María Jesús Dasca Penelas, née en à Almenara, dans la province de Castellón et morte en janvier 2007, est militante politique et journaliste espagnole.
Elle est l'une des onze dernières personnes condamnées à la peine de mort par la dictature franquiste.
Jugée par un conseil de guerre sommaire, elle est condamnée à mort le 18 septembre 1975, à l'âge de 20 ans. Sa peine est ensuite commuée en trente ans de réclusion, et elle est finalement amnistiée en 1977, avec l'arrivée de la Transition démocratique.
Origines et militantisme María Jesús Dasca Penelas est originaire d'Almenara, une commune de la province de Castellón, sur la côte méditerranéenne, proche du port de Sagonte.
Dans cette région sont construites de grandes zones industrielles ayant une longue tradition de lutte ouvrière. Très jeune, Dasca Penelas commence à militer à l'UPC, une organisation ouvrière intégrée au Front révolutionnaire antifasciste et patriote (FRAP), avec laquelle elle participe à des actions de protestation et dénonciation des conditions de travail.
En octobre 1972, un groupement de journaliers de la région de Los Valles incendie un entrepôt appartenant à un propriétaire terrien phalangiste pour protester contre leurs déplorables conditions de travail. Pour ce motif, le Tribunal d'ordre public arrête neuf jeunes en les accusant de l'incendie.
Dans ce contexte, face à une persécution policière de plus en plus intense, Dasca, qui a alors 17 ans, fuit sa localité natale et part à Madrid, où elle continue à militer clandestinement au FRAP.
Arrestation, jugement militaire sommaire et peines de mort Après les protestations du premier Mai 1973, au cours desquelles un policier est mort, la persécution contre le FRAP s'intensifie et il y a des arrestations massives, mais Dasca n'est pas arrêtée cette année-là. Elle l'est le 25 août 1975, à l'âge de 20 ans, accusée d'être "responsable" du Parti Communiste et d'avoir été en contact avec la militante du FRAP Concepción Tristán López, arrêtée elle aussi. Dasca passe les neuf premiers jours à la Dirección General de Seguridad (DGS), où elle est torturée par Antonio González Pacheco, surnommé Billy el Niño, et Roberto Conesa.
Selon la documentation de la DGS, María Jesús Dasca Peneles, sous les alias de Berta, Yunka et Sierra, a été secrétaire d'agitation et propagande du comité de Valence et de la Jeunesse Communiste d'Espagne (m-l), le même poste qu'elle a occupé lorsqu'elle s'est installée à Madrid. Il est indiqué qu'elle «a réalisé, planifié et ordonné l'exécution de nombreuses actions subversives», comme l'attaque d'un centre commercial ou le vol de pistolets.
Dasca est déplacée à la prison pour femmes de Yeserias, d'abord, et d'Alcalá de Henares ensuite, toutes deux dans la province de Madrid, aujourd'hui Communauté de Madrid, où elle est mise à l'isolement. Pendant qu'elle est en prison, elle est condamnée à mort par le Conseil de guerre réuni au détachement militaire d'El Goloso lors d'un jugement sommaire les 17 et 18 septembre 1975, en même temps que José Luis Sánchez Bravo, Ramón García Sanz, Manuel Cañaveras de Gracia et Concepción Tristán López, accusés d'avoir participé à la tentative d'assassinat du lieutenant de la Garde civile José Pose Rodríguez, mort le 16 août 1975. María Jesús Dasca a connaissance de sa condamnation à mort alors qu'elle se trouve à l'isolement.
Quelques jours avant, les 11 et 12 septembre, un autre jugement sommaire est prononcé contre les membres du FRAP Vladimiro Fernández Tovar, Manuel Blanco Chivite et Xosé Humberto Baena qui sont également condamnés à mort, accusés, eux, de l'assassinat du policier Lucio Rodríguez. À ces sentences de peine capitale s'ajoutent celles de trois membres d'ETA. Deux à Burgos le 28 août, à l'endroit de José Antonio Garmendia Artola et Ángel Otaegui Echevarría, et une troisième le 19 septembre, pour Juan Paredes Manot, “Txiqui”. Au total onze condamnations à mort, dont six sont par la suite commuées en trente ans de prison et cinq autres exécutées le 27 septembre 1975, les dernières de la dictature franquiste.
Jugement Pendant le procès, les avocats défenseurs, qui ont reçu la sentence du juge militaire la veille, sont expulsés de la salle sous la menace d'une arme et remplacés par des militaires. Les accusés ont reconnu appartenir au FRAP mais nié leur participation à l'assassinat et de plus ont dénoncé avoir subi des pressions. En ce qui concerne Dasca, une recherche sur les femmes militantes du FRAP réalisée par une historienne de l'Université d'Alicante recueille le témoignage de Francisca Sauquillo, avocate suppléante. Celle-ci signale que lors du procès il a été allégué que les deux femmes arrêtées étaient enceintes, comme stratégie pour sauver leurs vies, au nom de la norme en vigueur alors en Espagne qui établit que les condamnées à mort ne peuvent pas être exécutées avant l'accouchement.
Cependant, la même recherche, se basant sur d'autres sources, indique que la volonté de Dasca est d'adopter une ligne de défense différente:
Pression sociale et médiatique contre les sentences Les sentences de peine de mort émises en septembre 1975 déchaînent une intense pression sociale, diplomatique et médiatique dans le monde pour éviter les exécutions. Des gouvernements, organisations internationales, personnalités publiques et collectifs sociaux ont exprimé leur refus, ce qui a contribué à l'isolement extérieur du régime franquiste dans ses derniers mois.
Dans le cas de María Jesús Dasca Penelas, sa peine est commuée en réclusion majeure par le Conseil des Ministres franquiste en septembre 1975. Cette décision est liée à ce que, de même que pour sa camarade Concepción Tristán López, la défense allègue qu'elle est enceinte. Ensuite, après la mort du dictateur Franco le 20 novembre 1975, et avec le début du processus de transition politique, beaucoup de des condamnations imposées en conseils de guerre sont révisées et finalement annulées, ce qui permet son amnistie en 1977.
Sortie de prison María Jesús Dasca Penelas est libérée en 1977 dans le cadre des mesures d'amnistie politique pendant la Transition démocratique. Sa libération a lieu à la suite de l'approbation de la Loi d'Amnistie et elle est accompagnée, comme dans d'autres cas similaires, par des arrêtés de grâce individuelle destinés à fermer les dossiers pénaux hérités de la dictature franquiste.
Après avoir été remise en liberté, Dasca rentre à sa localité natale, Almenara, où elle est reçue par des centaines d'amis, voisins et militants de gauche. Elle fait des études de journalisme et opte pour une vie éloignée de l'activité politique et de l'exposition publique.
Elle meurt en janvier 2007, à l'âge de 52 ans.
Références
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