Saint François de Paule, né le à Paule (en italien Paola), en Calabre (Italie), et mort le au couvent des Minimes de Plessis-lès-Tours, est un religieux ermite italien, thaumaturge, fondateur de l'ordre des Minimes. Liturgiquement, il est commémoré le .
Biographie Sa famille
François de Paule est le fils de Jacques (Giacomo) Martolilla de Salicon (1370-1465)Martolilla veut dire, propriétaire terrien. En français on dit « Martotille » ou Martorel. (Godescart, cité par Héraldique et Généalogie). et de Vienne de FuscaldoDes seigneurs de Chastel-Fourgatel., une femme originaire de L’Appunto di Fuscaldo, un couple de propriétaires terriens, catholiques très croyants. Ils se marient en 1401 et n'ont pas d'enfant pendant de longues années. Déjà d'un âge avancé, ils ont recours à l'intercession de saint François d'Assise. Ils prénomment leur aîné, le futur saint, Francesco. Ils ont deux autres enfants, dont une fille Brigida.
Un enfant malade et religieux Âgé de deux mois à peine, Francesco contracte une forme grave d’infection à un œil, risquant de devenir aveugle. Toute sa famille prie à nouveau saint François d'Assise et sa mère fait le vœu, en cas de guérison, d'envoyer son fils pour un an comme oblat dans un couvent franciscain. Il guérit très vite.
Dès son plus jeune âge, Francesco a une vie spirituelle déjà très marquée. C’est un adolescent humble, docile et obéissant. À l’âge de treize ans, il respecte la promesse faite par ses parents et se retrouve au couvent franciscain de San Marco Argentano (province de Cosenza), où il reste un an, comme promis par ses parents. Dès son entrée, il se signale par un penchant mystique qui l’accompagnera toute sa vie.
Pèlerin, ermite, supérieur général… thumb|left|185px|Portrait présumé de vie, peut-être le seul, église de San Francesco di Paola, Montalto Uffugo (Calabre). thumb|right|Saint François de Paule, Jean Bourdichon, (1507). En 1430, à l'âge de 14 ans, il fait avec sa famille, un long pèlerinage à Assise, mais aussi à Loreto, Rome, l'abbaye du Mont-Cassin, et au Mont Luco. Le faste de la « ville éternelle » lui déplaît alors que les rencontres avec les anachorètes qu'il croise sur son chemin le marquent. Il fait remarquer à un cardinal que Jésus n'avait pas eu d'habits aussi somptueux que lui.
Rentré à Paule, il commence à vivre en ermite, dans un endroit inaccessible, le Patrimoine, propriété de sa riche famille. Sa vie dans le dénuement émerveille les habitants de sa ville natale. Dans sa grotte, il reçoit la visite d'un faon poursuivi par des chasseurs. Miraculeusement, il l'apprivoisa et convertit les chasseurs qui devinrent ses premiers « frati » (frères). C'est ainsi qu'à partir de 1435, il est rejoint par d'autres fidèles, attirés par sa renommée de sainteté, qui s'associent à ce mode de vie. Ils le reconnaissent comme leur guide spirituel.
Avec ses douze premiers compagnons, Francesco construit une chapelle et trois dortoirs, site que l'on peut voir aujourd'hui au sanctuaire Saint-François-de-Paule. Il fonde avec eux un ordre religieux, qu'il nomme « les Minimes », c'est-à-dire les tout petits. Ils font vœu d'humilité, se livrent surtout à l'exercice de la charité. On les appelle « les ermites de saint François d'Assise ». Jamais fondateur d'ordre n'a commencé à l'être à cet âge : François de Paule n'a que dix-neuf ansDictionnaire universel des sciences morale, économique, politique et diplomatique; ou… Par Jean-Baptiste-René Robinet, Réd Robinet, .
Aux premières adhésions s'en ajoutent beaucoup d'autres. Elles sont si nombreuses que le , le nouvel archevêque de Cosenza, Pyrrhus Caracciolo, accorde son approbation pour fonder un oratoire, un monastère et une église. L'édification du monastère est l'occasion pour les nobles de sa ville de lui manifester leur estime profonde. Ils travaillent de leurs mains pour en hâter la construction.
Devise : "Charité" François de Paule est généralement représenté avec, dans le ciel, à côté de sa tête, le mot latin "Charitas" dans un cercle rayonnant.
Un jour, selon les mémoires de Jean de Milazza, l'un de ses disciples, l'archange saint Michel lui apparut dans un grand éclat et lui présenta un cartouche environné de rayons, comme une gloire de St Sacrement contenant le mot "CHARITAS" (charité) écrit en lettre d'or sur fond d'azur, lui ordonnant de prendre ce signe comme armes et blason pour son ordreLes Petits Bollandistes, Tome 4, 1876, au 2 Avril. La "Vie" du saint occupe les pages 135 à 171 ; l'anecdote se trouve .
La reconnaissance pontificale thumb|190px|Statue de saint François de Paule à Bormes-les-Mimosas.
La réputation de sainteté de Francesco se répand rapidement, au point qu'en 1467 le pape Paul II envoie à Paule son émissaire, Baldassarre De Gutrossis, pour avoir des nouvelles de l'ermite calabrais. Rentré à Rome, l'envoyé pontifical présente un rapport sur la vie de prière et d'austérité qui règne dans ce monastère. Le , quatre cardinaux signent la lettre qui accorde l'indulgence à ceux qui ont contribué à la construction de l'église du monastère de Paule, ainsi qu'à ceux qui l'ont visitéeSaint François de Paule, ermite et Fondateur. Fête le 2 avril, réflexion chrétienne..
