Eustache Picot est un ecclésiastique, musicien et compositeur français actif dans la première moitié du . Il sert à Évreux, Rouen et Paris, où il occupe des fonctions de maître de musique, de sous-maître de la Chapelle royale et de chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris. Son nom reste surtout associé à ses charges ecclésiastiques, à ses fondations pieuses et à des œuvres aujourd'hui presque entièrement perdues.
Biographie
Origines et formation
Eustache Picot naît vers 1575, probablement à Évreux ou dans le diocèse d'Évreux. Son épitaphe le désigne comme conseiller et aumônier du roi, maître de musique de sa chapelle, abbé de Chalivoy et chanoine de la Sainte-Chapelle royale du Palais. Le même texte indique qu'il meurt le à l'âge de 76 ans, ce qui confirme une naissance autour de 1575.
En , il apparaît à Évreux comme clerc de semaine et membre du Puy de musique. Cette première attestation le place déjà dans un milieu où se rencontrent la liturgie cathédrale et la pratique musicale savante.
Rouen
Le , Eustache Picot prend la charge de maître de musique des enfants de la cathédrale de Rouen. Il conserve cette fonction jusqu'en 1604. La notice prosopographique le rattache ainsi à la tradition des maîtrises normandes du tournant du siècle.
Chapelle royale
Après la mort d'Eustache Du Caurroy, survenue en , Picot semble partager la charge de sous-maître de la Chapelle royale avec Nicolas Formé, chacun prenant un semestre. En , il est mentionné avec des gages de livres. À la mort de Formé en , Thomas Gobert reprend la sous-maîtrise et Picot reçoit une charge spécifique de compositeur de la musique de la Chapelle, rémunérée livres par an.
Le , il accompagne le chanoine Barrin auprès du roi pour demander le remplacement de Jacques Du Moustier. Cet épisode montre son rôle dans les affaires musicales de la cour autant que dans la gestion pratique des charges de la Chapelle.
Sainte-Chapelle de Paris
Le , Picot se présente avec des lettres de collation pour plusieurs bénéfices vacants. Le , il est reçu chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris. Le , il montre les Saintes Reliques à Monsieur, frère du roi. Le , à la suite d'une démarche conduite avec le chanoine Nicolas Loysel, un arrêt du Parlement reconnaît la préséance des chanoines prêtres sur ceux qui ne sont que diacres ou sous-diacres.
Le , Picot propose à la Compagnie la fondation d'une procession solennelle pour le jour de Pâques. La fondation est acceptée. Le , il verse livres pour l'établir. Le , un conflit avec Artus Aux-Cousteaux au sujet de la réception d'un enfant conduit au renvoi de ce dernier de la Sainte-Chapelle. Le , Picot prête 400 livres à la Sainte-Chapelle pour payer la semaine des chantres.
Charges, bénéfices et fonctions
En , il est clerc de semaine à la cathédrale d'Évreux et membre du Puy de musique, ce qui constitue la première attestation connue de son activité. Du au , il est maître de musique des enfants de la cathédrale de Rouen, et dirige ainsi la maîtrise avant de rejoindre la sphère royale. De à , il est sous-maître de la Chapelle royale, charge qu'il semble partager avec Nicolas Formé, puis Thomas Gobert reprend la sous-maîtrise en 1638. Parallèlement, de à , il est compositeur de la musique de la Chapelle, charge créée après la mort de Nicolas Formé, avec des gages de livres. Le , il devient chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris, fonction qu'il cumule avec ses activités musicales jusqu'à sa mort. De à , il est également prébendé de Saint-Hilaire de Poitiers, bénéfice qui lui est accordé après son séjour à Poitiers. Entre et , il est successivement abbé de Cercamp puis abbé de Chalivoy, l'affaire de Cercamp ouvrant un procès avant que Chalivoy lui soit attribué en compensation. Enfin, de à environ , il est abbé de Saint-Bertault de Chaumont, titre qu'il ne porte plus dans son testament de 1650.
Donations, fondations et testament
Les revenus attachés à ses charges et bénéfices sont élevés. Parvenu à la vieillesse, Picot emploie une part de sa fortune à des fondations pieuses et charitables. Il fonde à la Sainte-Chapelle une procession solennelle pour le matin du dimanche de Pâques, avec des chants de sa composition notés dans un livret particulier. Le , il donne livres à l'Hôtel-Dieu de Paris pour contribuer à l'agrandissement de l'hôpital. En , il renouvelle à Évreux la fondation d'une procession pour le jour de Pâques.
Dans son testament olographe rédigé en puis complété par un codicille le , il lègue des sommes importantes à des ordres religieux parisiens, à sa famille, à ses domestiques et à plusieurs particuliers. Il réaffirme ses donations à l'Hostel-Dieu et aux Incurables. Dans un codicille, il donne toute sa musique à Eustache Gehenault, maître de musique de la Sainte-Chapelle. Il meurt peu après, le , et il est inhumé dans la basse Sainte-Chapelle, conformément à sa volonté.
Œuvres et réception
La notice de la prosopographie des chantres de la Renaissance indique qu'aucune œuvre polyphonique de Picot n'est conservée. Le même constat ressort des études anciennes consacrées à la Sainte-Chapelle. Son testament montre pourtant qu'il attache une valeur particulière à sa production musicale, puisqu'il la lègue en bloc à Eustache Gehenault.
Les historiens de la musique le mentionnent surtout dans les travaux sur la Chapelle royale, les maîtrises de cathédrales et la Sainte-Chapelle de Paris. Sa carrière illustre le passage d'un musicien de maîtrise provinciale vers les charges musicales et canoniales les plus élevées du royaume.
Références
Bibliographie
Voir aussi
Article connexe Chant chrétien
Liens externes
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