La corruption au Togo désigne l'ensemble des pratiques de corruption, de clientélisme, de népotisme, de détournement de fonds publics et d'abus de pouvoir observées dans la vie politique, l'administration publique et certains secteurs économiques du Togo.
Malgré les efforts engagés pour promouvoir le développement économique et améliorer la gouvernance, elle demeure un problème important dans le pays. Plusieurs rapports d'organisations internationales, notamment ceux de Transparency International, soulignent les difficultés persistantes rencontrées par le Togo dans la lutte contre la corruption.
Népotisme et corruption
Le paysage politique togolais, marqué par une longue période de pouvoir exercé par la famille Gnassingbé, est régulièrement associé à une culture de patronage, de clientélisme et de népotisme, au détriment de la méritocratie. Le pays est dominé par cette famille depuis l'arrivée au pouvoir de Gnassingbé Eyadéma en 1967, puis par celle de son fils, Faure Gnassingbé, à partir de 2005.
Cette concentration du pouvoir est considérée par plusieurs observateurs comme un facteur d'institutionnalisation du népotisme au sein des institutions publiques, où des membres de la famille présidentielle, des proches et des alliés politiques peuvent être nommés à des postes stratégiques de l'État.
Le système népotique est également présenté comme favorisant une corruption généralisée, certains responsables publics étant accusés de privilégier leur enrichissement personnel au détriment du service public. L'un des exemples récents les plus commentés concerne la gestion des fonds destinés à la riposte contre la COVID-19. La Cour des comptes du Togo a relevé des irrégularités dans l'utilisation de fonds affectés à la lutte contre la pandémie, portant notamment sur un montant de 21,8 millions de dollars.
Le pouvoir exercé par un cercle politique restreint est aussi accusé d'avoir favorisé un système de clientélisme dans lequel certains contrats publics lucratifs seraient attribués à des entreprises proches du pouvoir. L'affaire du Groupe Bolloré est souvent citée à ce sujet : des dirigeants du groupe ont été mis en cause en France dans une enquête portant sur des soupçons de financement politique en lien avec l'obtention de concessions portuaires en Afrique de l'Ouest, dont celle du Port autonome de Lomé.
Ce système est également critiqué pour ses effets sur l'indépendance du pouvoir judiciaire et des forces de l'ordre. Les affaires de corruption transmises aux autorités judiciaires sont parfois considérées comme insuffisamment poursuivies ou abandonnées, ce qui alimente les critiques sur les faiblesses du système de responsabilité publique.
Système judiciaire
Le népotisme et le clientélisme sont exacerbés par un système judiciaire considéré comme vulnérable aux pressions extérieures, notamment celles de l'exécutif. Cette situation est évoquée dans les critiques portant sur la détention provisoire prolongée d'opposants politiques et sur l'impunité supposée de certaines personnalités proches du pouvoir.
Des cas de corruption et de favoritisme sont également signalés au sein du système judiciaire. Les personnes disposant de ressources financières importantes ou de relations politiques seraient parfois avantagées dans certaines procédures. Un rapport de la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées indique que les magistrats figurent parmi les acteurs publics les plus souvent perçus comme exposés à la corruption.
La corruption dans le secteur public touche aussi l'accès aux services administratifs. Une enquête publiée en 2015 indique que 26 % des Togolais interrogés déclaraient avoir versé un pot-de-vin pour accéder à des services publics. Les entreprises peuvent également être confrontées à des demandes de paiements informels pour faciliter certaines démarches administratives.
Cadre anticorruption
Le Togo dispose d'un cadre juridique destiné à prévenir, détecter et sanctionner les pratiques de corruption. Le pays a ratifié la Convention des Nations unies contre la corruption en 2005, puis la convention de l'Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption quatre ans plus tard.
En 2015, un nouveau Code pénal est adopté. Il comprend des dispositions relatives à la prévention et à la répression de la corruption. Ce dispositif est complété par des mesures concernant l'accès à l'information publique et par l'adoption d'une loi rendant obligatoire la déclaration de patrimoine pour certains agents publics.
La Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées est chargée de contribuer à la prévention et à la lutte contre la corruption. Toutefois, l'efficacité de ces dispositifs est régulièrement mise en cause en raison de la faiblesse des mécanismes d'application, du manque d'indépendance institutionnelle et de l'influence des élites politiques.
Bien que des responsables publics aient été poursuivis ou condamnés pour corruption, ces cas restent relativement rares et concernent souvent des personnalités politiquement affaiblies ou tombées en disgrâce.
Classements internationaux
Dans l'indice de perception de la corruption 2024 de Transparency International, le Togo obtient un score de 32 sur 100, sur une échelle allant de 0, correspondant à un niveau de corruption perçu comme très élevé, à 100, correspondant à un secteur public perçu comme très intègre. Le pays est classé sur 180 pays et territoires évalués.
À titre de comparaison régionale, le meilleur score parmi les pays d'Afrique subsaharienne est de 72, la moyenne régionale de 33 et le score le plus faible de 8.
À l'échelle mondiale, le meilleur score est de 90, la moyenne mondiale de 43 et le score le plus faible de 8.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes
Corruption Politique au Togo Droit togolais Économie du Togo Transparency International Indice de perception de la corruption Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées Port autonome de Lomé Groupe Bolloré
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