Les Mayens-de-Sion sont un lieu de villégiature de montagne situé en Suisse, dans le canton du Valais. Étagé entre et d'altitude sur un coteau de la rive gauche du Rhône dominant à la fois la vallée du Rhône et le val d'Hérens, le site est historiquement réparti sur les territoires des communes de Vex, de Salins et des Agettes, aujourd'hui partagés entre Vex et Sion à la suite des fusions de communes de 2013 et 2017... Quelque 500 chalets y sont dispersés parmi des mélèzes séculaires. Le lieu relève du numéro postal d'acheminement 1992.

Toponymie Le terme « mayen » désigne un pâturage et son habitation de moyenne altitude, exploités dès le mois de mai, dont le nom dérive. Le bétail y séjournait au printemps avant la montée à l'alpage en été. L'appellation « Mayens-de-Sion » est rare dans les documents anciens ; attestée pour la première fois en 1871, elle ne se répand que dans la seconde moitié du , avec l'essor du tourisme.

Géographie Les Mayens-de-Sion occupent un coteau boisé en contrebas de la station de Thyon. Le sous-sol appartient à la zone des schistes métamorphiques d'âge paléozoïque des Alpes valaisannes. La forêt, dominée par le mélèze, est parcourue par le Bisse de Vex et le bisse des Collons, anciens canaux d'irrigation aujourd'hui aménagés en sentiers de randonnée.

Histoire Des pâturages aux résidences de villégiature À l'origine, les Mayens-de-Sion sont des pâturages de moyenne altitude où les paysans font paître leur bétail et récoltent le foin. Un litige oppose dès 1433 les Agettes aux bourgeois de Sion au sujet des droits de pâture. Dès le début du , l'exploitation agricole cède progressivement la place à la construction de chalets de villégiature édifiés par les familles patriciennes de Sion, qui fuient en été la chaleur de la plaine. Plusieurs grandes familles sédunoises (de Torrenté, de Riedmatten, de Kuntschen, de Lavallaz, de Rivaz, de Kalbermatten, Ambuel) y possèdent des résidences d'été.

Rattachement communal Le site relève autrefois de deux seigneuries : Salins, fief de la Bourgeoisie de Sion, et Les Agettes, fief de l'évêque de Sion. À la fin de l'Ancien Régime, en 1798, Vex et Les Agettes sont rattachés au district d'Hérens, tandis que Salins rejoint celui de Sion.

Essor touristique Dès la seconde moitié du , les Mayens-de-Sion s'ouvrent au tourisme estival, accueillant une clientèle allemande, anglaise, française, russe et suisse. Le premier hôtel est construit en 1880 par la famille de Torrenté. Vers 1900, le site compte cinq établissements totalisant environ 250 lits : l'hôtel de la Dent d'Hérens (devenu Bon Accueil), Beau Séjour, la Forêt, Rosablanche et le Grand Hôtel, ce dernier ravagé par un incendie en 1912. Sont édifiés par la suite l'hôtel des Plans, le restaurant des Grands Mélèzes et le Relais des Mayens-de-Sion. La première mention d'un séjour hivernal paraît dans la Gazette du Valais en mars 1873 ; en , un premier cours de ski pour officiers valaisans est organisé à l'hôtel des Mayens-de-Sion.

Société de développement La Société de développement des Mayens-de-Sion adopte ses statuts le ; elle est l'une des plus anciennes du canton. Son comité associe les présidents des communes de Vex, des Agettes, de Salins et de Veysonnaz, et son emblème est conçu par le peintre Jean-Claude Moreno..

Transports Longtemps desservis par des muletiers, les Mayens-de-Sion font l'objet, de 1906 à 1912, d'un projet de chemin de fer Sion-Vex-Mayens-de-Sion (S.V.M.) qui n'aboutit pas. Dès 1888, la Bourgeoisie de Sion étudie la construction d'une route carrossable à travers sa forêt de Thyon, défendue notamment par Henri de Torrenté (1845-1923), Joseph de Lavallaz (1864-1921) et Armand de Riedmatten (1848-1926).

Patrimoine Chapelles Les familles sédunoises ont fait édifier plusieurs chapelles, nichées parmi les mélèzes centenaires.

La chapelle de la Visitation, construite en 1680 et dédiée à la Visitation de la Vierge, est la plus ancienne. Agrandie d'une sacristie au puis d'un clocher au , elle porte sur sa porte sculptée les armes de la famille de Platea-de Riedmatten et conserve des vitraux de l'artiste Richard Seewald. La Bourgeoisie de Sion en a repris le patronage en 2000..

La chapelle Notre-Dame du Bon Conseil, dite « chapelle blanche », est bâtie vers 1770-1773 au-dessus du bisse de Vex par plusieurs familles sédunoises (de Riedmatten, de Kuntschen, de Torrenté, Ambuel) ; l'évêque de Sion Mgr Zen-Ruffinen en édifie la sacristie. Elle est remise à la Bourgeoisie de Sion en 2014..

Culture Le peintre valaisan Raphy Dallèves (1878-1940), l'un des principaux représentants de la peinture paysanne valaisanne, passe tous ses étés aux Mayens-de-Sion en compagnie de son frère Étienne ; il y séjourne dans le chalet familial et y travaille jusqu'à sa mort en 1940. Le « Petit Chalet », à l'origine une grange appartenant à la famille de Riedmatten, est reconnaissable sur son tableau Jeunes filles aux paniers (vers 1920). L'écrivain et critique d'art Louis Buzzini (1878-1951) fréquente le même cercle. Dans les années 1960, le romancier Georges Simenon séjourne à son tour dans un chalet du lieu.

Les Mayens-de-Sion dans la littérature Lieu de villégiature prisé, les Mayens-de-Sion ont inspiré de nombreux écrivains romands. Le Genevois Rodolphe Töpffer, qui y conduit des écoliers en 1843, leur consacre un texte publié dans la Gazette du Valais en 1872.. L'écrivain et journaliste Louis Courthion (1858-1922) en fait le cadre de plusieurs récits, dont Une nuit d'hiver aux Mayens de Sion (1873) et Sion et Mayens de Sion (vers 1910).. Le chroniqueur Solandieu (pseudonyme d'Albert Duruz, 1860-1945) y situe plusieurs « croquis valaisans » parus dans la même gazette.. Plus tard, la poétesse Pierrette Micheloud (1920-2007) évoque à plusieurs reprises le lieu de son enfance, notamment dans Le mayen de Coumou (1981).. Le site accueille aussi des artistes : le compositeur Vincent d'Indy y séjourne, et le romancier Georges Simenon y loue un chalet dans les années 1960.

L'histoire, le patrimoine bâti et le cadre naturel du lieu ont fait l'objet d'une monographie de référence, Les Mayens de Sion. La montagne des Sédunois, publiée en 2009 par la société d'histoire Sedunum Nostrum.

Société de développement La Société de développement des Mayens-de-Sion adopte ses statuts le ; elle est l'une des plus anciennes du canton. Son comité associe les présidents des communes de Vex, des Agettes, de Salins et de Veysonnaz.. Son emblème, dessiné par le peintre Jean-Claude Moreno, prend la forme d'un sceau circulaire portant l'inscription « Mayens de Sion » autour d'un écu écartelé associant une étoile rouge, un soleil, la lettre V et un mélèze.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie .

Articles connexes Vex Les Agettes Val d'Hérens Raphy Dallèves

Liens externes

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