Je vous souhaite la pluie, est le premier roman de la journaliste et écrivaine franco-camerounaise Élisabeth Tchoungui, publié le 05 janvier 2006 aux éditions Plon.. Résumé
Ngazan Ella Belinga est une jeune femme de Yaoundé née pauvre et fière dans un bidonville africain, issue d'un quartier pauvre, qui survit en tenant une call-box dans la rue (un parasol, un carton, deux téléphones portables) et en servant le soir au restaurant de «Tantine Good Chop». Elle rêve de devenir écrivaine. Intelligente, cultivée, elle refuse avec obstination de «vendre son corps» pour réussir ou séduire un homme fortuné qui l'emmènerait en Europe.
Sa rencontre avec Alexandre, un jeune Français de passage au Cameroun, bouleverse son destin. Par amour, et non par calcul, Ngazan accepte de le suivre à Paris. Mais la Ville Lumière n'est pas l'eldorado fantasmé: elle y découvre le racisme ordinaire, la solitude de l'immigrée, les tensions avec la belle-famille blanche qui se dit non-raciste, et la dure réalité d'une société qui peine à la voir comme une femme à part entière.
Le roman s'articule en deux grandes parties géographiques, Yaoundé puis Paris, qui structurent le choc culturel au cœur de l'œuvre. Le dénouement, volontairement ouvert, refuse le happy end facile comme la tragédie convenue.
Personnages principaux
Ngazan Ella Belinga Héroïne et narratrice principale, Ngazan est décrite par la critique comme un personnage d'une rare consistance dans la littérature africaine contemporaine. Battante, ironique, profondément attachée à sa dignité, elle représente une Camerounaise qui refuse les schémas imposés ni victime ni calculatrice. Son prénom est bulu, ancrant d'emblée le roman dans une identité culturelle précise.
Alexandre Le «beau Frenchie» qu'Alexandre incarne n'est pas exempt d'ambiguïtés. S'il aime sincèrement Ngazan, il lui arrive d'être aveugle aux mécanismes du racisme de sa propre famille. Le roman fait de ce personnage une figure plus complexe que le simple prince charmant: il est aussi le fils de ses parents, le produit d'une société française qui a ses propres préjugésBabelio.com critique lecteur : « J'ai apprécié l'histoire entre la fille noire et sa belle-famille blanche. On y sent les tensions alors que la famille se dit non raciste. ».
Critique La réception du roman est très favorable dès sa parution. Le site Afrik.com titre: «Un coup de maître pour un coup d'essai», et souligne que le roman «rafraîchit, fait sourire mais aussi réfléchir». Les lecteurs de Babelio, qui lui attribuent d'excellentes notes, louent notamment la «verve dans l'écriture» et la «chaleur du langage courant de Yaoundé».
Une étude universitaire publiée sur ResearchGate (Toivanen, 2014) place le roman dans le champ de la littérature postcoloniale cosmopolite, notant que «la littérature africaine du XXIe siècle est marquée par des affinités transnationales» dont ce roman est un exemple représentatifToivanen, Anna-Leena, op. cit., ResearchGate, 2014..
Des voix plus nuancées ont également été exprimées. Le journaliste Stéphane Tchakam a qualifié le roman de «conte de fée tropicalisé», formule que les chercheurs spécialisés considèrent réductrice au regard de la finesse réelle de l'œuvre.
Distinctions
Finaliste du Prix Carrefour-Savoirs (2006)
Lauréate du Prix La Forêt des Livres (2006)
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Élizabeth Tchoungui
Camfranglais
Littérature camerounaise
Liens externes
Compte rendu sur Afrik.com
Fiche et critiques sur Babelio
Catégorie:Roman français paru en 2006 Catégorie:Roman camerounais