Seyed Alinaghi Kharazi , plus connu sous le nom de Kamal Kharazi , né le à Téhéran (Iran) et mort le dans la même ville, est un diplomate et homme politique réformateur iranien. Jusqu'à sa mort, il est président du , conseiller du Guide suprême sur les questions de politique étrangère et membre du Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime.
Entre 1979 et 1980, il est . De 1980 à 1989, il occupe le poste de directeur général de l'Agence de presse de la République islamique (IRNA). Entre 1989 et 1997, il est ambassadeur et , et de 1997 à 2005, il est dans les et du président réformateur Mohammad Khatami. Son mandat coïncide avec l'assassinat de diplomates iraniens en Afghanistan en 1998.
Le , lors de la guerre des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, sa maison est prise pour cible par l'aviation israélienne. Son épouse est tuée et lui-même est grièvement blessé ; il succombe à ses blessures huit jours plus tard, avant d'être inhumé le lendemain au cimetière Behesht-e Zahra, au sud de Téhéran.
Origines Kamal Kharazi est né le à Téhéran. Il est le fils de Mehdi Kharazi, commerçant () réputé d'Ispahan et Téhéran, donateur de la société anti-baha'i et bailleur de son chef, . Il est également le frère cadet de membre de l'Assemblée des experts et père de : , secrétaire général du ; , représentant permanent adjoint de l'Iran auprès des Nations unies de 1989 à 1995, puis ambassadeur d'Iran en France de 2006 à 2008 ; Susan Kharazi, épouse de Masoud Khamenei, troisième fils du Guide suprême Ali Khamenei.
Kamal Kharazi a lui-même deux fils : Ali et Mehdi.
Formation Kharazi achève ses études primaires et secondaires à l', puis obtient une licence en langue arabe (1968) et un master en sciences de l'éducation (1972) à l'université de Téhéran, avant de décrocher un doctorat en à l'université de Houston (1976). Durant les dernières années du régime Pahlavi, il se trouve à l'étranger. Il réside un temps à Londres et compte parmi les fondateurs de l' de la ville. L'ancien président iranien Hassan Rohani rapporte dans ses mémoires qu'il avait besoin de pour obtenir un visa lui permettant de voyager de Londres à Boston, somme qu'il est parvenu à réunir grâce à l'aide de Kharazi et de quelques autres personnes.
Kamal Kharazi est professeur titulaire à la de l'université de Téhéran et président du conseil d'administration de l'.
Carrière Selon BBC Persian, Kharazi est considéré comme un homme politique réformiste. L'examen des mémoires de l'ancien président iranien Hachemi Rafsandjani depuis le début de la révolution montre que le rôle de Kharazi au sein du pouvoir s'accroît progressivement et atteint son apogée sous la présidence de Mohammad Khatami et avec les négociations sur le programme nucléaire iranien.
vignette|gauche|189px|Kamal Kharazi (à l'extrême droite) avec plusieurs commandants de la guerre Iran-Irak. Parmi ses premières fonctions après la révolution de 1979, figurent la direction des programmes de la télévision de la République islamique d'Iran (IRIB), le poste de , la direction de l'Institut pour le développement intellectuel des enfants et des jeunes adultes, ainsi que celle de l'Agence de presse de la République islamique (IRNA). Pendant la guerre Iran-Irak, alors qu'il dirige IRNA, il est également responsable du . Dans une interview accordée à l'IRNA en 2025, il reconnaît l'occultation de certaines réalités de la guerre afin de préserver le moral de la population. Après la guerre, il est nommé à la tête de la représentation permanente de l'Iran auprès des Nations unies à New York, poste qu'il occupe pendant huit ans avant de devenir .
, porte-parole et ambassadeur en Scandinavie du gouvernement provisoire de Mehdi Bazargan, attribue à Kharazi l'organisation de son rappel à Téhéran et de son arrestation en , ce que Kharazi conteste.
vignette|gauche|189px|Khatami, Khamenei et Kharazi au de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) en 1997. En 1997, Kharazi quitte New York pour revenir à Téhéran afin de devenir ministre des Affaires étrangères du . À partir de ce moment, il accompagne les politiques de Mohammad Khatami visant à améliorer les relations de l'Iran avec ses voisins.
Le , Kharazi rencontre le fondateur du Hamas, le cheikh Ahmed Yassine, à Téhéran, et lui réaffirme le soutien politique et financier de l'Iran.
Les et , il devient le premier ministre iranien des Affaires étrangères à se rendre au Royaume-Uni depuis la révolution.
vignette|gauche|189px|Kharazi et Vladimir Poutine au Palais du Kremlin le . Le , un groupe de députés présente une motion de censure contre lui. L'agence ISNA rapporte que cette motion comprend 20 griefs, dont . D'autres critiques portent sur la gestion des négociations concernant le partage des ressources de la mer Caspienne ainsi que sur .
