maurice ou les Seychelles. L'Acte du Congrès de Vienne signé le par les participants prévoit la fin de la traite négrière. L'abolition de la traite négrière est confirmée dans l'acte additionnel du traité de Paris de 1815. Le gouvernement britannique exigea l'arrêt de la traite négrière mais les planteurs français ayant obtenu de conserver leurs plantations continuaient à commercer avec les trafiquants. Le gouvernement britannique exigea de faire cesser ce trafic. Le gouverneur Farquhar prétexta qu'il n'avait pas suffisamment de moyens pour faire cesser ce commerce. Il a eu alors l'idée de le faire cesser en arrêtant le trafic par Madagascar en faisant alliance avec les Hovas. Cependant, le trafic des esclaves et la vente des prisonniers de guerre étaient une source importante de revenus pour le roi Radama et les commandants de son armée. Pour obtenir cet arrêt, il était nécessaire de connaître la contrepartie exigée par le roi.

La France à Madagascar au début du Pour la France, l'île de Madagascar servait de lieu de traite assurant l'approvisionnement en vivres et en esclaves de l'île de France et de l'île Bourbon. Pendant les guerre de l'Empire, les établissements français se sont concentrés à Foulepointe et Tamatave. Ces établissements sont passés sous domination britannique par capitulation conclue par Sylvain Roux, agent commercial français à Tamatave, et le capitaine Linne commandant la corvette britannique l’Eclipse, le . Les Anglais ont alors occupé le port de Louquez sur l'Îlot Madame mais le capitaine anglais ayant frappé le chef Tsitsipi, les Anglais ont été massacrés. Le traité de Paris du prévoit la restitution des établissements français hors d'Europe avant 1792 sauf l'île de France et ses dépendances. Le gouverneur de Maurice, Farquhar, interprète le traité et décide que les possessions françaises à Madagascar comme propriétés des Anglais. Suite à une discussion entre les gouvernements britanniques et français, le gouvernement britannique annula cette interprétation de Farquhar et lui donna l'ordre de restituer ces établissements à la France, le . À la suite de la perte de l'île de France, la France ne possède plus de port à l'est du cap de Bonne-Espérance car l'île Bourbon ne possède pas de port. En , le vicomte François-Joseph de Gratet du Bouchage, ministre de la Marine et des Colonies, invite les administrateurs de l'île Bourbon à procéder à la reprise des établissements français à Madagascar. Il fait étudier le meilleur endroit pour établir une colonie française sur la côte orientale de Madagascar. Cette étude conclut à une implantation à l'île Sainte-Marie et Tintingue. Une expédition menée par Sylvain Roux et le capitaine de frégate Ange René Armand de Mackau repris possession de l'île Sainte-Marie le et de e le et présence des chefs du pays. l'île Sainte-Marie avait été cédée à la France par la reine Bétia le . Une seconde expédition partie de l'île Bourbon en 1819 explore la côte orientale entre l'île Sainte-Marie et Fort-Dauphin et rédige un rapport privilégiant un établissement à Fort-Dauphin mais qu'il n'y avait qu'un seul lieu où les bateaux pouvaient entrer et séjourner sans péril, Tintingue. Il est finalement décidé de faire un investissement minimum en créant un établissement sur l'île Sainte-Marie placé sous la direction de Sylvain Roux qui avait le titre de commandant particulier des établissements français à Madagascar mais placé sous les ordres du gouverneur de l'île Bourbon, comprenant 79 personnes et deux navires. Dans les instructions données à Sylvain Roux, il lui était demandé de cultiver les bonnes dispositions que paraissaient conserver pour les Français Radama, roi des Hovas, et Jean RenéD'après B.-F. Leguével de Lacombe, Jean René était né à Fort-Dauphin, d'une femme Antatsimo et d'un Français nommé Boucher, agent de la Compagnie des Indes orientales. Il avait passé son enfance à l'Île de France, rentré à Foulepointe à 15 ans environ, il aurait été employé dans les bureaux de la Compagnie des Indes sous les ordres de Dumaine jusqu'en 1797, année où le poste a été pris par les Anglais. Il a dû s'enfuir à l'Île de France. Il est revenu à Tamatave en 1798. Il s'y est établi comme traitant et a fait la rencontre de Sylvain Roux. Les Malgaches l'appelaient Ampanjaka Mena à cause de son teint cuivré. B.-F. Leguével de Lacombe l'a rencontré à Tamatave en 1823 alors qu'il avait 50 ans. Il serait donc né en 1773. Il a un frère nommé Fiche, père de Juliette Fiche , fils d’un commis de la Compagnie française des Indes orientales et d'une Malgache, chef des Zana-Malata ou Malates (enfants de mulâtres), devenu roi de Tamatave en 1812Jean René avait demandé la protection du gouverneur de Maurice, Farquhar, dans une lettre du . Son frère, Fiche, est tué en 1820. Sa nièce est Juliette Fiche., malgré l'opposition des Anglais, en particulier du gouverneur de Maurice. L'expédition partie de Brest le n'est arrivée à l'île Sainte-Marie qu'à la fin du mois d'octobre 1821. Les français se sont établis sur l'îlot Madame. Dès janvier 1822, les fièvres palustres vont faire des ravages ne laissant que quelques marins et ouvriers valides et un seul officier. Des constructions sont réalisées sur l'îlot Madame avec l'aide d'une centaine d'ouvriers noirs engagés.

