La famille de Carbonnières est une famille subsistante de la noblesse française, originaire des confins du Limousin et de l'Auvergne, autour de l'ancienne baronnie de Carbonnières, située dans l'actuelle commune de Goulles, en Corrèze.
Connue par des mentions anciennes dès le , elle rattache sa filiation suivie à Rigald de Carbonnières, seigneur et baron de Carbonnières, vivant au . Elle a donné plusieurs branches établies en Limousin, en Périgord, en Auvergne et dans la Marche, notamment les rameaux de Jayac et Saint-Chamassy, de Saint-Brice et Chambéry, ainsi que celui de La Capelle-Biron.
Elle compte notamment François de Carbonnières, seigneur de Chambéry, gouverneur de la citadelle Saint-Sébastien de Lyon au pendant les guerres de Religion. La branche de Saint-Brice, subsistante, a été admise à l'Association d'entraide de la noblesse française en 1934.
Histoire Origines La famille de Carbonnières tire son nom de l'ancienne baronnie de Carbonnières, située au diocèse de Tulle, sur les confins du Limousin et de l'Auvergne. Elle est rattachée à la noblesse chevaleresque du centre de la France.. Le château de Carbonnières, aujourd'hui ruiné, dominait un ensemble féodal dont les dépendances s'étendaient au Moyen Âge sur plusieurs diocèses du centre de la France. Les ruines des tours de Carbonnières, à Goulles, sont protégées au titre des monuments historiques..
Guillaume de Carbonnières entre comme religieux au monastère de Tulle le 21 mars 1070, en présence de ses frères Gilbert et Bernard de Carbonnières, de sa mère Unia de Comborn et d'Archambaud, vicomte de Comborn. Il devient abbé de Tulle en 1092 et obtient des bulles pontificales pour ce monastère en 1095 et 1105.
Le nom des seigneurs de Carbonnières apparaît ensuite dans plusieurs actes des . La filiation suivie est rattachée à Rigald de Carbonnières, seigneur et baron de Carbonnières, qui reçoit un hommage en mars 1254 et effectue un échange en septembre 1270. Le Nobiliaire d'Auvergne rattache également cette maison aux barons de Carbonnières, de La Capelle-Biron, aux seigneurs de Merle, de Pénières, de Jayac, d'Archignac, de Saint-Brice et de Boussac..
Hugues de Carbonnières est mentionné parmi les chevaliers croisés de 1248. Son nom et ses armes figurent dans les salles des Croisades du musée de Versailles.
Branches médiévales et modernes Au , Rigald de Carbonnières, seigneur et baron de Carbonnières, marié à Delphine de Scorailles, laisse deux fils. Le premier, autre Rigald, transmet une partie de la baronnie à une fille unique mariée au baron de Montal. Le second, Jean de Carbonnières, seigneur de Merle, de Pénières et d'une partie de la baronnie de Carbonnières, marié à Garine de Pesteils, continue la descendance.
Jean de Carbonnières, damoiseau du château de Carbonnières, épouse d'abord Jeanne de Salignac, dame de Pelvézy, puis Hélène d'Aubepeyre. De cette génération sont issues deux grandes directions familiales : la branche aînée de Jayac et Archignac, et une seconde branche rattachée à Pelvézy puis à La Capelle-Biron.
La branche aînée est représentée au par Jean de Carbonnières, gouverneur de Dôme pour le roi et de Larche pour le duc de Penthièvre, marié en 1444 à Catherine de Guerre, héritière des seigneuries de Jayac et d'Archignac, en Périgord. Son fils Jean de Carbonnières, chevalier, seigneur de Jayac et d'Archignac, épouse Soubirane de Comborn en 1480. Ses fils Bertrand de Carbonnières et Élie, ou Hugues, de Carbonnières, sont à l'origine de deux rameaux de cette branche aînée.
Le rameau de Saint-Chamassy et Jayac est représenté notamment par François de Carbonnières, chevalier, seigneur de Saint-Chamassy et en partie de Jayac et d'Archignac, marié en 1635 à Valérie d'Olier. Un de ses descendants, Louis de Carbonnières, baron de Carbonnières, préfet de la Corrèze, meurt en 1844 en laissant une fille unique mariée à son cousin René-Charles de Carbonnières de Saint-Brice.
