François Girot de Langlade, aussi appelé François de Langlade, né le 28 mars 1904 à Paris et mort le 31 août 1991 à Genolier, est un planteur, officier de la France libre et administrateur de sociétés. Pendant la Seconde Guerre mondiale, une notice de la Fondation de la France libre le présente comme représentant du général de Gaulle auprès du commandement allié en Asie du Sud-Est.

Établi avant la guerre en Malaisie britannique, il rejoint la France libre en juin 1940. Pendant la guerre, il exerce des fonctions de liaison et d’action en Extrême-Orient : Nicole Bensacq-Tixier le présente notamment comme délégué politique et responsable de la Section de liaison française en Extrême-Orient à Calcutta, tandis que d’autres sources le situent auprès du commandement allié de Louis Mountbatten en Asie du Sud-Est. Biographie Origines familiales François Girot de Langlade naît le 28 mars 1904 dans le .

Il appartient à la famille Girot de Langlade, famille auvergnate originaire d’Issoire, dans le Puy-de-Dôme.

Son frère aîné, Paul Girot de Langlade, est général de division et figure de la 2e division blindée pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il épouse le 26 novembre 1931, à Issoire, Marie-Josèphe Alice Françoise de L'Hermite de La Rivière, issue de la famille de L'Hermite.

Divorcé, il est remarié à Paris, en juin 1949, avec Sheila Kathleen Douglas.

Carrière Avant la Seconde Guerre mondiale, François Girot de Langlade, également mentionné sous le nom de François de Langlade, est établi en Malaisie britannique. À partir de 1932, il travaille comme planteur d’hévéas pour les Plantations des Terres-Rouges. Installé à Kuala-Lumpur avec sa famille, il y voit naître plusieurs de ses enfants entre 1933 et 1937. L’entrée en guerre de la France et l’effondrement de 1940 interrompent cette trajectoire civile.

France libre en Extrême-Orient Après l’Appel du 18 Juin, il fait partie d’un groupe de Français de Malaisie, avec notamment le lieutenant-colonel Tutange, Pierre Boulle, Léonard et Iribarne, qui se rallie à la France libre et participe à la création, à Singapour, du Comité de libération de Malaisie. Ce comité mène des actions de propagande et de renseignement militaire, économique et politique en Asie du Sud-Est, notamment en Indochine française, au profit de la France libre et des Britanniques. Les membres du comité suivent également une formation en pleine jungle, dans un centre d’entraînement du Secret Intelligence Service britannique, appelé Force 136 (qui deviendra la force 316 dans Le Pont de la rivière Kwaï). Ils y apprennent le maniement des explosifs et la manière d’égorger une sentinelle.

Langlade crée un fonds destiné à soutenir les Forces françaises libres, ouvert auprès d'une succursale de la Merchant Bank of India. Quelques mois plus tard, un télégramme du général de Gaulle transforme ce fonds en Comité de la France libre à Singapour et désigne Langlade comme représentant de la France libre dans la ville.

Des documents du Special Operations Executive (SOE) montrent qu’à l’été 1941 les services britanniques examinent son emploi dans une capacité militaire en Extrême-Orient. Une demande de vérification adressée au MI5 le 21 juillet 1941 mentionne François de Langlade, alors directeur des domaines de la Socfin à Kuala Lumpur, comme susceptible d’être employé comme chef militaire en Extrême-Orient. Le MI5 répond quelques jours plus tard qu’aucun élément défavorable n’est relevé à son sujet.

En juillet 1941, il se rend clandestinement à Saïgon, au moment même où l’occupation japonaise du Sud de l’Indochine commence. Il rencontre Camille Huchet et William Bazé, directeur des Hévéas de Xuan-Lôc, afin de tenter d’établir une liaison permanente entre la Cochinchine, Singapour et la France libre. Selon Pierre Boulle, qui travaille alors avec lui à Singapour, Langlade séjourne près d’un mois en Indochine, où il établit plusieurs contacts, avant d’être exfiltré par les services britanniques dans la baie d’Along.

