La nécropole de Rabta serait une nécropole punique du VIe siècle av. J.-C., située dans la wilaya de Jijel, en Algérie. Le site est situé sur la plage, à l'ouest de Jijel, et contient environ quarante caveaux rectangulaires mesurant de à , regroupés symétriquement.

Historique La nécropole de Rabta, également connue sous le nom de nécropole de la Pointe Noire, fait partie des ensembles funéraires antiques établis à l'ouest de l'ancienne Igilgili. La nécropole est implantée sur un affleurement rocheux du littoral, dans un secteur situé à l'ouest de la ville de Jijel.

Les premières observations connues remontent à la fin du . Vers 1885, le lieutenant Dufour, alors commandant du cercle de Djidjelli, explore la Pointe Noire et y signale la présence de nombreux caveaux. En 1888, C. Duprat mentionne à son tour des sépultures antiques situées à environ à l'ouest de Djidjelli, sur le bord de la mer.

Les recherches archéologiques prennent une importance nouvelle au début du . Jeannette et Prosper Alquier publient en 1930 une étude consacrée aux tombes phéniciennes de Djidjelli. Leur travail constitue l'une des premières publications archéologiques détaillées consacrées aux nécropoles de la ville et décrit notamment les sépultures et leur mobilier.

Une nouvelle campagne est menée en novembre et décembre 1935 par Myriam Astruc. Ses résultats sont publiés dans la Revue africaine en 1937 sous le titre Nouvelles fouilles à Djidjelli (Algérie).

La notice d'autorité consacrée à la nécropole de la Pointe Noire confirme les campagnes de fouilles des Alquier et de Myriam Astruc, ainsi que l'existence de recherches menées en 1935 par la Casa de Velázquez et l'École des hautes études hispaniques et ibériques.

Description La nécropole se trouve à environ à l'ouest du centre de Jijel, entre la mer et les secteurs urbanisés. Elle occupe un terrain rocheux situé à faible distance du rivage, dont la nature a facilité le creusement des sépultures directement dans le substrat.

La fiche du patrimoine culturel algérien donne au site une superficie de et y recense environ quarante caveaux. Une étude universitaire locale en dénombre environ 42, correspondant aux sépultures recensées par les services locaux de la culture.

Les tombes sont principalement creusées à ciel ouvert dans la roche. Leur plan est généralement rectangulaire et leur organisation suit les affleurements rocheux. La nécropole présente plusieurs formes de sépultures, notamment des caveaux accessibles par un puits muni d'un escalier de trois ou cinq marches, des caveaux simples, des fosses à banquette, ainsi que des puits à escalier dépourvus de chambre funéraire.

L'état de conservation des structures est aujourd'hui variable. Les fosses les plus simples ont presque entièrement disparu et plusieurs caveaux ont perdu leur couverture. L'érosion et l'action des agents extérieurs ont contribué à la dégradation des parties supérieures des sépultures.

Mobilier funéraire Les recherches des Alquier ont livré un mobilier funéraire principalement constitué de récipients en céramique. Dans les premiers caveaux étudiés figuraient notamment de grandes amphores, des amphores de plus petites dimensions, des patères, des plats, des plateaux et des coupes en terre fine. D'autres tombes ont livré des vases, des lampes et des récipients associés aux pratiques funéraires.

L'étude du mobilier distingue plusieurs catégories de céramiques. Certaines sont de fabrication grossière et sont considérées comme probablement locales, tandis que d'autres sont tournées dans une pâte plus fine. Plusieurs formes présentent des rapprochements avec des productions découvertes dans les nécropoles de Gunugu et de Chullu. Des récipients à vernis noir ont également été signalés, certains présentant des traces d'usure ou de réparation.

La céramique témoigne d'une utilisation des objets avant leur dépôt funéraire : certains récipients étaient fortement usés et d'autres avaient été réparés à l'aide de liens métalliques. Ce mobilier fournit également des éléments pour préciser la chronologie de l'utilisation de la nécropole.

La chronologie de Rabta doit toutefois être considérée avec prudence. Les premières attributions faisaient remonter une partie du mobilier aux VIe et Ve siècles av. J.-C., mais les synthèses archéologiques consacrées à Igilgili ont proposé de ramener une partie de cette chronologie au IVe siècle av. J.-C.. Le mobilier atteste en outre une fréquentation qui se prolonge au-delà de cette période. La mention du VIe siècle av. J.-C. dans certaines bases patrimoniales doit donc être comprise comme une proposition de datation du site et non comme une datation certaine de l'ensemble des sépultures.

Le mobilier funéraire découvert à Rabta est notamment conservé au musée national Cirta de Constantine.

Protection et conservation Le site de Rabta est inscrit sur l'inventaire général des biens culturels immobiliers par arrêté du , après avis favorable de la Commission nationale des biens culturels rendu le 12 octobre 2006. Cette inscription a été publiée au Journal officiel no 60 du .

Malgré cette protection, la nécropole demeure exposée à différentes formes de dégradation. La proximité de la mer, l'érosion et l'urbanisation du secteur constituent des facteurs de vulnérabilité pour les sépultures. Des sources consacrées au patrimoine de Jijel signalent également des problèmes liés à l'occupation de l'espace autour du site et à son entretien.

Une opération de nettoyage et de maintenance a été menée sur le site en juin 2020. Elle visait notamment à améliorer l'état général de la nécropole et à préserver ses vestiges archéologiques.

En 2023, la protection et la mise en valeur de la nécropole font encore l'objet de discussions locales. Une étude destinée à renforcer la protection du site est évoquée dans le cadre des travaux consacrés au patrimoine archéologique de la wilaya de Jijel.

Notes et références

Annexes Articles connexes Igilgili Histoire de l'Algérie dans l'Antiquité et le haut Moyen Âge Présence phénicienne dans l'Algérie actuelle Liens externes

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