La Jeunesse et l'Amour à la fontaine est une peinture à l'huile sur toile de François-Alfred Delobbe réalisée en 1893. De format vertical, ce tableau représente une jeune femme drapée offrant de l'eau dans une coquille à un Cupidon enfantin près d’une fontaine antique, dans une lumière douce aux tonalités chaudes.. Il est conservé au Musée des Beaux-Arts de Brest. On en connait une réduction conservée dans une collection privée.
Contexte Alors qu’il présente Yvette la jeune forestière ; souvenir de Pont-Aven (Finistère) au Salon de 1893, un tableau acquis cette année-là par la société des amis des arts et aujourd'hui perdu, Delobbe présente simultanément une œuvre mythologique, idéalisée, néo‑gréco‑académique, qui semble appartenir à un tout autre monde. Et pourtant, ce tableau n’est pas un accident : il révèle une double identité artistique que Delobbe assume pleinement à ce moment de sa carrière. C’est un tableau mythologique, allégorique, académique.. Mais Delobbe ne change pas de sensibilité : il change seulement de langage iconographique.
Description
vignette|Photoglyptie Braun & Cie conservée au musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.
Historique
Présentation La peinture est présentée au Salon de 1893. au Palais des Champs-Élysées., à la Grande exposition d'art de Berlin en 1895 puis à l'Exposition internationale de Bruxelles en 1897..
Réception La Dépêche de Brest n'est pas emballée par les envois de Delobbe au Salon de cette année 1893 : « M Delobbe est un élève de Bouguereau, et cela se voit. La jeunesse et l'amour (l'amour dans sa personnification classique, à qui la jeunesse, sous les traits d'une jolie fille de dix-huit ans, tend de quoi étancher sa soif) est une toile tout à fait distinguée, très académique, mais d'un genre aujourd'hui bien discrédité. Cela est exquis d’exécution moyenne et de minutie, de conviction aussi. Mais il faut désirer plus de personnalité, plus de vigueur et plus d'imagination. Dans son autre envoi, M. Delobbe évoque un souvenir de Pont-Aven, Yvette la jeune forestière. Je n'ai pas l'honneur de connaître Yvette. Mais si elle existe, je doute qu'elle soit telle que l'artiste nous la montre. Elle doit avoir plus de saveur silvestre et porter sur elle la rude saveur des bois où elle vit. ». vignette|Salon de 1893, par Olivier Merson, Goupil & Cie éditeur. Cette petite notice critique est très révélatrice — et elle en dit plus sur la critique de l’époque que sur Delobbe lui‑même. Ce que le critique appelle « manque de vigueur » est en réalité une esthétique de la retenue, une poétique du calme, une mythologie intimiste. En 1893, la critique est fascinée par le symbolisme, les audaces de Puvis, Carrière, les ruptures de Gauguin. Face à cela, Delobbe apparaît comme trop classique, trop sage, trop harmonieux. Mais ce que la critique ne voit pas, c’est que Delobbe développe une modernité parallèle, fondée sur l’intimité, la douceur non sentimentale. Cette modernité‑là n’est pas spectaculaire — donc elle passe sous les radars. Aujourd’hui, ce texte apparaît superficiel, peu pénétrant, prisonnier des codes de son temps, incapable de saisir la singularité de Delobbe. Il est intéressant historiquement, mais faible esthétiquement.
Conservation Il est conservé au Musée des Beaux-Arts de Brest..
Un tableau de prestige pour le Salon vignette|F A Delobbe, Jugend und amor, catalogue de la Grande exposition d'art de Berlin 1895 Le Salon de 1893 est un moment important : Delobbe y présente une œuvre ambitieuse, académique, mythologique, capable de rivaliser avec les grands noms du moment. C’est une œuvre “de Salon”, pensée pour montrer sa maîtrise, séduire, rappeler son statut d’artiste académique. Le tableau est ensuite envoyé à Berlin en 1895 puis Bruxelles en 1897, une exposition internationale où les œuvres mythologiques sont très appréciées. Ce n’est pas un hasard : les scènes d’enfants naturalistes sont populaires, mais les scènes mythologiques sont prestigieuses.
Brest : le plus important fonds Delobbe en France après Paris Avec au moins quatre tableaux importants dans sa collection, le musée des Beaux‑Arts de Brest apparaît comme le second pôle institutionnel de conservation de l’artiste, juste après le musée du Luxembourg / Beaux‑Arts de Paris. Brest, contrairement à d’autres musées, a constitué un fonds cohérent au vingtième siècle, alors que d’autres institutions ont laissé passer ces œuvres.
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Tableau de François-Alfred Delobbe Catégorie:Tableau réalisé en 1893 Catégorie:Nymphe dans la peinture Catégorie:Éros ou Cupidon dans la peinture Catégorie:Mollusque dans la peinture Catégorie:Fontaine dans la peinture Catégorie:Fleur dans la peinture Catégorie:Œuvre exposée au Salon de 1893 Catégorie:Œuvre de François-Alfred Delobbe en France Catégorie:Œuvre conservée au musée des Beaux-Arts de Brest