La Sonatine de Maurice Ravel est une sonatine pour piano en trois mouvements, composée en 1903-1905. Ravel la dédie à ses amis Ida et Cipa Godebski.
L'œuvre porte la référence M.40, dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue Marcel Marnat, qui la considère comme un .
Historique Composition en deux temps La Sonatine a été composée en deux temps. En , le magazine franco-anglais de Paris , dirigé par Arthur Bles, lance un concours de composition d'un premier mouvement de sonatine ne devant pas excéder 75 mesures, concours pour lequel Ravel compose sous le pseudonyme de le premier mouvement de sa future Sonatine. Cependant, selon Michel Dimitri Calvocoressi, ami proche du compositeur, le concours est repoussé puis annulé, pour trois raisons : le manque de candidats, le dépassement par Ravel du nombre de mesures maximum autorisé par le règlement du concours, puis la faillite du périodique.
Maurice Ravel donne deux auditions privées du premier mouvement de la Sonatine, le dans le salon de Marguerite de Saint-Marceaux, puis le dans le salon de Cipa et Ida Godebski, en présence notamment du peintre Pierre Bonnard, des pianistes Gabriel Grovlez et Ricardo Viñes et du compositeur Claude Terrasse.
En Ravel compose les deux autres mouvements : .
Cette composition est contemporaine de ses tentatives répétées pour remporter le Prix de Rome, qui se soldent par un refus définitif en 1905. Or, ces cantates de concours représentent .
Publication et création vignette|redresse=1|Page de titre de l'édition originale de la Sonatine (éditions Durand, 1905).
La Sonatine est publiée fin et dédiée à Cipa et Ida Godebski. Il s'agit de la première œuvre de Maurice Ravel publiée aux éditions Durand, qui deviennent son principal éditeur.
L'œuvre complète est créée le par Gabriel Grovlez au concert de la Société nationale de musique, à la Salle de la Schola Cantorum.
La création est précédée par deux auditions privées : la première à Paris, le , par Maurice Ravel, dans le salon de la princesse Edmond de Polignac ; la deuxième audition privée et première audition à Lyon, le , par la pianiste Paule de Lestang, lors d'un concert de la Revue musicale de Lyon au domicilie de son directeur Léon Vallas. Pendant longtemps, il a été considéré que cette audition lyonnaise correspondait à la création, mais, comme Léon Vallas le précise, il s'agit bien d'un concert privé chez lui.
L'œuvre porte la référence M.40, dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue Marcel Marnat.
Présentation La Sonatine, en trois mouvements : Modéré, en fa dièse mineur à ; Mouvement de menuet () en ré bémol majeur à ; Animé, en fa dièse mineur à , avec des mesures à cinq temps () et concluant en fa dièse majeur.
Modéré
Guy Sacre observe que .
Marguerite Long regrette qu'.
vignette|center|redresse=2.5|Premières mesures du premier mouvement, Modéré.
Le mouvement présente dans la succession d'.
La reprend le premier thème, offrant .
Louis Aguettant mentionne, de Ravel, , pour illustrer combien . Marcel Marnat rapproche ce mouvement initial de Mouvement dont .
Mouvement de Menuet
Le deuxième mouvement est un menuet en ré bémol majeur, composé en 1895, . Le menuet est . Celui du Tombeau de Couperin .
vignette|center|redresse=2.5|Premières mesures du Mouvement de menuet.
Un motif secondaire, naissant . Pour Marguerite Long, .
Guy Sacre suppose qu'.
Vladimir Jankélévitch analyse en profondeur l'indication Sans ralentir : ces mots . Cette esthétique .
Plus précisément, .
Animé
Le troisième et dernier mouvement est . Marguerite Long considère que ce mouvement .
vignette|center|redresse=2.5|Premières mesures du dernier mouvement, Animé.
Le deuxième thème reprend, .
Marcel Marnat relève les indications de jeu du compositeur : de telle sorte que, . Ce mouvement témoigne du de Ravel pour .
Pour Alfred Cortot, dans la Sonatine .
Analyse
Vladimir Jankélévitch estime que la Sonatine de Ravel est . Cette œuvre : au contraire, considère Marcel Marnat, .
Structure et harmonie
Pour Marcel Marnat, la de la Sonatine se retrouve dans les Cinq mélodies populaires grecques achevées en 1906, de telle sorte que .
Le musicologue Jean-Claude Teboul montre comment Ravel, .
Mélodie et contrepoint
Inspirations
Sonate ou Sonatine Selon Guy Sacre, Ravel . Ainsi, .
Cependant, s'interroge Guy Sacre.
En 1903, les deux premières sonatines pour piano de Maurice Emmanuel (Sonatine bourguignonne de 1893, et Sonatine pastorale de 1897) sont inconnues malgré leur nature , et resteront inédites jusqu'en 1923. Dans ces deux œuvres,
La Sonatine de Charles-Valentin Alkan, composée et publiée en 1861, , la Grande sonate « Les Quatre Âges de la vie » de 1847. Cette partition romantique, de son auteur, est .
Danses La Sonatine montre . En fait, . Cette démarche combine .
Alfred Cortot note que la Sonatine, Jeux d'eau, les Miroirs et Gaspard de la nuit , si présents pour imposer , dans sa musique. Cependant, Jules Van Ackere considère que . Le Tombeau de Couperin, dernière œuvre de Ravel pour piano seul, renoue avec cette partition .
