La Chute de la dynastie Romanov (, ) est un film de montage documentaire soviétique réalisé par Esther Choub et sorti en 1927.

Le film est sorti pour commémorer le dixième anniversaire de la Révolution d'Octobre et pour fournir le premier témoignage visuel de la Révolution russe, symbolisant la chute de la Maison Romanov qui régnait sur la Russie depuis 1613. La Chute de la dynastie Romanov est l'un des films les plus célèbres de Choub qui nous soient parvenus et que de nombreux historiens du cinéma considèrent comme le premier film de montage soviétique. Initialement intitulé Février, ce film de style documentaire, fruit d'une collaboration entre le scénariste Mark Tseïtline et Esther Choub, retrace le déclin de la monarchie russe.

Synopsis Le film retrace la vie en Russie entre 1910 environ et la révolution de février 1917, principalement dans la capitale, Petrograd. La première partie couvre la période allant jusqu'en 1914 et présente notamment des scènes de rue, la famille impériale, des députés de la Douma, des prêtres ainsi que le peuple pauvre. La deuxième partie montre des images des années de la Première Guerre mondiale, tandis que la troisième partie présente des séquences de la révolution de février.

Les intertitres contiennent de brèves informations, généralement factuelles, dont la compilation met délibérément en évidence le contraste entre la misère des gens simples et la prospérité des privilégiés.

Fiche technique Titre français : La Chute de la dynastie Romanov ou La Chute de la dynastie des Romanov ou La Chute de la dynastie des Romanoff Titre original russe : , Réalisateur : Esther Choub Scénario : Esther Choub, Mark Tseïtline (consultant historique) Photographie : E. Diomine (Е. ДЕМИН), V. Ievstigneïev (В. ЕВСТИГНЕЕВ), Ernst Gamane (Эрнст ГАМАН), A. Vinogradov (А. ВИНОГРАДОВ) Montage : Esther Choub Sociétés de production : Sovkino Pays de production : Langue originale : muet (intertitres en russe) Format : Noir et blanc - 1,33:1 - muet - 35 mm Durée : Genre : Film de montage documentaire Dates de sortie : Union soviétique : France : ;

Distribution

Production Le film est constitué d’images d’archives que Choub a méticuleusement conservées et réutilisées. En 1926, Choub s’est rendue à Leningrad pour se procurer les images dont elle avait besoin pour son film ; elle a passé deux mois à examiner plus de de pellicule (dont une grande partie était endommagée) et en a sélectionné qu’elle a rapportés à Moscou. Le film couvre les années 1912 à 1917, retraçant les moments avant, après et pendant la Première Guerre mondiale, pour se terminer par la Révolution d’octobre. Il se distingue par son utilisation d'intertitres, qui fournissent un contexte historique et des commentaires sur les événements représentés dans les images, tout en aidant à guider les spectateurs à travers le début de la fin de la dynastie Romanov. Cette technique, associée à sa représentation de la famille Romanov, illustre efficacement le contraste saisissant entre le mode de vie somptueux de l'aristocratie et les difficultés de la classe ouvrière. La théoricienne du cinéma Alla Gadassik suggère que sans son intervention pour « rechercher, démêler et préserver des bobines de film négligées, il est fort probable qu’aucune de ces images n’aurait survécu aux décennies suivantes ». La contribution de Choub à l’histoire du cinéma de montage a eu une grande influence aux États-Unis dans les années 1930 et pendant la Seconde Guerre mondiale. Les historiens Jack C. Ellis et Betsy A. McLane notent que « rien de comparable aux films de Choub n’existait avant elle, et son œuvre reste l’un des meilleurs exemples de la technique de compilation ».

Accueil critique Le film Octobre (1928) de Sergueï Eisenstein, également commandé pour le dixième anniversaire de l’événement, fut critiqué par les membres du LEF (journalistes d’art soviétiques) pour son caractère « trop personnel », tandis qu’ils jugeaient l’impersonnalité de l’œuvre de Choub plus exemplaire pour la Révolution. Les théoriciens du cinéma soviétiques louèrent l’autorité invisible de Choub comme véritablement révolutionnaire, car elle était efficacement assimilée en tant que propagande. , critique constructiviste associé à la revue d’art soviétique LEF, loue autant Esther Choub que Dziga Vertov pour leurs attitudes différentes envers le film documentaire. Il explique que tandis que « Vertov se jetait sur le matériel donné, le découpant en de nombreux morceaux, le subordonnant ainsi à son imagination… Choub considérait chaque morceau [de prise de vue] comme une entité autonome et autosuffisante ». Cette critique de première main des deux méthodes indique que l’engagement de Choub envers la cinématographie journalistique a été le catalyseur de ce que le cinéma documentaire classe aujourd’hui comme le film de montage.

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Film soviétique sorti en 1926 Catégorie:Film de montage Catégorie:Film documentaire soviétique Catégorie:Film documentaire sur la Première Guerre mondiale Catégorie:Film documentaire sur la révolution russe Catégorie:Film muet soviétique Catégorie:Film en russe Catégorie:Film soviétique en noir et blanc Catégorie:Film tourné en Union soviétique Catégorie:Film tourné à Saint-Pétersbourg Catégorie:Film tourné à Moscou Catégorie:Film se déroulant dans l'Empire russe Catégorie:Film se déroulant en Union soviétique Catégorie:Film se déroulant dans les années 1910 Catégorie:Film de Sovkino Catégorie:Premier long métrage sorti en 1926