La bataille de Bint Jbeil est un affrontement armé qui a eu lieu dans le cadre de la guerre entre Israël et le Hezbollah de 2026, elle-même inscrite dans le contexte plus large de la guerre d'Iran de 2026. Les combats ont débuté le , coïncidant avec le deuxième jour du cessez-le-feu dans la guerre contre l'Iran, et s'inscrivant dans une offensive israélienne plus vaste contre le Hezbollah, incluant les attaques du au Liban et d'autres opérations dans le sud du LibanLe calendrier de l'offensive a fait l'objet de controverses. L'Iran, le Pakistan et le Hezbollah ont affirmé que le cessez-le-feu s'étendait au Liban et ont qualifié les opérations israéliennes de violations de l'accord. À l'inverse, Israël et les États-Unis ont soutenu que le cessez-le-feu ne s'appliquait pas au front libanais et ont donc considéré la poursuite des opérations militaires contre le Hezbollah comme légitime.
Cette bataille fut l'un des principaux champs de bataille du Sud-Liban après le cessez-le-feu. Elle s'inscrivait dans le cadre de l' annoncée par le ministre de la Défense israélien, Israël Katz.
Contexte
Importance de la ville de Bint Jbeil La ville revêt une grande importance symbolique pour les deux camps. C'est là qu'Hassan Nasrallah a prononcé un discours de victoire après la fin de l'occupation israélienne du Sud-Liban en 2000. Elle est également connue comme la « capitale de la résistance » au Sud-Liban (et la « capitale du terrorisme » selon Israël) , et comme le lieu où le Hezbollah a vaincu Tsahal lors de la Bataille de Bint Jbeil en 2006. Le chef du bureau d'Al Jazeera au Liban a écrit qu'une victoire israélienne dans cette ville pourrait renforcer l'image publique de Benyamin Netanyahou et démontrer des progrès accomplis dans la création d'une zone tampon ou l'annexion des territoires au sud du fleuve Litani.
La ville revêt également une importance stratégique, car son contrôle assure celui des collines environnantes qui offrent une vue imprenable sur le sud du Liban. Israël a également déclaré qu'avant la bataille, le Hezbollah avait renforcé sa présence dans la ville et y avait stocké des armes.
Début des hostilités Durant cette campagne, des frappes américaines et israéliennes ont tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei. Après la confirmation iranienne de sa mort le mars, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a juré de riposter et de « faire notre devoir de faire face à l’agression », déclarant que le Hezbollah ne quitterait pas « le champ de l’honneur de la résistance ».
Le 2 mars, le Hezbollah a lancé plusieurs roquettes sur le nord d'Israël, sa première attaque de ce type depuis le cessez-le-feu de 2024, visant un site de défense antimissile près de Haïfa. Le groupe a décrit l'attaque comme un « acte défensif » destiné à contraindre Israël à cesser ses opérations au Liban et à se retirer des zones occupées, affirmant qu'elle n'avait aucun lien avec la guerre contre l'Iran.
Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont déclaré avoir intercepté un projectile, tandis que d'autres ont atterri en zone non bâtie. En représailles, Israël a mené des frappes aériennes nocturnes à Beyrouth et dans le sud du Liban, ordonnant l'évacuation de dizaines de localités. Les FDI ont affirmé que les frappes visaient des hauts responsables du Hezbollah et ses infrastructures. Elles ont ensuite annoncé la mort du chef du renseignement du Hezbollah, Hussain Makled, tandis que les premières informations laissaient entendre que d'autres hauts dirigeants auraient également pu être visés.
Cessez-le-feu dans la guerre contre l'Iran et opération Ténèbres éternelles Le Pakistan a joué un rôle de médiateur dans le cessez-le-feu de la guerre contre l'Iran de 2026 et a affirmé que le Liban y était inclus, suspendant ainsi temporairement les hostilités pendant deux semaines. Peu après, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou ainsi que le président américain Donald Trump, ont démentis cette affirmation. De l'autre côté, le Pakistan et l'Iran ont insisté sur le fait que le Liban était partie prenante du cessez-le-feu, au même titre que d'autres pays comme la France et l'Égypte.
Israël a rapidement lancé l'opération Ténèbres éternelles et a frappé divers sites au Liban lors de ce qui a été défini comme les attaques les plus importantes depuis le début de la guerre.
Mobilisation israélienne majeure Le front libanais est considéré comme le front le plus important de cette guerre par Israël. Israël mène donc la mobilisation la plus importante depuis la guerre de Gaza.
Conséquences Au 28 avril 2026, l'impact de la guerre est visible sur la ville de Bint Jbeil : environ 90 % de sa zone urbaine est détruite ou gravement endommagée. Les sites du patrimoine culturel ne sont pas épargnés, les terres agricoles sont devenues infertiles et inutilisables à cause des armes incendiaires et du phosphore blanc (arme illégale), et les infrastructures sanitaires et éducatives étaient anéanties. L’approvisionnement en eau est également devenu impossible, réduisant la ville à un amas de ruines. La population avait été déplacée de force, ne laissant pratiquement plus aucun habitant.
Le Liban a donc accusé Israël d'urbicide. Des municipalités ont également mentionné l'accusation d'écocide et de domicide. Ces accusations sont employés dans l'ensemble du territoire libanais occupé par Israël.
Le 11 mai, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a décrit la situation de Bint Jbeil comme étant semblable à celle de la Bande de Gaza après la guerre de Gaza.
Réactions
Israël Lors de sa visite à Bint Jbeil pendant la bataille, le chef du commandement Nord, le major général Rafi Milo, a déclaré que les affrontements pouvaient être considérés comme « un processus opérationnel important ».
Liban Le député libanais Hassan Fadlallah a commenté la bataille en soulignant la « résistance » de la ville et en déclarant que « le gouvernement libanais est indifférent à ce qui se passe dans le Sud et l’ont abandonné ; seuls les combattants de la résistance le défendent ».
La veille du début de la bataille, le Hezbollah avait riposté en faisant référence aux frappes qui avaient eu lieu à Beyrouth ; cependant, dès le début des combats dans la ville, la riposte s'est concentrée sur la bataille elle-même.
Mohamad Ali El Husseini, secrétaire général du Conseil arabo-islamique au Liban, a commenté que la forme, la complexité et la brutalité de la bataille lui rappelaient la bataille de Stalingrad.
Après le cessez-le-feu, le commandant de l'armée libanaise, le général Rodolph Haykal, s'est rendu au quartier général voisin du 5e régiment d'intervention à Kfar Dounine et les a félicités pour leur professionnalisme lors des affrontements.
FINUL Les Forces de Défense irlandaises opérant dans une base de la FINUL connue sous le nom de Camp Shamrock ont déclaré que « toutes les mesures de protection des forces nécessaires continuent d'être observées », la base elle-même soulignant toutefois que les affrontements représentaient une menace de dommages collatéraux pour la base.
International Le journal italien Il manifesto a défini la bataille comme étant plus importante que les pourparlers libano-israéliens prévus à Washington DC à peu près au même moment où la bataille se déroulait.
Références
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