Les élections fédérales mexicaines de 1888 sont organisées le 20 juin 1888, pour l'élection du président de la République, et le juillet 1888 pour l'élection des représentants de la Chambre des députés et du Sénat. Elles sont les premières à se dérouler après la réforme constitutionnelle de 1887 qui autorise à nouveau la réélection immédiate du président. Elles consacrent la transformation du régime de Porfirio Díaz en un système politique durable centré sur sa personne et sur son réseau d'alliés politiques régionaux.

Contexte politique L'élection de 1888 intervient dans un contexte très différent de celui de 1884. Lorsque Porfirio Díaz s'était soulevé contre Benito Juárez puis contre Sebastián Lerdo de Tejada, il avait fait du principe de la non-réélection le cœur de son discours politique. Pourtant, une fois revenu à la présidence en 1884, Díaz estime que la stabilité du pays dépend de son maintien au pouvoir. Une réforme constitutionnelle adoptée en 1887 autorise alors une réélection consécutive du président, ouvrant la voie à sa candidature pour 1888.

Sur le plan économique, le pays connaît une phase de modernisation : développement du réseau ferroviaire, croissance des investissements étrangers, renforcement de l'administration fédérale et pacification relative de nombreuses régions du pays. Cette stabilité bénéficie largement au régime.

Parallèlement, les anciennes factions libérales perdent progressivement leur autonomie. Les lerdistes sont marginalisés depuis la chute de Lerdo en 1876. Les gonzalistes, qui avaient soutenu Manuel González durant sa présidence (1880-1884), se rallient en grande partie à Díaz. Le système politique devient ainsi moins un affrontement entre plusieurs tendances libérales qu'un régime dominé par une coalition personnelle organisée autour du président.

Les conservateurs demeurent pratiquement absents de la scène politique nationale. Le véritable clivage est désormais :

Porfiristes, favorables au maintien de Díaz et à la centralisation du pouvoirFernando Orozco Linares - Porfirio Díaz y su tiempo - page 136 - panorama editorial - juin 1986 - Mexico. ; Autres libéraux (anciens lerdistes, indépendants, régionalistes, quelques gonzalistes autonomes), dont l'influence devient de plus en plus limitée.

Résultats Élection présidentielle Díaz est réélu avec près de 100 % des suffragesVolker G. Lehr (1981) Der mexikanische Autoritarismus: Parteien, Wahlen, Herrschaftssicherung und Krisenpotential, p310, un résultatRamírez Rancaño qui illustre déjà le caractère très contrôlé du système électoral porfirien. Candidat Faction politique Votes % Porfirio Díaz Porfiristes 16 662 99,72Ramón Corral VerdugoParti libéral420,26Votes blancs50,03Total 16 709 100

Élections législatives Les élections législatives renouvellent le Congrès de l'Union, composé :

de la Chambre des députés ; du Sénat de la République.

Comme pour les scrutins précédents, les archives nationales ne fournissent pas de ventilation officielle des sièges entre les différentes factions libérales.

En revanche, l'équilibre politique général du Congrès est relativement bien connu. En 1888, la domination de Díaz est beaucoup plus forte qu'en 1884. La plupart des anciens gonzalistes ont rejoint le camp présidentiel et les oppositions libérales sont très affaiblies.

Le Congrès issu des élections de 1888 n'est plus simplement un Congrès « libéral » comme celui de 1877 ou même de 1880.

Il est désormais dominé par un véritable bloc porfiriste composé :

des anciens combattants de Tuxtepec ; des gouverneurs alliés au régime ; de la majorité des gonzalistes ; des élites régionales intégrées au système de patronage de Díaz.

L'opposition libérale subsistante est fragmentée et ne constitue plus une menace sérieuse pour le pouvoir présidentiel. Partis Députés élusSénateurs élusPorfiristes19549 Parti libéral 327Total 22756 Notes et références

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