La famille Gaillard ou de Gaillard (parfois appelée Gaillard de Longjumeau pour la différencier de ses homonymes) est une famille éteinte de la noblesse française, originaire de la ville de Blois, ayant eu pour principaux fiefs Villemorant (actuel Loir-et-Cher), Longjumeau (Essonne) et Ventabren (Bouches-du-Rhône).

La famille a fourni plusieurs maires, dont un à Tours et un autre à Marseille pendant l'Ancien Régime, puis un troisième à Hyères sous la .

Dans la seconde moitié du , la branche aînée s'est convertie au protestantisme et, en réaction à la montée des violences lors de la première guerre de Religion, s'est vue obligée de quitter le royaume de France pour la Suisse, alors tolérante auxdits religieux réformés. À l'inverse, une branche cadette de la famille a fourni un évêque catholique à Apt (Vaucluse).

La filiation réelle d'une troisième et dernière branche, établie en Provence, à la famille est disputée, certains généalogistes estimant qu'il s'agit de deux familles homonymes dont la seconde aurait usurpé sa filiation avec la première, en dépit d'une maintenue officiellement prononcée à l'occasion de la grande enquête sur la noblesse commanditée par . De la même manière, une autre famille Gaillard, originaire cette fois de Vivarais, s'est rattachée aux Gaillard de Provence, les deux ayant repris les mêmes armoiries que les Gaillard de Longjumeau.

Histoire Origines La famille Gaillard serait originaire de Blois, où on rencontre un chevalier Gaillard de Gaillard, supposément mentionné dans une charte de donation datée de l'an 1140 qui concernait déjà une rente annuelle en échange de la célébration d'une messe annuelle , à l'abbaye de Bourg-Moyen...

On retrouve ensuite un Mathurin Gaillard, mentionné comme bourgeois de Blois, procureur général en 1409, puis seigneur de VillemorantSur le territoire de l'actuelle commune de Neung-sur-Beuvron . On trouve aussi les orthographes , (, , ), (, ), voire ()., en Sologne. Vivant encore en 1453., il aurait acquis cette terre en partage avec son frère, Guillaume. Contemporain de la guerre de Cent Ans et du siège d'Orléans levé par Jeanne d'Arc en 1429, Mathurin aurait rencontré le roi vers 1450..

Marié en 1450 à Jeanne Calipeau, Mathurin laissa derrière lui quatre enfants, dont trois fils et une fille.. Celle-ci, prénommée Marie, épousa un Pierre Burdelot, notaire et secrétaire du roi ainsi que commis au fait de son argenterie.

Parmi ses fils, l'aîné Michel eut une longue postérité et a ainsi créé plusieurs branches, contrairement à ses cadets. D'une épouse inconnue, Mathurin II fut père de quatre enfants, dont la moitié de filles : Marguerite, mariée au sieur de Massé-Baillet, et Jeanne, mariée à Bernard Prévost, seigneur de Saint-Cyr. Ses fils, Michel et Jacques (), furent respectivement second conseiller clerc au parlement de Paris et trésorier de la Sainte-Chapelle de Bourges, et abbé à Bourg-Moyen de Blois.

Quant au benjamin, Jean, il fut homme d'armes dans la compagnie d'ordonnance du comte de Penthièvre et épousa Jacqueline de Beauvilliers, avec qui il eut une fille, Marie, qui se maria à son tour à Étienne de Morvilliers. L'un des fils de Marie et d'Étienne, Jean de Morvillier (), fut élu évêque d'Orléans en 1552 puis nommé garde de sceaux en 1568 par .

Selon les recherches du comte généalogiste et érudit italien , publiées en 1875-1876 dans ses Memorie delle Famiglie Nobili delle Province Meridionali d'Italia (Mémoires des familles nobles des provinces méridionales de l'Italie), volume III, la branche de la famille de Michelle Gaillard, seigneurs de Longjumeau et Chilly en Provence, et la branche italienne des nobles Gagliardi partageraient la même souche familiale d'origines communes.

