Zeyn al-Abedin Maraghei (en ), né en 1840 à Maragha et mort en 1910 à Istanbul, est un romancier iranien pionnier et un réformateur social. Il est surtout connu pour son récit de 1895 intitulé Journal de voyage d’Ebrahim Beg (sīyāhat nāmeh-ī Ebrāhīm-ī Beg). Cet ouvrage a joué un rôle déterminant dans le développement du roman en Iran au , et a également eu une grande importance sur le plan politique. Le récit constitue une critique des affaires politiques et sociales de l'Iran. Il est largement lu en Iran et suscite l'intérêt des révolutionnaires et des réformateurs qui mènent la révolution constitutionnelle de 1906.

Biographie Maraghei est issu d'une famille de commerçants kurdes sunnitesIran, the Green Movement and the USA: The Fox and the Paradox by Hamid Dabashi. Quote qui, bien qu’ils soient initialement adeptes de l'école sunnite chaféiste, deviennent par la suite chiites. Il suit des études jusqu'à l'âge de seize ans, puis reprend le métier de son père et exerce le métier de marchand. Confronté à des difficultés pour avoir provoqué des troubles parmi les fonctionnaires (notamment ceux portant les titres de kadkhuda et de farash), il quitte l'Iran pour Tbilissi où il travaille comme petit commerçant, à une époque où les travailleurs iraniens s’installent progressivement dans la ville pour y trouver du travail. Il a fini par être embauché au consulat iranien, mais la mauvaise gestion de l'établissement l'a poussé à démissionner. Il s'est ensuite rendu en Russie et a renoncé à sa nationalité iranienne, ce qui lui a donné mauvaise conscience (il a par la suite récupéré sa nationalité iranienne grâce à une relation à Istanbul). Maraghei s'est alors installé définitivement à Istanbul, où il a collaboré avec le journal en persan S'hams, publié à Istanbul, et Hablul Matin, publié à Calcutta.

Carnet de voyage d'Ebrahim Beg Le personnage principal du Journal de voyage d’Ebrahim Beg ressemble à l’auteur lui-même. Ebrahim est lui aussi un marchand qui vit loin de son pays natal, mais qui reste mentalement et spirituellement attaché à sa patrie et, surtout, souhaite que celle-ci change et se réforme. Ebrahim vit en Égypte, où son père s’est installé il y a de nombreuses années, et jouit d'une réputation de marchand honnête. Il aime tellement l’Iran qu'il refuse de parler arabe. L'image qu'il se fait de son Iran natal est utopique. Son amour pour l'Iran le pousse à s'y rendre ; mais il est également motivé par la volonté de son père, qui lui a demandé de prendre un congé et de voyager pendant plusieurs années pour consigner ses expériences. Avant d'arriver en Iran, Ebrahim est attristé de voir des migrants iraniens misérables effectuer les travaux les plus pénibles. Son désespoir ne fait que s'exacerber lorsqu'il arrive en Iran. Ebrahim traverse de nombreuses villes, et partout les gens souffrent des mêmes problèmes : les gens sont ignorants et égocentriques ; les religieux sont fourbes, agissent pour leur propre profit et se concentrent davantage sur la pureté rituelle que sur le bien-être de la nation ; les fonctionnaires de l'État (même dans les consulats à l'étranger) acceptent des pots-de-vin, bafouent l'État de droit, attribuent des postes sans tenir compte du mérite et subordonnent les intérêts de la nation aux concessions coloniales. À cela s'ajoutent des problèmes d'infrastructures : il n'existe aucune structure chargée de lutter contre la consommation généralisée d'opium, qui est même répandue parmi les oulémas ; l'accès à l'eau potable est difficile ; et les écoles et les établissements de santé sont insuffisants.

À Téhéran, Ebrahim cherche à rencontrer des responsables pour leur exposer la situation déplorable du pays afin qu'ils agissent. Mais ses descriptions éloquentes sont vaines : les responsables s'irritent et lui demandent de s'en aller. Face à leur réaction (ou plutôt à leur absence de réaction), il met ses suggestions par écrit. Ses réformes portent notamment sur le respect de la liberté et de l’indépendance, le développement des industries nationales, la promotion de la culture, la fin de l'influence coloniale et la création d’un excédent commercial.

Voir aussi Abd al-Rahim Talibov

Références

Bibliographie

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