Abraham Schuurman, né le à Amsterdam (Provinces-Unies) et mort le à Utrecht (Pays-Bas), est un militaire néerlandais.

Biographie Origines et vie privée Abraham Schuurman nait à dans ce qui est alors la république des Provinces-Unies, fils de Gerrit Schuurman et d'Anna Elisabeth Redelaar. Il se marie le à Enkhuizen avec Henriette Clara Versfelt avec laquelle il a onze enfants, dont cinq meurent en bas âge.

Carrière militaire Période française Il commence sa carrière militaire le en tant que cadet sergent au bataillon de chasseurs de l'armée de la République batave et sert dans l'armée du Rhin sous les ordres du général Daendels. Il est promu lieutenant en second le , puis passe au bataillon où il devient premier-lieutenant le et capitaine le . Il est envoyé en poste au Suriname, dans l'empire colonial néerlandais, de à .

Avec la création du Royaume de Hollande, il intègre le régiment de chasseurs de l'armée du royaume de Hollande, le et est engagé dans la campagne de Prusse sous les ordres du général Dumonceau. Il revient en Zélande pendant la guerre de la cinquième coalition et participe notamment à la reprise de Fort Bath. À cette occasion, il est promu Lieutenant-colonel par le souverain, Louis Bonaparte, et décoré d'un sabre honorifique le . Lorsque le royaume, dont le souverain n'est autre que le frère de Napoléon Ier, est intégré au Premier Empire français en 1810 en créant les départements des Pays-Bas, Schuurman est incorporé au régiment d'infanterie légère de la Grande Armée. Il participe à la campagne de Russie sous les ordres du maréchal Davout, lors de laquelle il est fait prisonnier le à la bataille de Krasnoï et ne retrouve la liberté que le , soit deux semaines après la première abdication de Napoléon Ier.

Période néerlandaise vignette|gauche|L'attaque de Bruxelles le par la porte de Schaerbeek, durant la révolution belge. Rentré de ce qui est devenu la Principauté souveraine des Pays-Bas unis, il intègre l'armée néerlandaise le en tant que lieutenant-colonel au bataillon d'infanterie de la milice nationale, qui devient le bataillon après une réorganisation en 1815 et la création du Royaume uni des Pays-Bas. Le il est nommé colonel en second et commandant de la afdeeling des forces armées néerlandaises. Il est ensuite promu colonel le , puis général-major et inspecteur au « grand commandement militaire » (Groot Militair Commando) le . Le il est chargé de la supervision spéciale du Garderegiment Grenadiers en Jagers.

Lorsque la révolution belge se déclenche, Abraham Schuurman est envoyé dès les premiers jours de l'insurrection afin de tenter d'endiguer celle-ci en gonflant la présence militaire dans les Pays-Bas méridionaux. Il arrive à Vilvorde le au soir à la tête de deux bataillons de grenadiers, du bataillon d'instruction et d'une demi-batterie du . Après que les troupes en garnison de Bruxelles et de Louvain aient été contraintes d'évacuer, le chef d'état-major de l'armée en campagne, le général Jean-Victor Constant de Rebecque organise son « corps d'armée mobile » et confie au général Schuurman la brigade d'infanterie, qui installe son quartier-général à Malines le . Dès le , les révolutionnaires belges attaquent les avant-postes de l'armée à Vilvorde, puis à Diegem ou encore à Evere, et Schuurman engage ses grenadiers dans ces combats qui font plusieurs morts.

La riposte de l'armée ne se fait pas attendre : le , elle attaque Louvain et Bruxelles, déclenchant le célèbre épisode des Journées de Septembre. Schuurman est à la tête de l'une des quatre colonnes qui attaquent Bruxelles le , devant mener l'assaut principal via la porte de Schaerbeek sous la supervision du prince Frédéric en personne. Ils parviennent à entrer en ville mais Schuurman est mis hors combat, blessé d'un coup de feu à la jambe. L'assaut est finalement un échec, les troupes devant se retirer du parc de Bruxelles dans lequel elles se réfugient jusqu'à la nuit du au . Pour son action, Schuurman reçoit le titre de chevalier de classe de l'ordre militaire de Guillaume. Après la déclaration d'indépendance de la Belgique du , l'armée néerlandaise est à nouveau réorganisée et, le , Schuurman prend le commandement de la division d'infanterie. vignette|Abraham Schuurman commande la brigade d'infanterie venue de Bréda lors de la campagne des Dix-Jours. Après avoir accusé le coup de la révolution, le roi Guillaume décide de tenter une reconquête de la Belgique et lance la campagne des Dix-Jours, dès le . Pour ce faire, Abraham Schuurman se voit à nouveau confier la brigade d'infanterie de l'armée en campagne, comptant hommes et mise sur pied à Bréda le . Dès le début des hostilités, ils franchissent la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas près de Baerle-Duc et prennent Hoogstraten avec le bataillon de chasseurs, le bataillon de grenadiers, ses deux bataillons de la schutterij, deux canons et une compagnie de lanciers. Là aussi, l'opération sera un échec, bien que les forces armées belges ayant été initialement en très mauvaise posture, l'intervention d'un corps expéditionnaire français contraint les Néerlandais à rentrer aux Pays-Bas. Pour sa participation à ce nouvel épisode de la guerre belgo-néerlandaise, Schuurman est nommé chevalier l'ordre du Lion néerlandais.

Après la paix signée lors de la convention de Zonhoven le , il est nommé commandant militaire de la province de Zélande le puis commandant de la forteresse de Bréda le avant d'être détaché au le de la même année, dont il devient directeur le . Il est promu lieutenant-général le et devient aide de camp du roi Guillaume II puis revient à la tête d'une unité opérationnelle le en tant que commandant de la division d'infanterie. Il est muté au même poste dans la division le puis nommé commandant militaire des provinces d'Hollande-Septentrionale et d'Utrecht le .

Il termine sa carrière en tant qu'inspecteur de l'infanterie à partir du et est admis à la retraite le . Il continue toutefois à être aide-de-camp du roi Guillaume III jusqu'à sa mort le .

Décorations ( classe le , classe le ) ; (chevalier le , commandeur le ) ; () ; Distinction pour longs états de service en tant qu'officier dans l'armée néerlandaise () ; Grande-Croix de l'Ordre de la Couronne de chêne ().

Bibliographie

Voir aussi

Notes et références

Catégorie:Naissance en novembre 1781 Catégorie:Naissance à Amsterdam au XVIIIe siècle Catégorie:Décès en mai 1865 Catégorie:Décès à 83 ans Catégorie:Décès à Utrecht Catégorie:Ordre militaire de Guillaume Catégorie:Commandeur de l'ordre du Lion néerlandais Catégorie:Militaire néerlandais des guerres de la Révolution française Catégorie:Militaire néerlandais du XIXe siècle Catégorie:Chef militaire néerlandais des guerres napoléoniennes Catégorie:Combattant du camp hollandais de la révolution de 1830