Les Anglais à Madagascar Andrianampoinimerina, père de Radama , avait par conquêtes soumis tous les clans rivaux des hauts plateaux et créé le royaume d'Imerina au centre de Madagascar. Avant sa mort, Andrianampoinimerina avait demandé à son fils d'étendre le royaume mérina jusqu'à la côte est. Le gouverneur Farquhar cherche à nouer des relations avec le roi Radama . Il reçoit à l'île Maurice les deux demi-frères du roi merina Ramada , Ratafika et Rahovy. Ayant constaté la bonne éducation de James Hastie, il le nomme précepteur des deux demi-frères de Radama .

Le gouverneur britannique de Maurice, Farquhar, va faire le choix de soutenir le roi le plus puissant de Madagascar, le roi Hova Radama en l'aidant à augmenter ses possessions autour du royaume d'Imerina en lui fournissant conseillers militaires et armes et à se proclamer roi de Madagascar. Cette politique avait deux objectifs, combattre l'implantation française à Madagascar et obtenir la fin de la traite négrière à partir de la Grande Île. Ce choix rencontre la volonté du roi Radama qui veut développer son pays. Après son intronisation à Andohalo, en 1810, il lève la loi imposée par son père interdisant l'accès de l'Imerina aux étrangers. Il déplace sa capitale à Antananarivo faisant d'Ambohimanga une cité sacrée. Il s'est fait construire par le charpentier créole Louis Gros le palais en bois à Soanierana, sur la rive droite du fleuve Ikopa et le Tranovola dans le Rova d'Antananarivo, en 1819. Les premiers missionnaires de la London Missionary Society en 1818.

Pour entamer les négociations avec ce roi et lui garantir des intentions amicales des Britanniques, le gouverneur Farquhar envoie une mission dirigée par Chardenoux (avril-août 1816). Le résultat de cette première approche a été l'envoi à Maurice de deux demi-frères du roi Radama. Cette première étape a amené le gouverneur Farquhar à considérer qu'il fallait soutenir militairement le roi Radama dans ses entreprises pour unifier Madagascar. Il envoie une seconde mission dirigée par le capitaine Lesage avec trente soldats. Il reste en Imerina entre à . Il ne parvient pas à signer un accord pour arrêter la traite des esclaves mais un traité d’amitié et de commerce anglo-malgache. À la demande du roi, il laisse à Tananarive le sergent Brady qui est chargé d'instruire ses troupes. Pour supprimer la traite des esclaves aux Arabes de la côte ouest de Madagascar qui permettait à Radama d'acquérir fusils et poudres, il fallait que les Anglais lui fournissent armes, munitions et équipements.

James Hastie et le roi Hova Radama En juin 1817, James Hastie quitte Maurice sur le accompagné des deux demi-frères du roi pour Madagascar en apportant des présents pour le roi. Il devient l'adjoint de Pye, agent commercial britannique à Tamatave. Il arrive à Tamatave le . Le voyage dans Madagascar a duré 28 jours pour arriver à Tananarive, capitale du royaume mérina le .

Dans la deuxième semaine d'août 1817, James Hastie est invité par le roi à participer à un rituel royal, le Fandroana, pour la nouvelle année. Cette participation de James Hastie à cette fête avait pour le roi la volonté de montrer qu'il voulait une alliance avec les Britanniques. James Hastie gagne l'amitié du roi Radama. Ce dernier avait déclaré la guerre à ses voisins. Le , à la suite d'un malentendu, il est entré à Tamatave à la tête de . Le , Jean René trouve prudent de reconnaître la suzeraineté de Radama et signe un traité dans lequel Jean René, « Mpanjakamena » des Betsimisaraka, se désigne lui-même « Roi de Tamatave et Dépendances » et contracte une alliance fraternelle avec Jean René, roi de Tamatave et traite avec bienveillance les commerçants français.