En , une épidémie de maladie à virus Ebola est signalée dans la province d'Ituri, en république démocratique du Congo. Des cas importés d'Ituri sont ensuite confirmés dans les provinces congolaises du Nord-Kivu, du Sud-Kivu ainsi qu'à Kampala, la capitale de l'Ouganda.

Elle est causée par l'espèce d'ébolavirus Orthoebolavirus bundibugyoense (virus/souche Bundibugyo).

Contexte Deux épidémies d'ébolavirus de Bundibugyo ont déjà été recensées. : l'une dans le district de Bundibugyo en Ouganda en 2007 et 2008, d'où il tire son nom, et l'autre en 2012 à Isiro, en république démocratique du Congo.. Le taux de létalité du virus est estimé entre 25 et 50 %.. Il n'existe aucun vaccin ni médicament homologué contre cette espèce d'ébolavirus.. Des vaccins expérimentaux ont été testés sur des macaques.. Des experts ont envisagé d'utiliser le vaccin Ervebo, homologué contre l'ébolavirus du Zaïre. Une étude animale suggère une efficacité partielle contre ce virus, mais des inquiétudes subsistent quant à l'efficacité et à l'innocuité d'un vaccin conçu pour une souche virale différente..

Le conflit d'Ituri a provoqué une grave crise humanitaire touchant 1,9 million de personnes. Il complique fortement les efforts de recherche des contacts, car les populations sont très mobiles et le personnel soignant est régulièrement la cible d'attaques. En outre, le statut de l'Ituri en tant que plaque tournante commerciale et migratoire accroît considérablement le risque de propagation des maladies dans l'ensemble de la région..

Fin , l'épidémie était devenue l'épidémie d'Ebola à la progression la plus rapide jamais enregistrée..

Épidémiologie Le premier cas suspecté de l'épidémie concernait un homme qui a commencé à présenter des symptômes le et est décédé trois jours plus tard.. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a été alertée d'une potentielle épidémie d'Ebola le et a dépêché une équipe d'intervention.. Les premiers échantillons testés se sont révélés négatifs pour Ebola, car les tests utilisés ne détectaient que le ébolavirus du Zaïre et non l'ébolavirus de Bundibugyo. Des tests appropriés ont ensuite été utilisés et les premiers cas positifs ont été confirmés le ..

Les autorités sanitaires de la république démocratique du Congo (RDC) ont publiquement confirmé des centaines de cas de maladie à virus Ebola dans la province de l'Ituri le . Les experts en santé étaient alarmés par le fait que l'épidémie avait progressé au point de compter des centaines de cas suspects dès qu'elle a été signalée pour la première fois. L'épidémiologiste a émis l'hypothèse que le retard de détection pourrait être dû aux restrictions budgétaires imposées aux programmes de santé mondiale.

La riposte sanitaire est aussi confrontée à la méfiance des populations locales, alimentée par des rumeurs et des interprétations culturelles de la maladie... Dans plusieurs localités, l'épidémie a initialement été perçu comme une « maladie mystique », de la sorcellerie ou le résultat d'un empoisonnement, retardant l'alerte officielle de plusieurs semaines...

Le , l'OMS a annoncé huit cas de virus Bundibugyo confirmés en laboratoire en Ituri, dans trois zones de santé de la province, et deux cas confirmés à Kampala, capitale de l'Ouganda.. De plus, compte tenu des foyers inhabituels de cas suspects apparus dans plusieurs régions de l'est de la RDC, l'OMS n'a pas été en mesure de déterminer l'étendue géographique de l'épidémie ni le nombre réel d'infections.

Les autorités sanitaires ont confirmé le un cas positif à Goma, ville de la province du Nord-Kivu actuellement sous le contrôle du Mouvement du 23 mars, après qu'une femme infectée par l'ébolavirus s'y soit rendue en provenance de l'Ituri..

Un groupe d'Ougandais a assisté à un enterrement dans l'est de la RDC, puis est rentré en Ouganda. Certains ont développé des symptômes d'Ebola et ont été transférés à Fort Portal pour y être soignés..

Le , Peter Stafford, un médecin américain travaillant en RDC comme missionnaire chrétien, a été testé positif au virus ; sa femme et ses enfants ont alors été placés sous surveillance, mais ne présentaient aucun symptôme à ce moment-là..