Chansons basques La Sonatine de Ravel est, .
En 1996, le compositeur et musicologue Michel Sendrez suggère que le thème qui parcourt la Sonatine avec une chanson basque, , présente dans le un recueil de chants traditionnels collectés et publiés par le père Azkue.
Postérité La Sonatine de Maurice Ravel est, selon Roland-Manuel, . Marcel Marnat y entend un .
Accueil critique et public
Selon Guy Sacre, .
Marcel Marnat conclut qu'.
Reconnaissance
Grâce à .
En 1927, Ravel rend visite au père Donostia au monastère de Lekaroz : celui-ci lui fait entendre, entre autres pièces pour piano, son zortziko Errimina et Ravel interprète sa Sonatine.
Ravel joue régulièrement sa Sonatine, avec un grand succès, notamment lors de sa tournée américaine en 1928. En novembre de cette année, lors d'un concert à l'ambassade de Madrid, il est . Jean Echenoz commente ainsi, dans son roman Ravel :
Influences
Le genre de la sonatine pour piano connaît alors un regain d'intérêt, qu'illustrent les œuvres de Reynaldo Hahn (Sonatine en ut majeur, en 1907), Max Reger (Quatre sonatines , en 1905-1908), Ferruccio Busoni (six Sonatines, de 1910 à 1920), Albert Roussel (Sonatine , en 1912), Jean Sibelius (Trois sonatines , en 1912), Béla Bartók (Sonatine « sur des thèmes paysans de Transylvanie », en 1915), Alexandre Tcherepnine (Sonatine romantique , en 1918), Erik Satie (Sonatine bureaucratique, en 1917) et Charles Koechlin (Cinq sonatines , en 1915-1916, et Quatre nouvelles sonatines , en 1923-1924).
Cette tendance se confirme dans les années 1920, après la première Guerre mondiale avec des partitions de Vítězslav Novák (Six sonatines , en 1919-1920), de Georges Auric (Sonatine, en 1922), de Jean Wiéner (Sonatine syncopée, en 1923) et de Pierre-Octave Ferroud (Sonatine en ut dièse, en 1928). Maurice Emmanuel revient à la composition pour piano seul avec deux nouvelles sonatines (Sonatine , Sonatine « sur des modes hindous » ) en 1920.
Le deuxième mouvement de la Sonatine (1916) d'Alfredo Casella est un menuet, . Guy Sacre entend dans la Sonatine (1929) de Joseph Jongen, . Pour Vladimir Jankélévitch, le de cette rappelle, .
La Sonatine , (1937) de Jean Absil , selon le pianiste Daniel Blumenthal, . Les Six sonatines de Camargo Guarnieri, composées de 1928 à 1965, .
La Suite pour piano, (1901-1903) de Georges Enesco .
Transcriptions et arrangements Le menuet de la Sonatine a fait l'objet de plusieurs transcriptions et d'une orchestration pour orchestre de chambre.
Wayne Peterson, lauréat du Prix Pulitzer de musique 1992, réalise un arrangement de la Sonatine de Ravel pour quintette à vent en 1989.
Discographie Témoignages Maurice Ravel a réalisé un enregistrement partiel de sa Sonatine : sur rouleau de piano pneumatique , . Marcel Marnat s'étonne En 1920, . En 1923, Mieczysław Horszowski enregistre également cette partition sur rouleau puis, en 1931, Alfred Cortot réalise un enregistrement électrique de la Sonatine.
Sélection + Discographie de la Sonatine pour piano de Ravel.pianistedatelabel / ref.note111 mai 1931« Grands pianistes » Philips 456 754-22novembre 1955DG 477 62013195741 CD Decca 485 1451 / Philips 456 817-24novembre 1957Andante AN21105juillet 1958Philips 456 775-2 / 23 CD Sony 88725459972Enregistré à New York, CBS Studios.68 septembre 1960DG 479 6065 / Doremi DHR-8029Enregistré à Cologne.7novembre 1964Philips 438 353-2 / 2 CD Intégrale de la musique pour piano.Concerto en sol, Concerto pour la main gauche.88 juin 1967EMI 5 85990 2 / 54 CD Erato 190295261869novembre 1974DG 428 148-2 / Philips 456 700-2Enregistré à Berlin..101977EMI 5 86061 2 Enregistré à Paris, salle Wagram.Intégrale de la musique pour piano.1122 avril 1979EMI 5 62917 2 / 20 CD Warner Classics 0190295948986Enregistré au Concertgebouw d'Amsterdam.12février-mars 1989Chandos 50146828647251320 mars 1989Decca 433 657-2 (vol. 7) Enregistré à Londres, St John's Smith Square.1423 juin 1993DG Enregistré à Hambourg, Friedrich-Ebert-Halle.15juillet 2015Erato Intégrale de la musique pour piano.
Arrangements The Orlando Quintet, arrangement de Wayne Peterson pour quintette à vent (, Brilliant Classics 94772)
Bibliographie
Ouvrages généraux . . . . . . . . . . . . .
Écrits de Maurice Ravel
Monographies
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Articles, chapitres d'ouvrages
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Notes discographiques
Notes et références Notes
Références Marcel Marnat, Maurice Ravel, Fayard, 1986 :
Jean-Claude Teboul, Ravel, le langage musical dans l'œuvre pour piano, Le léopard d'or, 1987 :
Autres sources :
Liens externes
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