La santé en République de Djibouti est un secteur en mutation permanente depuis l'indépendance du pays en 1977. Confronté à des contraintes géographiques, démographiques et financières importantes, l'État djiboutien déploie, avec l'appui de partenaires internationaux, une politique sanitaire qui cherche à couvrir l'ensemble de la population, y compris les populations rurales et les réfugiés.
Histoire À partir des années 1990, les premières stratégies nationales de développement sanitaire voient le jour en Djibouti. Dès 1995, les autorités sanitaires djiboutiennes, avec l'appui de la Banque mondiale, engagent la préparation d'une stratégie de développement du secteur santé assortie d'un plan d'action, financé grâce à un don du gouvernement japonais via l'Association internationale de développement (IDA). Le pays adopte successivement plusieurs Plans nationaux de développement sanitaire (PNDS), dont le premier couvre la période 2002-2011.
Contexte La ville de Djibouti concentre environ 60 % de la population nationale, ce qui crée une pression particulièrement forte sur les établissements de santé de la capitale.
Sur le plan épidémiologique, le pays cumule un lourd fardeau de maladies transmissibles et une montée des maladies chroniques. Il est confronté aux maladies infectieuses à caractère épidémique ou endémique aludisme, choléra, hépatite virale, fièvre typhoïde ainsi qu'au VIH/SIDA, avec une séroprévalence de 2,9 % dans la population générale, et à la tuberculose, dont la prévalence figure parmi les plus élevées au monde. Les risques liés aux maladies non transmissibles, en particulier cardiovasculaires, sont en hausse.
Les indicateurs de mortalité, bien qu'en amélioration, restent préoccupants. En 2023, l'espérance de vie s'établit à 68,5 ans pour les femmes et 63,5 ans pour les hommes. La mortalité maternelle s'élève à 162 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2023, en recul par rapport aux années précédentes mais encore très élevée. La malnutrition infantile reste une problématique majeure. En 2024, environ 20,9 % des enfants présentent un retard de croissance.
Réformes récentes En 2020, le Ministère de la Santé a adopté son quatrième Plan National de Développement Sanitaire (PNDS) pour la période 2020-2024, articulé autour de cinq priorités : l'extension des soins de qualité dans toutes les régions, l'intégration des soins préventifs et curatifs, le renforcement de la gouvernance, l'augmentation du financement de la santé et l'amélioration du système d'information sanitaire.
Parmi les chantiers institutionnels engagés, la réforme de l'organigramme du Ministère de la Santé constitue une priorité. L'AFD soutient cette réforme à travers une étude de faisabilité comprenant un audit organisationnel et institutionnel, avec également à l'ordre du jour une réforme de la carte sanitaire et l'adoption d'un code de la santé publique.
Sur le plan du financement extérieur, la Banque mondiale approuve en mai 2022 un financement de 19,5 millions de dollars pour améliorer les services de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile, y compris pour les réfugiés. La modernisation du système d'information sanitaire a également progressé. De 2020 à 2022, une mission de modernisation du Système National d'Information Sanitaire est conduite par l'intégration de la plateforme DHIS2 et améliore la collecte et l'analyse des données de santé publique.
Lieux de soins Le système de santé djiboutien s'organise en pyramide. À la base, les postes de santé et centres de santé communautaires assurent les soins primaires dans les régions et les quartiers périurbains. Les polycliniques, dont six sont implantées dans la capitale, constituent un niveau intermédiaire, notamment pour la prise en charge obstétricale. Des centres médico-hospitaliers (CMH) dans les régions d'Arta, Dikhil et Obock, ainsi qu'un hôpital régional à Ali Sabieh, complètent l'offre territoriale.
L'hôpital général Peltier est la principale structure hospitalière du pays, doté de services spécialisés ( pédiatrie, ophtalmologie, blocs de spécialités ) et d'un projet de réhabilitation et de modernisation en cours.
Le pays est passé de seulement trois postes de santé à plus de quarante établissements de santé aujourd'hui, accompagnés d'un réseau élargi de centres de santé communautaires et de polycliniques.
Références
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