Les sépultures à enclos de l'Atbai (en anglais : Atbai Enclosure Burials, abrégé AEB) sont un type de monument funéraire préhistorique identifié dans le désert de l'Atbai, entre la vallée du Nil et la mer Rouge. Elles sont caractérisées par une enceinte circulaire en pierre renfermant des sépultures humaines et parfois animales.

Le terme a été proposé en 2026 afin de regrouper un ensemble de 280 monuments, 260 inconnus identifiés par satellite, et 20 auparavant étudiés séparément dans les déserts de l'est de la Nubie.

Localisation

Les sépultures à enclos de l'Atbai sont réparties sur plus de 1000 km de distance dans les régions désertiques situées entre le Nil et les montagnes bordant la mer Rouge. Leur répartition s'étend de la Haute-Égypte jusqu'aux régions proches de l'actuelle frontière érythréenne.

Parmi les principaux sites figurent Wadi Khashab, Bir Asele, Khor Rafit, Wadi Gabgaba et Wadi Allaqi.

En accord avec les autorités soudanaises, les archéologues à l'origine de l'identification des 260 sites n'ont pas dévoilé leurs emplacements précis, afin d'éviter de potentiels actes de vandalisme ou de pillage.

Description

Les monuments prennent généralement la forme d'une enceinte circulaire ou ovoïde construite en pierres sèches. Leur diamètre varie de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres. Les fouilles réalisées sur certains sites ont mis au jour des sépultures humaines associées à des dépôts d'animaux domestiques, notamment des bovins, des moutons et des chèvres.

Le site de Wadi Khashab constitue l'exemple le mieux documenté. Les recherches y ont révélé un monument d'environ 18 mètres de diamètre comprenant plus de vingt-cinq inhumations humaines et animales organisées autour d'une sépulture centrale. La datation au carbone 14 d'échantillons de poteries retrouvés sur certains des sites archéologiques indiquent que les sépultures datant d'entre le –.

Chronologie

Les datations radiocarbone disponibles situent l'utilisation des sépultures à enclos de l'Atbai principalement entre le –, durant la phase finale de la période humide africaine et les siècles qui suivent.

Cette chronologie est contemporaine de plusieurs cultures néolithiques et protohistoriques de la vallée du Nil, notamment les cultures badarienne, naqadienne, et pré-Kerma.

Interprétations

Les chercheurs associent ces monuments à des populations pastorales occupant les déserts de l'est de la Nubie. La présence fréquente de bétail dans les contextes funéraires suggère l'importance économique et symbolique de l'élevage dans ces sociétés.

Selon Cooper et ses collaborateurs, les sépultures à enclos de l'Atbai témoignent d'une tradition funéraire cohérente à l'échelle régionale malgré la diversité architecturale observée sur les différents sites. La disparition progressive de cette tradition pourrait être liée à la désertification croissante du Sahara oriental après la fin de la période humide africaine.

Historique des recherches

Des structures aujourd'hui rattachées aux sépultures à enclos de l'Atbai ont été décrites dès 1926 par George W. Murray sur le site de Bir Asele.

Toutefois, ce n'est qu'au cours des années 2020, grâce aux travaux de télédétection (détection par satelitte) du Atbai Survey Project, qu'un vaste ensemble de monuments similaires a été identifié et étudié comme un phénomène archéologique régional.

Voir aussi

Nubie Pastoralisme Soudan

Références

Bibliographie

Catégorie:Site préhistorique au Soudan Catégorie:Culture néolithique en Afrique Catégorie:Nubie Catégorie:Préhistoire de l'Afrique Catégorie:Monument ou structure funéraire