Icilio Petrone, né le 3 mai 1902 à Montecorvino Rovella et mort en 1972 à Rome, est un journaliste, syndicaliste et écrivain fasciste italien.
Il ne faut pas le confondre avec Icilio Petrone, né en 1896 à Bussi sul Tirino, émigré à Philadelphie, dirigeant de l’Order Sons of Italy en Pennsylvanie.
Biographie Journaliste et écrivain, spécialiste du syndicalisme, il a participé à l'expérience de L'Universale de Berto Ricci. En janvier 1933, il figurait parmi les signataires du Manifesto realista, rédigé par Ricci, qui exposait le programme « universaliste » et « révolutionnaire » de la revue. Il a collaboré avec des revues et des journaux italiens et étrangers, notamment : Il Giornale di Genova, Il Giornale d'Italia, Il Resto del Carlino, Critica fascista, Epoca.
Anti-bourgeois et « fasciste de gauche », il a contribué au volume collectif Processo alla borghesia, avec Edgardo Sulis, Berto Ricci et Diano Brocchi. Critique à l'égard de la classe dirigeante fasciste, de la « vie hédoniste », et partisan d'une plus grande de justice sociale pour les travailleurs italiens dans le cadre de l'Empire, il écrivait : « Il serait très facile, en se référant à la pensée et aux infinies déclarations du Duce, de dire qu'il veut une Italie riche, et que seule une vraie richesse peut donner à tout le peuple italien la possibilité de faire en sorte que son travail se déroule sur un plan de commandement, et non de servitude vis-à-vis de l'économie internationale. On ne peut pas prétendre ridiculement parler à un peuple d'apôtres ! Nous parlons quotidiennement à des gens qui travaillent pour vivre, et qui ont tout le droit d'attendre d'une victoire totale italienne une récompense majeure pour leur travail, et une dignité de rémunération qui ne peut être déterminée que par une véritable richesse de la patrie.
Il appartient aux lois de la nation, à sa classe dirigeante, d'éviter qu'une telle richesse ne mène à l'amollissement et à la décadence des mœurs […] Mais, je le répète, c'est une question d'aristocratie et d'exemple. Ce n'est pas la richesse qui tue, mais le manque de justice sociale et d'équilibre idéal qui détermine l'effondrement des nations.
Après la guerre, il ne nous restera qu'un problème de justice sociale, problème qu'une nation riche peut résoudre de manière beaucoup plus réaliste ; mais il faudra le faire sans rhétorique, et décidés à aller révolutionnairement au fond des choses, sans s'arrêter aux spécieuses discussions dites techniques qui sont à la mode dès que l'on reparle de justice sociale, et qui finissent par dévier, dans l'emphase des discours officiels, de toute solution effective des problèmes […] ».Il a publié, entre autres ouvrages, le roman L'amore dei giganti, Un dio greco e altre poesie, ainsi que les essais La Germania nel dramma della sua storia et II problema delle aristocrazie e il popolo nel Novecento. Dans ce dernier, il offrait une reconstruction historique du Risorgimento, mouvement jacobin conduit dans un premier temps par une aristocratie nationale, révolutionnaire et héroïque. L'historien Giuseppe Parlato explique en effet que : « pour Petrone, les aristocraties étaient constituées par les révolutionnaires jacobins ou par ceux qui, après la Restauration, s’étaient réclamés de Buonarroti et de Mazzini ; la bourgeoisie était naturellement celle de Cavour et libérale qui, tandis qu’elle formait l’Italie, montrait plus de peur des révolutionnaires que des résidus légitimistes des anciens États pré-unitaires. Cela expliquait, selon Petrone, pourquoi l’unité « toutes les anciennes camarillas des vieux régimes, du clérical au bourbonien, à l’autrichien, étaient ressuscitées et constituaient les groupes conservateurs les plus variés, en parfait accord pour considérer ouvriers et paysans comme des esclaves ou des ennemis, et avec la peur folle de l’évolutionnisme, alliés d’un nationalisme d’académie, non par amour de l’héroïsme, mais pour tenir bon sur les catégories du travail » ». Ainsi, selon Petrone, seuls les socialistes révolutionnaires s'étaient montrés digne de l'héritage du Risorgimento : « [contre les conservateurs s’étaient placés seulement] les partis naissants de gauche, dont le plus important était le parti socialiste italien, qui eut des hommes très éminents et de franche provenance garibaldienne, naturellement combattus par les gouvernements qui, bien plus que monarchiques, avaient une couleur bourgeoise ».Dans cette perspective, Petrone se montrait hostile à l'égard des réformistes de gauche de l’ère giolittienne, lesquels se limitaient, selon lui, à demander de plus grandes libertés syndicales sans jamais contester à la racine le système bourgeois et capitaliste.
Publications
La figlia del re Sole, Lanciano, G. Carabba, 1929. L'amore dei Giganti, Firenze, Vallecchi, 1937. Il problema delle aristocrazie e il popolo nel Novecento, Firenze, A. Vallecchi, 1939. Civiltà e borghesia, Rocca S. Casciano, Cappelli, 1940. Breve storia della Russia, Roma, Editrice cultura moderna, 1944. La Germania nel dramma della sua storia, Roma, Editrice cultura moderna, 1946. Un dio greco ed altre poesie, Roma, Centro editoriale d'Iniziativa, 1958.
Notes et références
Bibliographie
Liens externes
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