En 1470, commence le processus canonique pour l'approbation du nouvel ordre d'ermites. La cause du paolano est défendue par Baldassarre da Spigno. Le , le pape Sixte IV reconnaît le nouvel ordre officiellement avec la dénomination : « Congregazione eremitica paolana di San Francesco d'Assisi ». La reconnaissance de la règle d'extrême austérité vient avec le pape Alexandre VI, en concomitance avec le changement du nom en celui encore actuel, d'« Ordre des Minimes ».
François ne change pas de vêtements et porte une robe de bure, comme ses parents avant-lui. Le futur saint ne se rase pas. Il erre sur les chemins rocailleux de Calabre et de Sicile, sans chaussures et couche à même le sol. L'ermite ne mange qu'une fois par jour, après le coucher du soleil, et pratique un régime végétalien. Il passe de nombreux carêmes entiers sans manger. Son corps, très odoriférant, sent l'ambre gris ou le musc, selon ses fidèles.
Les nouveaux monastères Avec cette approbation, les ermitages, sur le modèle de celui de Paule, deviennent nombreux en Calabre et en Sicile. L'Annonciade à Paterno Calabro, en 1472, Spezzano della Sila, en 1474, la Très-Sainte-Trinité à Corigliano Calabro, en 1476, Jésus et Marie à Cortone, et Milazzo, en 1480, sont les plus actifs.
Francesco devient, donc, un point de référence essentiel pour les catholiques et pour les pauvres de sa terre natale. À lui, ils s'adressent pour des conseils de caractère spirituel, mais aussi pour des conseils sur leur vie matérielle.
Le royaume de Naples est à cette époque sous domination des Aragonais qui avaient instauré un « régime colonial » au détriment de la population. C'est dans ce contexte historique que François de Paule s'est donné la mission de diffuser la foi chrétienne.|date=.
Les miracles Selon l'enseignement de la tradition catholique relatée dans les Acta Sanctorum, les phénomènes surnaturels attribués à Francesco ne manquent pas.
Enfant, il déposait avec ses doigts des charbons ardents dans l'encensoir sans se brûler. Par la suite, il fait la prophétie que la ville d'Otrante va tomber aux mains des Turcs en 1480, puis être reconquise par le roi de Naples. Puis François de Paule ressuscite, dit-on, sept morts.
On lui attribue aussi : la guérison d'un garçon atteint d'une plaie incurable à un bras, guérie avec des herbes communes banales ; des aveugles qui voient, des lépreux et des malades mentaux guéris ; la délivrance de la peste du village de Bormes (Var) en 1481La chapelle qui lui est dédiée à Bormes-les-Mimosas contient un long descriptif de cet épisode., il délivra aussi Fréjus de la peste en 1482, les habitants y célèbrent une bravade en son honneur chaque année depuis lors le jaillissement miraculeux d'une source du Cucchiarella, qu'il fait jaillir en frappant avec un bâton une roche, près du couvent de Paule ; les « pierres du miracle » qui restent en équilibre instable au lieu de tomber sur le couvent ; la traversée du détroit de Messine sur son manteau étendu, après que le patron de barque Maso lui a refusé de le faire passer avec quelques disciples gratuitementla traversée du détroit de Messine sur le site La tribune de l'art. En raison de ce miracle, il est déclaré en 1943 patron des marins italiens.
À la cour de Louis XI 200px|thumb|left|Le roi de France Louis XI accueillant saint François (église Saint-Nicolas de la Villa, Cordoue). À partir de 1481, François vit à la cour de Ferdinand de Naples. Mais comme celui qu'on surnomme désormais « le saint homme » a la réputation d'opérer des guérisons miraculeuses, il ne va pas pouvoir regagner Paule. Les marchands napolitains parlent de ses miracles à Louis XI, roi de France, dangereusement malade et dont les jours sont comptés. Le roi, qui auparavant croyait prolonger ses jours en s'entourant de reliques, espère être guéri par ses prières. Le souverain écrit au pape Sixte IV, qui envoie deux brefs à FrançoisDictionnaire universel des sciences morale, économique, politique et diplomatique; ou… Par Jean-Baptiste-René Robinet, Réd Robinet, pour lui ordonner d'aller en France. Il obéit à ce commandement.
Le pape et le roi de Naples veulent renforcer les rapports fragiles avec la grande puissance de l'époque, la France. Leur but est de trouver un accord pour abolir la Pragmatique Sanction de Bourges de 1438. Ils doivent convaincre François de laisser sa terre natale et d'abandonner son style de vie austère pour la cour de France.
Au cours de son voyage, le petit navire qui le conduit d'Ostie à Marseille est attaqué par des pirates, et essuie une tempête. Arrivé très miraculeusement à Marseille, notre ermite ne peut débarquer, car la Provence est ravagée par la peste. Refoulé aussi à Toulon, il réussit à débarquer à Bormes. Il y soigne les malades par l'apposition des mains. Il fait de nouveaux adeptes, ainsi qu'à Fréjus, où il crée le couvent Notre-Dame-de-la-Pitié.