Le , l'OMS est, pour l'instant, incapable de retracer précisément l'apparition des premiers cas. Le premier malade connu est un soignant mort à Bunia, la capitale de l’Ituri, dans le nord-est du pays, entre le 24 et le . Mais elle soupçonne que l’épidémie a commencé des semaines, voire des mois, auparavant et annonce 139 morts pour près de 600 cas probables liés au virushttps://www.lemonde.fr/planete/article/2026/05/22/ebola-quel-est-le-risque-de-propagation-du-virus-au-dela-de-la-rdc_6692119_3244.html.

Le , les autorités sanitaires annoncent que dix pays africains risquent d’être touchés par le virus Ebola, en plus de la République démocratique du Congo, épicentre de l’épidémie, et de l’Ouganda qui recense un mort..

+Statistiques actualisées au 25 août 2026PaysCas confirmésSourceCas DécèsRépublique démocratique du Congo5 7132 744 Ouganda202.France10.Total5 7342 746

Le , un médecin français est diagnostiqué positif. Il revenait de la RDC et a déclenché les premiers symptôme lors du vol retour. C'est le premier cas d'Ebola diagnostiqué sur le territoire français depuis la découverte du virus.. Il est placé en isolement ; sa charge virale est faible et il ressort guéri début juillet.. Cinq passagers de l'avion sont cas contacts. Ils sont restés chez eux avec un suivi médical pendant 21 jours, durée d’incubation de la maladiehttps://www.liberation.fr/societe/sante/ebola-un-premier-cas-identifie-en-france-chez-un-medecin-de-retour-de-rdc-20260624_K46A4NVLABA2JIQQ6TTFGBSRCE/.

Le Haut-Uele est la quatrième province touchée par la maladie, après l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu..

En juillet, l'épidémie progresse à un « rythme sans précédent » avec plus de . Selon l'OMS, 80 % des nouveaux cas relèvent de chaines de transmission inconnues.. La Tshopo est la cinquième province congolaise à être touchée par le virus, avec des cas identifiés dans son chef-lieu Kisangani..

En Ouganda, après un bilan de vingt cas, dont deux décès, les autorités déclarent officiellement la fin de l'épidémie sur leur territoire le ..., tout en maintenant des laboratoires mobiles et un niveau d'alerte élevé le long de la frontière.

Au , le bilan officiel est de confirmés et , soit un taux de létalité d'environ , ce qui en fait la plus importante flambée d'Ebola en république démocratique du Congo.. Cinq provinces sont touchées : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo. L'épicentre de l'épidémie demeure en Ituri (qui regroupe plus de 87 % des cas nationaux), où 950 cas et 289 décès sont recensés pour la zone de santé de Bunia.. Au Nord-Kivu, le virus progresse à Butembo. et s'étend dans le territoire de Lubero..

Face à l'ampleur de l'épidémie, l'OMS a annoncé, jeudi , la mise à disposition de du vaccin Ervebo, homologué contre l'ébolavirus du Zaïre, mais pas contre l'espèce virale responsable de l'épidémie. Cette allocation comprend destinées à un essai clinique de phase III visant à évaluer l'efficacité du vaccin sur l'ébolavirus de Bundibugyo, et pour les travailleurs de première ligne et les professionnels de santé »..

Réactions Le , l'Organisation mondiale de la santé déclare une « urgence de santé publique de portée internationale » relative à cette épidémie..

Le , les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), déclarent l'épidémie « urgence de santé publique de sécurité continentale », permettant une coordination à l'échelle du continent...

Parallèlement, les autorités sanitaires de la république démocratique du Congo (RDC) mettent en place des hôpitaux de campagne à Bunia, capitale de l'Ituri, face à la saturation des établissements hospitaliers de la ville. Elles s'efforcent également d'acheminer des fournitures dans la région..

Le même jour, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies annonce l'envoi d'experts dans la région pour contribuer à la riposte contre l'épidémie..

L'Organisation mondiale de la santé annonce en , que la République démocratique du Congo recevra du vaccin candidat contre Ebola développé par Merck pour lutter contre l'épidémie en République Démocratique du Congo..

Controverses La revue Science révèle en juillet 2026, que l'épidémie a démarré au moins quatre mois avant l'alerte lancée auprès de l'OMS. Plus de cinq cents cas ont été considérés à tort comme ayant des origines autres, dans la région de Mongbwalu. Les diagnostics, qui ont porté, notamment, à l'époque, sur le SIDA, la tuberculose ou les conditions de travail dans les mines, auraient favorisé l'expansion de l'épidémie.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

ebola-tracker.org — suivi de l'épidémie compilé à partir des rapports de situation de l'INSP et des rapports hebdomadaires de l'OMS : cas et décès par province et par zone de santé, cartes et chronologie (en français, anglais et swahili).

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