Le rameau de Saint-Brice possède notamment les seigneuries de Saint-Brice, Chambéry et La Vigne, dans l'élection de Limoges. Il est maintenu dans sa noblesse le 18 février 1668 par jugement de l'intendant d'Aguesseau. Il est représenté sous Louis XVI par Charles-Henri de Carbonnières, connu sous le titre de comte de Carbonnières, marié en 1768 à Anne du Carteron de La Péruse. La branche de Saint-Brice, subsistante, est admise à l'Association d'entraide de la noblesse française le 26 mai 1934..
La branche de La Capelle-Biron est issue d'Antoine de Carbonnières, seigneur de Pelvézy, marié successivement à Jeanne d'Abzac de La Douze et à Jeanne de La Tour de Neuvillars. Elle s'éteint en 1755 avec François-Gaston de Carbonnières, marquis de La Capelle-Biron.
Une branche d'Auvergne, dont le point de jonction exact avec la souche n'est pas déterminé, est maintenue noble en 1666 sur une filiation remontant à Rigaud de Carbonnières, marié en 1502 à Gilberte d'Ornhac.
Maintenues, honneurs et fonctions La famille de Carbonnières est maintenue dans sa noblesse à plusieurs reprises, notamment pour les rameaux de Saint-Chamassy et de Saint-Brice au . Le vicomte et le chevalier de Carbonnières sont admis aux honneurs de la Cour les 24 mars et 26 octobre 1786.
Plusieurs membres font des preuves de noblesse pour différentes institutions d'Ancien Régime : Jeanne de Carbonnières de Montjoffre est admise à Saint-Cyr en 1749, Antoine-Paul de Carbonnières de Saint-Brice est admis parmi les pages de la Grande Écurie en 1782, son frère Charles fait des preuves pour les pages de la reine en 1787, et Louis de Carbonnières, né en 1764 à Saint-Chamassy, est admis à l'École militaire en 1773.
Jean-Baptiste de Carbonnières, chevalier, seigneur comte de Saint-Brice, Chambéry, La Vigne et Le Repaire, baron de Boussac, participe en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Limoges. Le baron de Carbonnières participe la même année aux assemblées de la noblesse tenues à Périgueux.
La famille compte des maréchaux de camp, des commandants de places fortes, des gentilshommes de la chambre du roi, des chevaliers des ordres du roi et plusieurs chevaliers de Malte. François de Carbonnières, seigneur de Chambéry, exerce au des fonctions militaires à Maubert-Fontaine et à Rocroi avant d'être nommé gouverneur de la citadelle Saint-Sébastien de Lyon en 1564.. Une empreinte de son sceau est conservée sur une quittance de 200 livres donnée pour un mois de solde comme gouverneur de la citadelle de Lyon..
Boussac, archives et patrimoine La famille de Carbonnières arrive à Boussac en 1730, par le mariage de Françoise-Armande de Rilhac avec Jean-Baptiste de Carbonnières. Elle y demeure jusqu'à la Révolution.. Le fonds de Boussac conserve plusieurs dossiers relatifs à la famille de Carbonnières et aux familles alliées, notamment Melchior I de Carbonnières, François II de Carbonnières, Melchior II de Carbonnières, Jean-Baptiste de Carbonnières, Charles-Henri de Carbonnières et leurs descendants..
Le fonds de Boussac contient des archives des familles de Brosse, de Rilhac et de Carbonnières. Une étude récente sur les chartriers de Boussac souligne le rôle des archives familiales successivement conservées au château.. Un inventaire des Archives départementales de la Creuse rappelle également l'existence d'un important fonds de Carbonnières aux Archives départementales de la Dordogne, lié au fonds de Boussac..
Une notice FranceArchives consacrée à la famille de Carbonnières couvre des pièces allant de 1324 à 1818 et mentionne notamment Jean de Carbonnières, fils de Gilles, marié à Françoise Dubois.. Une autre notice concerne plus spécifiquement les Carbonnières de Saint-Brice, avec des inventaires de titres, successions, affaires de famille, titres militaires et charge de gentilhomme de la chambre du roi..
À Brive-la-Gaillarde, l'hôtel de Carbonnières doit son nom au baron de Carbonnières, descendant des seigneurs de Merle, sous-préfet de la Corrèze, qui l'habite dans la première moitié du ..