Cette première tentative de liaison avec l’Indochine précède son rattachement au dispositif de la France libre en Chine. Selon l'historienne Nicole Bensacq-Tixier, François de Langlade fait ensuite partie du groupe d’anciens planteurs français de Malaisie engagé dans les Forces françaises libres autour de la mission conduite fin 1941 par Jean Escarra auprès du gouvernement nationaliste chinois de Tchang Kaï-chek. Cette mission vise à obtenir des appuis politiques chinois pour la France libre et à organiser, depuis la Chine du Sud, des liaisons et du renseignement vers l’Indochine occupée par le Japon.

Peu de temps avant la chute de Singapour en février 1942, le Comité français de Libération de Malaisie se replie en Chine et prend le nom de Mission militaire française en Chine. Selon Pierre Boulle, le dispositif placé sous les ordres de Langlade comprend également des services de renseignement sur l'Indochine dirigés par Thierry Barre à Kunming et par Léonard à Tchoung-King Le passage reproduit l'émission Pierre Boulle raconte, diffusée le 4 janvier 1980.. Langlade et Boulle cherchent à entrer en contact avec les Français de la péninsule. Au printemps 1942, ils mettent sur pied la Mission indochinoise, camouflée en mission du Colonial Office britannique, depuis le poste de douane de Mong Tseu (Mengzi, en Chine). Pierre Boulle et Langlade se font passer pour des sujets britanniques, conseillers techniques du gouvernement chinois : Boulle prend l'alias Rule, Langlade celui de Long. Mais Langlade est convoqué à Londres et Pierre Boulle entreprend finalement seul la mission clandestine d'infiltration en Indochine. Arrêté au Tonkin, puis condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour martiale de Hanoï, il restera détenu pendant plus de deux ans. Boulle, qui deviendra plus tard l’auteur du Pont de la rivière Kwaï et de La Planète des singes, évoquera cette période dans Aux Sources de la Rivière Kwaï (1966), son livre de souvenirs.

Services spéciaux de la France libre en Extrême-Orient En août 1942, François de Langlade est donc appelé à Londres par le général de Gaulle. Il rejoint alors le dispositif de renseignement et d’action de la France libre pour l’Extrême-Orient, dans le prolongement de ses missions menées depuis 1941 en Asie du Sud-Est. Il est rattaché au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) où une section est chargée d’organiser les liaisons politiques, militaires et clandestines avec les réseaux français d’Indochine. À ce titre, il intervient dans les questions de renseignement, de sécurité militaire et de préparation de l’action française dans la région.

En mars 1943, il arrive à Meerut, en Inde, où le Special Operations Executive dispose avec le ME9 d’un centre lié notamment à la formation aux transmissions et à la préparation opérationnelle des agents destinés au théâtre asiatique. Il se voit confier la direction de la French Indochina Country Section, service Action de ce qui deviendra la Section de liaison française en Extrême-Orient (SLFEO), mise pour emploi auprès de la Force 136 britannique. Cette structure est chargée de préparer les liaisons, les opérations clandestines, les missions de renseignement et l’appui aux réseaux français appelés à opérer en Indochine.

En juin 1943, un document du SOE indique que le capitaine Girot de Langlade est requis d’urgence à New Delhi afin d’assumer des fonctions dans les opérations du SOE vers l’Indochine et de servir d’officier de liaison entre les missions militaires britannique et française. Des télégrammes de juin-juillet 1943 le présentent ensuite comme officier de liaison avec les Français libres dans la zone Inde-Chine, circulant entre Calcutta, Chungking, Meerut et les bureaux britanniques chargés des opérations en Extrême-Orient.