Branche principale de Longjumeau Apogée et proximité avec les rois de France Fils de Mathurin, Michel Gaillard () commença sa carrière en tant que maître d'hôtel du roi , qui l'apprécia tellement qu'il le nomma son favori., ce qui lui permit d'occuper des charges relativement importantes. Devenu successivement argentier de la reine-mère Marie d'Anjou puis de la duchesse Marie de Clèves, conseiller du roi, trésorier de la Sainte-Chapelle de Bourges, gouverneur de la seigneurie de Chauny , procureur général du comté de Blois, patron général des galères de France et avocat du duc d'Orléans, il conserva cette grande estime auprès de , qui le nomme chambellan en 1487, conseiller au parlement de Paris en 1484, conseiller au Grand Conseil l'année suivante et, enfin, général des finances en 1495.

Devenu maire de Tours et décoré chevalier de l'ordre du Porc-Épic par le duc Louis II d'Orléans (futur Louis XII), Michel hérita de la seigneurie de Villemorant après avoir acquis en 1499 la moitié de celles de Longjumeau et de Chilly, plus celle de Fayet.., de Villandry et de Savonnières. En premières noces, Michel épousa Marguerite Berthelot avec il eut une fille, Perrenelle ou Péronelle, elle-même mariée à Louis de Vassé. ou Ruzé...

Michel se maria en secondes noces avec Marguerite Bourdin, fille du général des finances Jean Bourdin. De ce second lit, Michel eut un fils et une fille, Michel et Michelle. Cette dernière épousa l'illustre Florimond Robertet, trésorier de France en Normandie et principal conseiller de Louis XII puis de . Son mari étant décédé en 1527, Marie Gaillard perpétua sa mémoire en achevant la construction du château de Bury, où elle mourut en 1549. vignette|310x310px|Dessin du tombeau de Michel II Gaillard et de Souveraine d'Angoulême, en l'église Saint-Étienne de Chilly-Mazarin. Proche de la cour royale, Michel II () passa ses premières années au service de François d'Angoulême et se fit panetier du roi. Profitant de la présence prépondérante de son beau-frère Florimond à la Cour, le prince lui offrent même en mariage une de ses demi-sœurs, Souveraine d'Angoulême (), fille légitimée en 1521 de son père, le comte Charles d'Angoulême. À l'occasion du mariage, célébré en 1512, Louis XII lui fit don de l'autre moitié des terres de Longjumeau et de Chilly., suite à quoi Michel II prend le titre de baron de Longjumeau. Le couple laissa deux fils, dont le cadet Denis qui aurait fondé la souche établie en Provence., ainsi qu'une fille, Anne, mariée à Thomas de Balzac, seigneur de Montaigu.

Une famille convertie à la religion prétendue réformée Quant à leur fils aîné, Michel III (), il fut proche du protestant Théodore de Bèze mais aussi de Jeanne d'Albret, et aurait même donné des prêches en sa maison de Paris : en ce début de la première guerre de Religion, il fut accusé d'embrasser le parti huguenot et ordonné de quitter la capitale, suite à plusieurs assauts reçus en , sous peine d'être déclaré rebelle au roi... Trouvant refuge en son château de Chilly, il se retrouve de nouveau attaqué par la foule en octobre de la même année, qui en vient à piller la demeure. Ironie de circonstances, le traité de paix entre catholiques et protestants de 1568 sera signé sur les anciennes terres de Michel via ladite paix de Longjumeau.

Marié à Louise de Sains d'Ailly, fille du baron de Marigny, le couple eut pas moins de quatorze enfants., dont au moins cinq fils et huit filles. Parmi ses fils , Jean se fit baron de CoucyLa localisation de ce fief est incertaine, et on trouve aussi l'orthographe ( ; ; ; ; )., et Michel IV ( ou 1607.) fut seigneur de Longjumeau et forma la branche établie en Picardie. Sont aussi rapportés Louis dont la descendance fonde le rameau de Fayet., et Benjamin, seigneur de Raucourt, mort sur le champ de bataille sans avoir été marié.

Concernant ses filles, la première Souveraine (ou Bernarde ou encore Bernardine) se maria et laissa postérité avec Jean de Montmorency, seigneur de Bours. La deuxième, Charlotte, aurait de même épousé Nicolas d'Aumale, seigneur d'Haucourt. On a ensuite Jeanne, qui épousa Claude de Louvigny (ou Touvigny), originaire du Boulonnais ; Rachel, mariée au picard protestant Jacques de Boubers, vicomte de Bernâtre et de Gouy ; Esther, devenue épouse du seigneur de Launay, en Normandie ; Suzanne, qui se maria avec le sire du Puiset ; Renée, femme de Louis de Grailly, seigneur de Chalette ; Élisabeth, devenue épouse de Louis Picot, seigneur de Santenay ; et enfin, Anne, mariée en secondes noces à Paul des Champs, seigneur d'Aucheville..