Liens de filiation entre les branches et les personnalités
Branches Branche de Jayac et Saint-Chamassy La branche de Jayac et Saint-Chamassy est issue de la branche aînée établie en Périgord par l'alliance de Jean de Carbonnières avec Catherine de Guerre, héritière des seigneuries de Jayac et d'Archignac. Elle donne notamment Louis de Carbonnières, baron de Carbonnières, préfet de la Corrèze, mort en 1844.
Le dernier représentant masculin de ce rameau laisse une fille unique mariée en 1807 à René-Charles de Carbonnières de Saint-Brice, ce qui rattache les droits de ce rameau à la branche subsistante de Saint-Brice.
Branche de Saint-Brice et Chambéry La branche de Saint-Brice et Chambéry possède notamment les seigneuries de Saint-Brice, Chambéry, La Vigne et Le Repaire, dans l'élection de Limoges. Elle est maintenue noble en 1668.
François de Carbonnières, seigneur de Chambéry, de La Vigne et de Montaudin, appartient à ce rameau. Homme de guerre au service de la monarchie, il est lieutenant à Maubert-Fontaine en 1548, capitaine de cette place en 1553, puis gouverneur de la citadelle Saint-Sébastien de Lyon en 1564. Il est également nommé gouverneur de Rocroi en 1569.
Sous Louis XVI, cette branche est représentée par Charles-Henri de Carbonnières, connu sous le titre de comte de Carbonnières, marié en 1768 à Anne du Carteron de La Péruse. Elle se poursuit notamment par Antoine-Paul de Carbonnières de Saint-Brice, reçu parmi les pages de la Grande Écurie en 1782, et par René-Charles de Carbonnières de Saint-Brice, dont la descendance subsiste.
La branche de Saint-Brice a été admise à l'Association d'entraide de la noblesse française le 26 mai 1934.
Branche de La Capelle-Biron La branche de La Capelle-Biron est issue d'Antoine de Carbonnières, seigneur de Pelvézy, marié notamment à Jeanne d'Abzac de La Douze. Elle se poursuit par Alain de Carbonnières, baron de Carbonnières et seigneur de La Capelle-Biron, chevalier de l'ordre du roi, puis s'éteint en 1755 avec François-Gaston de Carbonnières, marquis de La Capelle-Biron.
Branche d'Auvergne Une branche d'Auvergne, possessionnée notamment à La Barthe, dans l'élection d'Aurillac, est maintenue dans sa noblesse en 1666 sur preuves remontant à Rigaud de Carbonnières, marié en 1502 à Gilberte d'Ornhac. Le point de jonction précis avec la souche principale n'est pas établi.
Armes Les armes de la famille de Carbonnières se blasonnent : d'argent à trois bandes d'azur, accompagnées de huit charbons de sable allumés de gueules, posés dans le sens des bandes, 1, 3, 3 et 1.
Une formulation inverse est également donnée : d'azur à trois bandes d'argent, celle du milieu chargée de trois charbons de sable allumés de gueules, et les autres bandes chargées chacune de deux charbons de même.
Jougla de Morenas donne également des armes de la famille de Carbonnières 16px dans le Grand armorial de France..
Alliances Les principales alliances de la famille de Carbonnières sont notamment : de Salignac (1417), de Comminges (1459), d'Abzac de La Douze (1468), de Comborn (1480), de Gontaut (1496 et 1501), de Chapt (1499), de La Cropte (1506), de Gérard (1510), de Saint-Astier (1528), de Beaupoil de Saint-Aulaire (1582), Pot (1587), de Pompadour (1590), de Larmandie (1597), des Monstiers-Mérinville (1625), du Maine du Bourg (1625), d'Estrades (1632), de Bessay (1657), de La Baume-Forsac (1659), Formiger de Beaupuy (1661), de Molen (1662), de La Porte (1674), de Gimel (1682), de Foix-Rabat (1691), de Reilhac de Boussac (1730), de Vassal de La Queyzie (1748), de Gironde-Pilles (1748), d'Argouges de Rânes (1761), de Bosredon (1803), de Foucauld (1826), du Rieu de Meynadié (1863), ainsi que de Pesteils, de Commarque, Aubé de Bracquemont, de Menou, de Bourdeille de Matha, de Cugnac, du Pouget du Repaire, de Saint-Exupéry, de Fayolle, de Fumel de Montségur, de Losse et de Marcé.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . . . .
Fonds d'archives . . . . .
Articles connexes Tours de Merle