En juillet 1943, une source le situe à Calcutta, sous contrôle britannique du South East Asia Command et rattaché au Ministry of Economic Warfare, couverture des services spéciaux britanniques. Une notice de la Fondation de la France Libre le présente comme représentant du général de Gaulle auprès de l’amiral Lord Louis Mountbatten, commandant en chef allié pour l’Asie du Sud-Est.

Missions en Indochine Langlade prend la direction de la Section de liaison française en Extrême-Orient (SLFEO) en 1944. En mars 1944, il est convoqué à Alger par le général de Gaulle, qui décide de l’envoyer en Indochine comme émissaire auprès de l’amiral Jean Decoux. Sa mission porte notamment sur l’unification de la Résistance intérieure indochinoise et sur la préparation d’une intervention française en liaison avec les forces alliées.

Le 5 juillet 1944, il est parachuté près de Lang Son avec le commandant Milon et un opérateur radio, le sergent-chef Marmont, dans le cadre d’une opération menée avec la Force 136 britannique. Selon Ferdinand Michel, il s’agit du premier parachutage effectué par des avions de la Force 136 à plus de 3 000 kilomètres de leur base de Calcutta.

Arrivé à Hanoï, Langlade est reçu par le général Mordant et le général Aymé, mais ne parvient pas à rencontrer l’amiral Decoux. Sa mission devient alors principalement une mission d’information sur l’état de la Résistance en Indochine, qu’il décrit comme divisée entre plusieurs réseaux travaillant avec des interlocuteurs différents, français, chinois, américains ou britanniques.

Après son retour par la Chine et Calcutta, il rend compte de sa mission au général de Gaulle le 27 aout 1944 à Paris. Il insiste notamment sur le mauvais état d’équipement des troupes françaises d’Indochine et sur la nécessité de parachuter des armes, des munitions et du personnel technique. Il explique également pourquoi le général Mordant lui paraît être le seul responsable susceptible d’être accepté comme délégué du Gouvernement provisoire pour l’Indochine. Selon Nguyen Cao Duc, alors que Langlade rend compte de sa première mission au général de Gaulle, celui-ci lui demande : Avez-vous vu Decoux ? Non, alors retournez-y !

Le 15 novembre 1944, il retourne donc clandestinement en Indochine, cette fois par avion Lysander, qui se pose à Diên Biên Phu. L’amiral Decoux le reçoit finalement le 19 novembre 1944. Cette rencontre intervient dans un contexte de tension institutionnelle: le mois précédent, le général Aymé avait informé Decoux que le général Mordant était désormais placé à la tête de la Résistance en Indochine et reconnu comme délégué général du Gouvernement provisoire, ce qui modifiait l’équilibre des pouvoirs au sein de l’administration française de cette colonie.

Langlade joue un rôle ambigu dans la transmission des instructions adressées par le général de Gaulle à l’amiral Jean Decoux. Selon l'historienne Nicole Bensacq-Tixier, le télégramme transmis à Decoux aurait été substantiellement modifié par Langlade, qui refusait de communiquer à l’amiral des instructions lui reconnaissant des pouvoirs que la Résistance française en Indochine n’aurait pas acceptés, en raison de la politique vichyste suivie par Decoux. Sommé par le Comité d’action pour l’Indochine de restituer le texte initial, Langlade aurait refusé, se sachant couvert par de Gaulle. L’épisode s’inscrit dans les tensions entre Decoux, maintenu provisoirement à la tête de l’Indochine, et l’organisation clandestine confiée au général Eugène Mordant.

C'est durant cette mission que Langlade retrouve à Hanoï Pierre Boulle, son ancien adjoint en Malaisie. Les deux hommes ne s’étaient pas revus depuis l’été 1942, lorsque Langlade avait été rappelé à Londres et que Boulle avait poursuivi seul une mission clandestine en Indochine. Arrêté au Tonkin puis condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour martiale de Hanoï, Boulle était resté détenu pendant plus de deux ans avant de s’évader. Langlade organise alors son évacuation vers Kunming le 8 décembre 1944.