Exil en Suisse Seigneur de Fayet, d'Escrennes, de Roncourt et de Harmancourt, Nicolas de Gaillard () est contraint de quitter la France après le bannissement de son père de Paris. Ancien élève de Théodore de Bèze et fervent protestant comme son père, il s'installe alors en Suisse, d'abord à Genève puis à Berne et enfin durablement à Morat. D'une épouse inconnue, Nicolas fut père de deux fils, Samuel et Jacques.

L'aîné Samuel (1570–1623), dont on ne connaît rien si ce n'est la descendance, laissa à son tour deux fils, Samuel II qui eut un petit-fils mort sans postérité, et Élie-Philippe, dont la descendance s'est éteinte en 1800..

Quant au cadet Jacques (1571–1638), il fut nommé avoyer de Morat et laissa une descendance active jusqu'à la fin du , dont la plupart reste en Suisse. Son rameau s'éteint après six générations, le dernier représentant mâle étant Nicolas David, né en 1766 à Londres et mort l'année suivante seulement..

La branche aînée de la famille s'éteint en 1858 avec le décès de Marianne-Élisabeth de Gaillard de Longjumeau, sœur de Nicolas David, morte dernière de son nom.. Elle avait émigré en 1805 avec son mari en Amérique, où le coupla laissa une descendance sous le patronyme Hassler d'Hasli.

Son petit-fils Ferdinand, né en 1847, fut décoré chevalier de l'ordre de Charles III d'Espagne et de l'Ordre de Notre-Dame de Guadalupe, et titré baron de Longjumeau-Norreys. Contrairement à ses ancêtres Gaillard, il fut catholique.

Souche établie en Picardie Rameau de Coucy (ou Courcy)

Dès 1596, Michel IV choisit de revendre les seigneuries de Longjumeau et de Chilly à son cousin, Martin Ruzé de Beaulieu, contre la somme de .. Vraisemblablement catholique d'après Jacques Pannier, il se maria avec Claude de La Fayette de Saint-Romain, petite-fille du prestigieux maréchal Gilbert Motier de La Fayette.

On retrouve également dans les archives du prieuré Saint-Nicolas du pont de Compiègne , deux filles destinées à la religion : d'abord Anne de Gaillard de Courcy, dite de Saint-Joseph, fille de Louis de Gaillard de Courcy, puis Marie de Gaillard de Courcy (1597–1677), dite de Sainte-Thérèse, fille de Michel, aussi baron de Courcy.

Rameau de Fayet (ou Faget)

Troisième fils de Michel , Louis Gaillard de Longjumeau est mentionné comme seigneur de FayetLa localisation et l'orthographe de ce fief sont incertaines. D'après Jacques Pannier, les Gaillard auraient possédé Fayet, près de Saint-Quentin dans l'Aisne , mais d'autres auteurs les relient plutôt au château du Fayel, dans l'Oise ( ; ). On trouve aussi l'orthographe ().. Pour une raison indéterminée, Louis se voit saisir sa seigneurie en 1617, avant qu'elle ne soit acquise dix ans plus tard par Daniel de La Mothe-Houdancourt, alors évêque de Mende.

Marié en 1619 à Barbe de Fontaines ou Marie Le Moine, Louis laissa deux fils et une fille, prénommée Marie. Quant à ses fils, le cadet Geoffroy se maria avec Suzanne Le Clère de la Boderie, tandis que l'aîné Charles, qui acquiert la seigneurie de Ramburelles., épousa Jeanne Le Bon. En 1687, leur fille Hélène fut admise à la maison royale de Saint-Louis, à Saint-Cyr, sans qu'on ne lui connaisse d'autre descendance.

On connaît également un Denis II Gaillard de Longjumeau, mentionné comme baron de Courcy (probablement en héritage de ses cousins), admis en 1654 au sein de l'ordre de Malte en tant que chevalier-hospitalier , en qui s'éteint cette branche selon Jacques Pannier.

Souches à la filiation contestée

Souche établie en Provence