Les archives municipales de Metz sont un service public de la ville de Metz, placé sous l’autorité du maire. Comme tout service d’archives communales en France, leurs missions consistent à collecter, conserver, classer et communiquer les documents produits par la collectivité ou qui lui ont été confiées, depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours.
Les archives de Metz existent depuis la fin du . Depuis 2002, elles sont installées au cloître des Récollets.
Lee cloître des Récollets Origine médiévale
vignette|Gisant d'Henri de Saint-Nazaire.|gauche|162x162px Le cloître des Récollets est un ensemble conventuel situé dans le quartier de l'Ancienne Ville, sur la Colline Sainte-Croix dominant le quartier Outre-Seille et le Jardin des Tanneurs au cœur de l’antique cité celtique, romaine et médiévale. Sa fondation remonte à 1230, lorsque des religieux de l'ordre des Cordeliers, branche franciscaine, s’établissent sur ce site, à la place de la maison que leur donne la veuve du maître-échevin, Simon de Belgrée. La construction du cloître est achevée vers 1310 et l’église se termine en 1376. L’édifice constitue aujourd’hui le seul exemple subsistant à Metz d’une telle construction datant du début du . Les trois ailes présentent encore des vestiges de sculptures gothiques parmi lesquelles le gisant d’Henri de Saint-Nazaire (financier lombard installé à Metz) encastré dans l’aile est.
Occupation par les Récollets et la Révolution française À partir de 1603, les Cordeliers sont remplacés sur les lieux par les Récollets, également de l'ordre franciscain, qui donneront leur nom définitif au couvent. Ces derniers y demeurent jusqu’à la Révolution française, lorsqu’ils sont contraints de quitter l’édifice.
En 1791, l’armée du Rhin s’y installe et en 1804, le quatrième côté du cloître ainsi que l’église conventuelle sont démolis.
Usages successifs au Au cours du , les bâtiments du couvent connaissent des affectations variées : magasin à sel, ateliers de charité, orphelinat, bureau de bienfaisance. À partir de 1802, la communauté des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul occupe une partie des lieux. Sur une partie du jardin du couvent sont édifiés entre 1860 et 1863 deux réservoirs d’eau destinés à l’approvisionnement de la ville en provenance de GorzeExposition « A la découverte des Archives », 2021, cotes : 41Fi34 : Présentation du service des Archives (2018) / 41Fi35 : Missions du service des Archives (2021). Ces infrastructures hydrauliques, désaffectés à la fin du , jouent aujourd’hui un rôle essentiel dans la préservation des archives car c’est ici qu’elles sont conservées.
En 1972, après d’importants travaux de restauration, le cloître accueille l'Institut européen d'écologie fondé par Jean-Marie Pelt. Les façades, toitures et galeries du couvent sont classées Monument historique la même année.
L'installation des Archives municipales en 2002 vignette|Plan du réservoir d'eau (1865). gauche|vignette|L'ancien réservoir d'eau, maintenant lieu de stockage des archives. En 1999, la ville de Metz lance un concours architectural pour le transfert des archives dans le site des Récollets. Le projet lauréat est celui des architectes Claude Denu et Christian Paradon, mandataires, associés à Gérard Buffière. L’opération consiste à articuler le couvent médiéval classé monument historique et les anciens réservoirs d’eau du . Les travaux sont livrés en 2002. Le tout a été réaménagé en 4 magasins sur 2 niveaux.
Aujourd’hui, les Archives municipales occupent une partie de l’ensemble avec une organisation fonctionnelle distincte : le public est accueilli dans le cadre du cloître médiéval tandis que les magasins de conservation (17 kilomètres de rayonnages répartis sur ) sont aménagés à l’intérieur des anciens réservoirs. Une verrière, au-dessus de la salle de lecture relie le cloître et l’ancien réservoir.
Histoire des Archives municipales de Metz
L'évêque Bertram à l'origine de l'institution
Les Archives de Metz comptent parmi les plus anciennes archives municipales de France. Leur existence est liée à la charte fondatrice de la communauté urbaine messine délivrée par l’évêque Bertram (1180-1212)Benoît-Michel Tock. La charte de l’évêque Bertram instituant l’élection annuelle du maître-échevin de la ville de Metz, 21 mars 1180 (n. st.). 2009. ⟨hal-00379153⟩. En 1208, ce dernier mentionne pour la première fois une arche commune, coffre communal destiné à recevoir les atours, c’est-à-dire les lois et règlements municipaux, une fois promulgués, écrits et scellés.
Les localisations successives des Archives
L’arche commune est d’abord conservée au Grand Moutier, près de la cathédrale Saint-Étienne, puis transférée dans la tour de Mutte, avant de prendre place dans une tour d’angle à la fin du . À partir de 1760, les archives sont installées dans des bâtiments neufs construits à l’initiative du maréchal de Belle-Isle, où elles demeureront jusqu’en 1940.
Après la Seconde Guerre mondiale, les fonds sont transférés rue Chèvremont dans les locaux de l’ancien hôtel du Crédit municipal, où ils resteront jusqu’en 2002, date de leur installation définitive dans le cloître des Récollets.
Missions et fonctions Les Archives municipales de Metz remplissent quatre missions fondamentales, conformément au cadre légal applicable à l’ensemble des services d’archives communaux en France : collecter, conserver, classer et répertorier, et communiquer et diffuser.
