alt=Lithographie de la façade en brique d'un bâtiment de très long, avec une grande porte au centre et de nombreuses fenêtres alignées. Devant le bâtiment, on voit des silhouettes d'hommes et de femmes habillés en costumes et longues robes|vignette|267x267px|Façade de l'abbaye Saint-Pierre (aussi connue sous le nom de Palais Saint Pierre), 1832. Alis de Télieux et Antoinette de Grolée sont des bénédictines de l'abbaye Saint-Pierre à Lyon, au . Après sa mort, le fantôme d'Alis hante Antoinette, qui doit subir un exorcisme en 1527.

Affaire de 1528 La vie d'Alis de Télieux est racontée par Adrien de Montalembert., aumônier de , dans un ouvrage publié en 1528.. sur lequel se base toutes les versions suivantes. Il n'existe pas de trace de l'existence d'Alis de Thélieux avant cette date, mais ses origines sont supposées nobles, puisqu'au , il est nécessaire d'attester de quatre générations de noblesse pour intégrer l'abbaye Saint-Pierre... Quant à Antoinette, elle est . et appartient à la famille de Grolée, une branche éteinte de la noblesse...

Jusqu'en 1513, Alis de Télieux est sacristine à l'abbaye Saint-Pierre.... Au début du siècle, la discipline au sein de l'abbaye se relâche : la richesse de leurs familles et les terres autour du cloître permettent aux bénédictines de prendre à la fois dans le vin et l'amour. La situation est telle que le roi Louis XII et Anne de Bretagne en sont informés en 1503. Malgré plusieurs interventions, les moniales ne se soumettent plus aux règles de vie de leur ordre, et en 1513, elles sont expulsées du couvent. Avant de quitter le cloître, Alis de Télieux vole des objets sacrés qu'elle vend ensuite pour survivre. Entre 1513 et 1526, Alis de Télieux , selon Adrien de Montalembert.

Le 20 mars 1526, aux alentours de vingt-et-une heure, . Il est souvent mentionné qu'Antoinette a mais certaines sources lui donnent cet âge en 1513, d'autres en 1526.

L'évêque de Lyon et Adrien de Montalembert sont appelés pour chasser l'esprit de l'abbaye. Une première tentative d'exorcisme est effectuée sur Antoinette, mais l'âme d'Alis explique qu'elle a besoin d'une sépulture pour son repos. Ils exhument le corps d'Alis et font appel à son esprit, qui leur fait part de son existence au purgatoire dont il a été tiré par la Sainte Vierge suite à de nombreuses prières. L'esprit d'Alis demande l'absolution, qui lui est donnée avant que son corps ne soit enterré pour la seconde fois en 1527.

Évolutions de l'histoire vignette|314x314px|Page de titre de La merveilleuse histoire... d'Adrien de Montalembert, manuscrit de 1528.

La version originale de l'histoire est un témoignage d'Adrien de Montalembert qui raconte les faits tels qu'il les aurait vus. Le contemporain Cornélius Agrippa voit dans ce témoignage une supercherie..

Dès 1767, cette d'Antoinette par Alis est réécrite pour en tirer une morale. Dans cette version, c'est la peur provoquée par le fantôme qui fait se cloîtrer les bénédictines qui s'étaient détournées des règles de l'ordre.. Le fantôme serait une punition divine qui remet les moniales sur le droit chemin.

Le voit fleurir de nombreuses réécritures du récit, le plus souvent dans des ouvrages relatant l'histoire de Lyon.

Une version de 1837 semble reprendre celle de 1767, en ajoutant deux paragraphes sur la que les sœurs de l'abbaye s'octroient en se déguisant pour sortir du cloître..

En 1856, dans une version romancée, le sujet de l'amitié qui lie Alis et Antoinette avant 1513 est détaillé ; elles , c'est-à-dire comme des frères.

En 1862, une revue catholique se concentre sur les événements survenus après l'absolution donnée à l'esprit d'Alis. Malgré l'exorcisme, il continue de se présenter à Antoinette, et lors de sa dernière visite, il lui apprend cinq prières composées et gardées secrètes par Saint Jean l'Évangile.

En 1866, le fantôme d'Alis est une représentation de des bénédictines d'avant 1513 qui refusaient de vivre selon les principes de Saint Benoît.

En 1881, Antoinette est abandonnée par son amie qui fuit le couvent, puis effrayée par l'apparition d'Alis.. Selon Eugène Moutarde, .

À partir du , c'est souvent par le biais de l'occultisme que l'histoire d'Alis et Antoinette est analysée. Le thème du baiser apparaît plus clairement à cette époque.

En 1906 apparaît la première mention d'un baiser entre Alis et Antoinette depuis le manuscrit de 1528 : . Il est d'ailleurs précisé que l'esprit suivait Antoinette partout, et répété à deux reprises que de son vivant, Alis aimait beaucoup Antoinette.

Une source anglaise de 1916 raconte cette même scène avec les mêmes étapes : voile, signe de croix, baiser. Il est également précisé qu'Antoinette n'avait pas peur. Cependant, puisqu'il s'agit d'un livre sur les fantômes, ce sont les détails de l'exorcisme qui sont racontés avec le plus d'attention.

L'épisode du baiser est totalement absent en 1977, au profit de la narration de l'exorcisme..

Dans les années 2010, le baiser et ses ramifications sont plus centrales. En 2015, le caractère scandaleux de l'affaire est recentré sur la relation qu'entretenaient les deux bénédictines et du baiser du fantôme.. En 2017, un site touristique qui fait le tour des lieux hantés de Lyon à l'occasion d'Halloween mentionne Antoinette et Alis en les qualifiant d'amantes.. Dans ces dernières versions, Alis et Antoinette forment un couple lesbien.

Annexes

Bibliographie

Notes et références

Catégorie:Famille de Grolée Catégorie:Bénédictin français Catégorie:Histoire de fantômes Catégorie:Lyon au XVIe siècle Catégorie:Lesbianisme en France Catégorie:Exorcisme