En , des médias rapportent la convocation de Kharazi à une séance à huis clos du Parlement. Les députés exigent des explications sur sa politique à l'égard de l'Irak et sur la gestion des relations avec les États-Unis après l'invasion américaine de l'Irak. Avec le regain d'attention internationale porté au programme nucléaire iranien en juin 2003, il lui revient d'exprimer la position de l'Iran. Après la visite des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), il déclare à la radio iranienne : Pour apaiser les tensions entre le ministère des Affaires étrangères et l'Organisation iranienne de l'énergie atomique concernant les négociations avec l'Occident, Kharazi propose que Hassan Rohani en prenne la responsabilité.
En 2006, sur décision d'Ali Khamenei, Kharazi devient son conseiller diplomatique principal et prend la tête du Conseil stratégique des relations étrangères. Selon BBC Persian, ce conseil est l'une des nombreuses institutions parallèles de la politique étrangère iranienne, jouant de facto le rôle de ministère des Affaires étrangères du bureau du Guide suprême.
En 2015, en raison de ses activités culturelles au début de la révolution et pendant la guerre Iran-Irak, il reçoit la médaille d'honneur de militant de la culture et des arts.
Le , Jason Osborne, journaliste américain et ancien conseiller de Donald Trump, affirme, images à l'appui, que Kamal Kharazi et deux responsables iraniens ont rencontré secrètement John Kerry, ancien secrétaire d'État américain, à L'Avenue, un restaurant chic situé en plein cœur du très huppé de Paris. L'attaché de presse de l'ambassade d'Iran en France, Hamid Moradkhani, dément l'existence de cette entrevue, affirmant que la présence de Kharazi à Paris s'inscrit dans le cadre de sa participation à une réunion de la fondation Leaders pour la Paix, fondée par l'ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, qu’il rencontre le .
Prises de position Nucléaire Comme d'autres responsables iraniens, Kharazi déclare que l'Iran a de , sans en avoir , car il la considère . Mais en , ses propos controversés sont largement interprétés comme une menace de fabrication d'une bombe : Il précise que toute révision de cette politique relève de l'autorité de Khamenei. Dans l'une de ses dernières interviews, il affirme que les déclarations sur un affaiblissement des capacités militaires iraniennes à la suite des attaques israéliennes et américaines ne sont pas fondées.
Après la guerre des Douze Jours avec Israël en , Kharazi déclare dans une interview au site de Khamenei, à propos des négociations nucléaires entamées sous Khatami, que les Occidentaux demandaient à l'Iran une garantie de de l'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran demandait en échange la , ce à quoi les premiers , entraînant une reprise des activités du centre de technologie et de recherche nucléaire d'Ispahan.
Syrie Dans une interview accordée le à la chaîne de télévision libanaise Al Mayadeen, réputée proche du Hezbollah, Kamal Kharazi qualifie la chute du régime Assad, survenue deux semaines auparavant, de , avant d'affirmer que l' et les de l'Iran à l' des .
Critiques internes et communication du régime Dans les dernières années de sa vie, bien que conseiller de Khamenei, Kharazi n'hésite pas à critiquer parfois l'exécutif. Le , il déclare à la télévision que la République islamique a commis dans le passé des erreurs ayant . Dans une autre interview accordée à l'IRNA, il reconnaît que la République islamique a , perdant ainsi .
Assassinat vignette|droite|Cérémonie funéraire en hommage à Kamal Kharazi. Lors du bombardement du quartier d' à Téhéran, le , pendant la guerre des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, la maison de Kharazi est visée par des avions américano-israéliens. Son épouse, Mansoureh Rais Ghasem, est tuée lors de cette attaque aérienne et lui-même est grièvement blessé ; il succombe à ses blessures le . Le lendemain, sa dépouille est inhumée au carré 42 du cimetière de Behesht-e Zahra, qui accueille traditionnellement les du régime iranien. Le , une cérémonie funéraire se tient en son honneur à la mosquée Al-Ghadir de Téhéran. De nombreux hommes politiques iraniens, pour la plupart issus du courant réformiste, y assistent, parmi lesquels Mohammad Khatami, président de la république islamique de 1997 à 2005, Ali Jannati, de 2013 à 2016, Gholamhossein Karbaschi, maire de Téhéran de 1990 à 1998, Ali Akbar Salehi, chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique de 2013 à 2021, Mohsen Mehralizadeh, vice-président de 2001 à 2005, Eshaq Djahanguiri, de 2013 à 2021, Ali Bagheri, ministre des Affaires étrangères par intérim en 2024, Bijan Namdar Zangeneh, de 1997 à 2005 et de 2013 à 2021, Mahmoud Alavi, de 2013 à 2021, Abbas Akhoundi, de 2013 à 2018, et Mostafa Mo'in, ministre des Sciences de 2000 à 2003.
Le New York Times rapporte, citant deux responsables iraniens anonymes, que Kharazi était en contact avec le Pakistan pour préparer une éventuelle rencontre entre des représentants iraniens et J. D. Vance, vice-président des États-Unis. Le journal indique que l'Iran considère cette attaque comme une tentative des États-Unis et d'Israël de perturber une . Dans une lettre datée du et adressée au secrétaire général de l'ONU António Guterres ainsi qu'au président du Conseil de sécurité , l'ambassadeur iranien Amir-Saeid Iravani déclare que .
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