Jacques Kupfer, né en 1946 et mort le 10 janvier 2021, est un militant sioniste.
Il préside le Likoud de France puis le Likoud mondial lorsqu'il émigre en Israël en 2001. Il est élu vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) en 1989, avant d'en devenir critique. Partisan de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Gaza, il fonde en 1993 le Fonds de sauvegarde d'Eretz Israël pour financer les colonies malgré le gel décrété par le gouvernement travailliste israélien, puis en 2017 l'association Israël Is Forever. En octobre 2020, il est nommé à la tête du département des Affaires de la diaspora de l'Organisation sioniste mondiale.
Biographie Jacques Kupfer naît en 1946, fils de Juifs allemands réfugiés en France après la Seconde Guerre mondiale. Il dirige des entreprises de distribution horlogère et de bijouterie, occupe la vice-présidence de la Fédération française de l'horlogerie et siège comme juge au tribunal de commerce de Paris.
Il intègre le Bétar à l'âge de 14 ans. Il préside ultérieurement le Hérout de France, devenu ensuite Likoud de France. Cette antenne française est chargée de diffuser les positions du parti au sein de la communauté juive en France. Il place plusieurs de ses proches à la tête d'organisations sionistes françaises, dont le Fonds national juif et la Fédération des organisations sionistes de France.
Lors de la visite de Yasser Arafat en France en 1989, il est le seul membre du bureau exécutif du Conseil représentatif des institutions juives de France à refuser de participer à la rencontre avec François Mitterrand, considérant Arafat comme « le diable en personne ». Il est élu vice-président du CRIF la même année. Le soir du 13 septembre 1993, lors de la poignée de main entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat à Washington, Kupfer fonde le Fonds de sauvegarde d'Eretz Israël, destiné à financer les colonies israéliennes en Cisjordanie en dépit du gel décrété par le gouvernement travailliste israélien. Les fonds collectés sont transmis au Conseil de Yesha. Les fonds sont collectés au sein de la communauté juive de France par l'organisation de dîners-débats, lors desquels sont reçus notamment Yitzhak Shamir, Ariel Sharon et Benyamin Netanyahou. Lors de la première visite officielle de Benyamin Netanyahou en France, en septembre 1996, celui-ci choisit de dîner avec Kupfer et ses proches du Likoud de France plutôt qu'avec les dirigeants des institutions communautaires françaises. La visite de Netanyahou marque un tournant pour Kupfer, dont la notoriété était jusque-là limitée au premier cercle des dignitaires communautaires. vignette|Kupfer sur le mont du Temple Il quitte la direction du Likoud de France en 2001 pour rejoindre le Likoud mondial, et émigre en Israël cette même année, tout en continuant à se rendre régulièrement en France. Il est élu président du Likoud mondial à l'été 2002. En janvier 2003, Le Monde rapporte que Kupfer conserve la présidence du Likoud de France depuis Israël. Il est alors au cœur d'un conflit interne au Likoud de France qui oppose ses partisans à Alex Moïse, ancien porte-parole et membre exécutif du mouvement. Les adversaires de Kupfer lui reprochent alors des méthodes autoritaires et du népotisme. Il est par ailleurs été écarté de plusieurs postes au sein de l'Agence juive et du Fonds national juif.
En 2017, Jacques Kupfer fonde l'association Israël Is Forever, dont l'objectif affiché est de . En octobre 2020, Kupfer est désigné à la tête du département des Affaires de la diaspora de l'Organisation sioniste mondiale (OSM) dans le cadre d'un accord entre les différentes factions du Congrès sioniste mondial ayant attribué plusieurs postes importants au Likoud. Sa nomination à l'OSM est jugée « très inquiétante » par l'organisation .
Il meurt le 10 janvier 2021. Israël Is Forever est alors reprise par sa fille, Nili Kupfer-Naouri.
Positions politiques Kupfer prône l'établissement de l'ensemble du peuple juif sur l'ensemble de la terre d'Israël, et encourage en particulier les Juifs de France à rejoindre les colonies israéliennes, notamment à Gaza et à Hébron. Il présente l'islam comme une menace pour le monde occidental et prédit aux Juifs français un avenir compromis en France à court terme.
Au début des années 1990, Kupfer soutient l'aile droite du Hérout, dont Ariel Sharon est alors le principal représentant. Après l'assassinat d'Yitzhak Rabin, il exprime ses regrets, estimant qu'il aurait dû être jugé devant un tribunal militaire pour avoir signé les accords d'Oslo. Après en avoir été vice-président, il devient hostile au CRIF, qu’il appelle la .. En 1996, il rend hommage à Baruch Goldstein.
Il nie l'existence d'un peuple palestinien et déclare ne pas être « certain d'avoir besoin d'autant d'Arabes en Terre d'Israël ». Il qualifie les députés arabes de la Knesset de « terroristes » et d'« ennemis de l'État », et s'oppose aux programmes de discrimination positive en faveur des palestiniens citoyens d'Israël. Il qualifie par ailleurs la démocratie israélienne d'« idolâtrie » menaçant le caractère juif de l'État. Bien qu'issu du Likoud, il reproche à Netanyahou d'avoir renoncé à ses projets d'extension de la souveraineté israélienne en Cisjordanie.
Réception En 2006, Cécilia Gabizon et Johan Weisz estiment que Kupfer exerce une grande influence sur plusieurs générations de militants sionistes, mais Christophe Boltanski note en 1995 que son activisme suscite l'opposition des institutions juives, dont le Keren Hayesod et le Conseil représentatif des institutions juives de France, qui y voient une concurrence déloyale et une menace pour le processus de paix. Ses prises de position suscitent en 1996 des critiques au sein même du Likoud de France, dont d'anciens responsables lui reprochent ses méthodes ultranationalistes. Ainsi, il reste longtemps cantonné aux milieux juifs populaires et radicaux avant de connaître une audience plus large à partir de la seconde intifada.
Bibliographie
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Références
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