Au printemps, également connue sous le titre Faust et Marguerite, est une peinture à l'huile sur toile de François-Alfred Delobbe présentée au Salon de 1877, au palais des Champs-Élysées., ainsi qu'au Salon de Gand la même année.. Internationalement diffusée en photoglyptie par Goupil & Co, elle fait partie des peintures populaires de Delobbe. à la fin du .. Il en existe une variante de dimensions plus modestes..
Le contexte du Salon de 1877 Delobbe est un maître Hors-Concours, depuis deux ans il n'a plus besoin de passer par le jury pour entrer au Salon. Auréolé du succès de Pyrame et Thisbé (1875), reconnu pour sa La Vierge et l'Enfant Jésus de 1876, diffusé par Goupil, et présent dans plusieurs musées nationaux. Avoir avoir alterné les genres durant les précédentes éditions, portraits, orientalisme, scène bretonnes, peinture historique, mythologique et puis religieuse, il revient avec une scène de genre pastorale, sentimentale, idéalisée, printanière au sens pictural du terme. En plus de ce tableau, il présente également le Portrait d'une mademoiselle ***..
L’identification Faust et Marguerite Absolument rien dans les sources primaires (Salon de 1877, catalogue, critiques, photoglypties Goupil) ne relie ce tableau à Goethe. Le titre Faust et Marguerite apparaît plus d’un siècle plus tard, en 2017 dans une vente aux États-Unis où l’expert ne connaissait ni l'histoire du tableau au Salon, ni les photoglypties Goupil, ni les usages littéraires de Delobbe.. Le seul titre authentique du tableau reste donc celui du Salon de 1877 : Au printemps.
Une version plus petite de ce tableau était d'ailleurs passée en vente en Allemagne en 2015, sous le titre de Roméo et Juliette, ce qui souligne bien le côté hasardeux de ces attributions marchandes.
Analyse des costumes : un couple vénitien du vignette|Au printemps, photoglyptie Goupil & Co d'après le tableau de François-Alfred Delobbe présenté au Salon de 1877. Tirage conservé aux Beaux-Arts de Paris. gauche|vignette|Au printemps, Variante, François-Alfred Delobbe, 1877. La jeune femme porte une robe blanche à manches bouffantes typique des robes italiennes du Cinquecento, surtout à Venise : manches séparées ou semi‑séparées, tissu clair (lin, coton fin), taille haute légèrement marquée, simplicité élégante, une ceinture bleue nouée à la taille. Les ceintures colorées sont très fréquentes dans les portraits vénitiens du (Titien, Pâris Bordone, Palma le Vieux). La bourse brodée à la ceinture est un saccoccia, accessoire féminin courant en Italie au . Les cheveux longs, libres et légèrement ondulés sont encore typiques de Venise, où les jeunes femmes non mariées portaient les cheveux défaits ou semi‑défaits, souvent éclaircis au soleil. C’était un marqueur social très précis. Enfin, absence de corset rigide : contrairement à la mode française, la mode italienne du privilégie la souplesse. Le costume féminin correspond exactement à une jeune Vénitienne vers 1520–1560.
Le jeune homme porte un pourpoint rouge, couleur très prisée des patriciens vénitiens. Le rouge est un marqueur de richesse (garance, cochenille). Une cape sombre typique des jeunes hommes de la Renaissance italienne. La coiffe rouge est un berretto, bonnet vénitien porté par les étudiants, les jeunes nobles, les poètes, les amoureux dans les pastorales. On le voit dans les portraits de Titien, Giorgione, Carpaccio. Les bottes ou chaussures sombres sont conformes à la mode italienne du . Le costume masculin est vénitien, datable entre 1500 et 1570.
Le décor est un pré fleuri, des arbres méditerranéens, une lumière dorée, une atmosphère douce. Rien n’évoque l’Allemagne de Goethe. Tout évoque la Vénétie, ou une Italie idéalisée. Pourquoi Delobbe peint-il des Vénitiens ? Parce que Delobbe, comme beaucoup d’académistes, est fasciné par Titien, Giorgione, Véronèse, Palma il Vecchio. Delobbe « affectionne les types italiens et les scènes d’un passé aimable. »
Au printemps n’est pas une scène littéraire, mais bien un développement direct du monde que Delobbe avait construit dans Un baptême au (Salon de 1873). Et quand on compare les deux œuvres, tout devient limpide : mêmes costumes, même époque, même Italie idéalisée, même climat poétique, mais transposé dans une scène plus intime, plus tendre, plus pastorale.
Un mariage au : la matrice du « monde italien » de Delobbe vignette|Après le baptême, gravure de Paul Girardet d'après le tableau Un baptême au de François-Alfred Delobbe. 1876 Goupil & Co. Collection du British Museum. Dans le tableau de 1873, Delobbe invente un univers Renaissance italienne très cohérent : costumes vénitiens du Cinquecento, silhouettes élégantes, couleurs chaudes (rouges, ors, blancs), accessoires typiques (bourses brodées, manches bouffantes, coiffes italiennes), atmosphère de fête, de douceur, d’idéalisation, décor architectural inspiré de la Vénétie. Ce tableau a été très remarqué au Salon, précisément pour son charme « à la Giorgione ». Au printemps reprend exactement ce vocabulaire visuel, mais en le déplaçant vers une scène plus intime. C'est la version pastorale et amoureuse du même univers.
Robe blanche à manches bouffantes, ceinture colorée, bonnet rouge, posture élégante, non guerrière, type « poète-amoureux » à la Giorgione, ce sont les mêmes types sociaux que dans Un mariage au , mais dans un moment de rencontre, non de cérémonie. Au printemps est littéralement une pastorale vénitienne, comme si Delobbe avait extrait un couple du mariage pour les placer dans un moment intime. Ou alors il s'agit d'une préquelle, le même couple plus jeune, quelques années avant le baptême. Tout indique un couple idéal, dans un printemps symbolique, dans une Italie rêvée, dans un moment de confidence ou de séduction, dans la continuité du monde Renaissance que Delobbe affectionne. C’est une scène d’histoire aimable. Au printemps est bien un développement direct du monde visuel, historique et poétique de Un mariage au . Un pendant intime.
The Confession of Love, une pièce supplémentaire du puzzle vignette|François-Alfred Delobbe, La Confession d'amour, 1885, Un troisième tableau popularisé en gravure sous le titre The Confession of Love dans The English Illustrated Magazine en 1885., puis massivement diffusé par Goupil., appartient clairement au même « monde Renaissance italienne idéalisée » que Un mariage au et Au printemps. Delobbe construit, entre 1873 et 1885, un cycle cohérent de scènes Renaissance, toutes situées dans une Italie rêvée, douce, élégante, poétique. Delobbe développe ici un univers narratif où il explore l’amour, la confidence, la séduction, la jeunesse, la poésie du quotidien, dans une Renaissance italienne idéale.
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Catégorie:Tableau de François-Alfred Delobbe Catégorie:Tableau réalisé en 1877 Catégorie:Femme dans la peinture Catégorie:Fleur dans la peinture Catégorie:Venise dans la peinture Catégorie:Œuvre exposée au Salon de 1877 Catégorie:Œuvre de François-Alfred Delobbe dans une collection privée Catégorie:Tableau du XIXe siècle