Le British People’s Party (BPP) est un parti politique britannique d’extrême droite, créé en 1939 et placée sous l’autorité de John Beckett, ancien militant de la British Union of Fascists (BUF) et ex-député issu des rangs du Parti travailliste.
Origines gauche|vignette|Un organigramme illustrant l'histoire des débuts du mouvement fasciste britannique Le Parti britannique du peuple (BPP) prend racine dans la revue New Pioneer, publication placée sous la direction de John Beckett, qui constitue l’organe officieux du British Council Against European Commitments, structure de coordination fédérant notamment la National Socialist League (NSL), l’English Array ainsi que la Ligue des loyalistes. Cette publication s’inscrit dans une ligne éditoriale explicitement hostile à l’engagement militaire contre l’Allemagne nazie, tout en véhiculant simultanément des orientations idéologiques relevant du fascisme et de l’antisémitismeD. Boothroyd, The History of British Political Parties, London: Politico's Publishing, 2001, p. 24. La propriété de la revue revient alors au vicomte Lymington, figure notoirement opposée à la poursuite du conflit contre l’Allemagne. Dans l’entourage rédactionnel et intellectuel associé à cette entreprise figurent également A. K. Chesterton ainsi que l’anthropologue George Pitt-Rivers, tandis qu’une partie des collaborateurs, au premier rang desquels Lymington, entretient des affinités idéologiques avec le ruraliste Rolf Gardiner.
Politique et structure En 1939, Beckett se dissocie de William Joyce, alors allié au sein de la NSL, à la suite d’une déclaration de ce dernier insinuant qu’en cas d’affrontement armé entre le Royaume-Uni et l’Allemagne, il choisirait de combattre aux côtés du régime nazi. Cette prise de position, aggravée par la perception d’une exacerbation de l’antisémitisme chez Joyce, lequel contribue à entraver le fonctionnement interne de la NSL, suscite chez Beckett une rupture progressive. Celui-ci s’allie alors à Lord Tavistock, héritier du duché de Bedford, afin de constituer en 1939 le Parti populaire britannique. Cette formation politique défend l’arrêt immédiat du conflit mondial alors en cours et adopte une hostilité marquée à l’égard de l’usure financière, en s’inspirant partiellement de certaines doctrines économiques associées à Hilaire BellocM. Kenny, Germany Calling, Dublin: New Island, 2004, p. 149. Le mouvement intègre par ailleurs divers éléments issus du crédit social, Lord Tavistock ayant précédemment milité au sein de cette mouvance.
L'administration du parti échoit à un directoire composé de Tavistock, qui en assume la présidence, de Beckett, lequel en assure le secrétariat, et de Ben Greene, ancien prétendant travailliste et figure notoire du pacifisme au sein de la Peace Pledge Union, officiant en qualité de trésorier. Cet organe décisionnel intègre également le lord Lymington ainsi que l'ex-publiciste John Scanlon, transfuge des sphères de gauche. Le cercle des membres fondateurs s'adjoint, par ailleurs, les concours du baron Brocket, Ronald Nall-Cain, de Richard St. Barbe Baker, du baron Arnold, Sydney Arnold, du duc de Buccleuch, Walter Montagu-Douglas-Scott, et du comte de Mar, Walter Erskine.
Activités L’action du parti se circonscrit, pour l’essentiel, à la convocation de séances privatives, à la parution de la gazette The People’s Post et à l’engagement dans le scrutin partiel tenu à Hythe, dans le Kent, en 1939. À cette occasion, la propagande orchestrée par St. John Philby, transfuge du Parti travailliste investie par le BPP, gravite prioritairement autour d’une ligne neutraliste. Nonobstant le cautionnement public de personnalités telles que Barry Domvile, mentor du groupement The Link, cette tentative électorale s’achève par une avanie, le candidat ne parvenant point à recouvrer sa caution. Philby récuse toute adhésion aux dogmes du BPP, à l’exception notable de son aversion pour le conflit armé. Se revendiquant d’une proximité idéologique avec le Parti travailliste, il déplore néanmoins la propension belliqueuse de ce dernier. Tant aux yeux de Philby qu’à ceux du corps social, le BPP se voit ainsi perçu comme une officine monomanie, exclusivement dédiée au pacifisme.
Pendant la guerre À la suite du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le BPP prend part aux initiatives impulsées par la British Union of Fascists visant à consolider les relations entre divers groupements d’extrême droite. Dans la sphère privée, Oswald Mosley porte néanmoins un jugement défavorable à l’égard de cette organisation, qualifiant Beckett d’« escroc », Tavistock de « tête en l’air » et Greene de personne « peu intelligente ». L’internement de Beckett en application du Defence Regulation 18B, en 1940, provoque la mise en veille du parti, lequel ne fait toutefois l’objet d’aucune mesure d’interdiction gouvernementale. Le patronage de Lord Tavistock, devenu duc de Bedford la même année, permet au BPP de se maintenir hors du champ des prohibitions officielles et d’échapper à toute proscription formelle. Dans la période suivante, le groupe s’agrège brièvement et de manière clandestine au Front national issu de la victoire d’A. K. Chesterton en 1944, formation qui suscite également l’intérêt de diverses personnalités telles que J. F. C. Fuller, Henry Williamson, Jeffrey Hamm, William Morris, le premier vicomte Nuffield et Lymington, ce dernier ayant entre-temps succédé à son père en tant que comte de Portsmouth. Le mouvement est finalement démantelé à la suite d’une infiltration attribuée au Conseil des députés des Juifs britanniques, lequel transmet des informations à Robert Vansittart, premier baron Vansittart ; ses prises de position relatives au risque de résurgence du fascisme contribuent ensuite à l’engagement de mesures répressives à l’encontre de ces organisations.
Dernières années La dénomination du BPP refait surface en 1945 à la faveur d'une requête infructueuse visant à obtenir la commutation de la peine capitale prononcée à l'encontre de William Joyce — ancien acolyte de Beckett — pour trahisonG. Macklin, Very Deeply Dyed in Black, London: IB Tauris, 2007, p. 34. Au sortir du second conflit mondial, le mouvement intensifie son prosélytisme, articulant désormais sa doctrine autour de la réorganisation monétaire et du développement des activités agraires. L'Union Movement ne voyant le jour qu'en 1948, le BPP bénéficie, en amont de cette création, d'un accroissement de ses effectifs ; figure parmi ces nouveaux adhérents Colin Jordan, rallié en 1946, qui collabore épisodiquement avec la formation avant de dévouer son action au radicalisme de l'activiste Arnold Leese. En dépit d'une candidature lors du scrutin partiel des universités britanniques combinées le 18 mars 1946, le parti subit un cuisant échec en ne recueillant que 239 suffragesBy-election results . L'existence institutionnelle du BPP prend fin en 1954, année de sa dissolution formelle.
Références
Bibliographie
Catégorie:Ancien parti politique au Royaume-Uni Catégorie:Parti politique disparu en 1954 Catégorie:Parti politique fondé en 1939