Des expositions régulières sont organisées en lien avec des partenaires extérieurs comme l'Université de Lorraine, les Journées européennes de la culture juive ou les différentes sociétés d’histoire locale. Des partenariats durables sont mis en place avec les établissements scolaires et les aux autres collectivités de locales.
+Liste des archivistes municipauxResponsableDébutFinHubert Lemaire1811 (ou 1816)1825Poste vacant18251835Joseph Clercx18351846Pierre-Victor Picquant18461860Louis-Auguste-Edmond Proth18601862Pierre-Henri-Stanislas Dosquet18621865Auguste Nicolas18661872Michel-Louis Diss1872 puis 18781873 puis 1881Charles-Alphonse Jacquin18731878Edmond Fridrici18811902Poste vacant19021903François-Joseph Larue19031919Jean-Nicolas-Léon Gelinet19191923Jean-Julien Barbé19231936Germain Joppin19361939Konrad Schrod19401944M. Gousse19441949Henri Tribout de Morembert19491977Monique Sary19771988Jocelyne Barthel19882009Thierry Deprez2009En cours
Les fonds d'archives vignette|Un magasin des Archives municipales de Metz. Les fonds conservés aux Archives municipales de Metz couvrent l’ensemble de l’histoire de la cité, du Moyen Âge à nos jours. Ces fonds représentent aujourd’hui 7,3 kilomètres linéaires de documents. En 2023, 49,5 mètres linéaires d’archives publiques ont été collecté pour 21 mètres linéaires d’archives privées, le tout avec 200 000 documents numérisés et 3 millions de pages et d’images accessibles en ligne sur le site.
Les fonds anciens, jusqu'à la Révolution française
Ce sont les archives antérieures à la Révolution française, elles sont organisées en séries identifiées par des lettres doubles :
AA – Actes constitutifs et politiques de la commune BB – Administration commune CC – Finances et impôts DD – Biens communaux EE – Affaires militaires FF – Justice GG – Cultes et anciens registres d’État civil HH – Agriculture, industrie et commerce II – Divers, inventaires et fonds privés
Les fonds modernes
Compte tenu de l’histoire singulière de Metz, les fonds modernes ont été découpés en plusieurs ensembles chronologiques distincts par les premiers archivistes en poste : le /a, la période révolutionnaire (1789-1800) le /b, le (1801-1870), le /c, la première annexion allemande (1871-1918) le /d, l'entre-deux-guerres (1919-1939) Par exemple, la cote d’un document compris entre 1793 et 1797 sur les tableaux nominatifs de population est : 1F/a12 car il se situe chronologiquement entre 1789 et 1800. Sa série est F/a, c’est-à-dire la population, l’économie sociale et les statistiques.
Les archives des anciennes communes rattachées à Metz sont aussi conservées de la manière suivante : le /Born pour Borny, le /DLP pour Devant-les-Ponts, le /Magn pour Magny, le /PQ pour Plantières-Queuleu, le /Sabl pour le Sablon, le /Val pour Vallières, A titre d’illustration, un document relatif à l’ancienne commune de Devant-les-Ponts a pour cote : 1M/DLP3 car il concerne les travaux à la mairie, la maison d’école et à Bonne Fontaine entre 1857 et 1869.
Les fonds contemporains
Les fonds contemporains couvrent la Seconde Annexion (1940-1944, série Z), la période depuis 1945 (série W) et les dossiers de permis de construire depuis 1906.
Quelques fonds privés notables Les fonds suivants relèvent des archives privées. Ils n’ont donc pas été produits par un organisme public. Il peut s’agir de particuliers (personnes ou familles) ou d’organismes privés comme les entreprises ou les associations. Lorsqu’elles sont jugées intéressantes ou le plan historique, comme ici, ces archives peuvent être intégrées à un service d’archives publiques.
Le fonds Jean-Julien Barbé
La ville de Metz compte parmi ses fonds des archives notables comme les documents relatifs à l'historien, archiviste et érudit messin Jean-Julien Barbé, archiviste de 1923 à 1936. Il entre au service municipal en 1902 en qualité de receveur principal des tramways messins, devient archiviste adjoint en 1919, puis directeur quatre ans plus tard. Retraité depuis 1936, il est rappelé au service au début de la guerre en 1939 et s'occupe de l'emballage de très précieux documents envoyés près de PoitiersElie Fleur : Jean-julien Barbé 1868-1950, Discours de réception à l'Académie nationale de Metz (). Ses archives, très diverses, sont aussi bien des notes érudites, que des livres rares, des dictionnaires ou des notices généalogiques. Disposant de connaissances étendues sur de nombreux sujets, Barbé écrit aussi bien sur Jeanne d'Arc (cote CBBr8B3 aux Archives municipales de Metz) que sur la lithographie à Metz (cote CBBr8B31 aux Archives municipales de Metz).
Le fonds Henri Tribout de Morembert
Directeur des Archives municipales de Metz de 1944 à 1977, Henri Tribout de Morembert est un archiviste et historien local ayant grandement enrichi la connaissance sur l'histoire messine. Il est également membre et président de l'Académie nationale de Metz de 1973 à 1976 et de 1979 à 1982. Ses recherches, très composites portent notamment sur l'histoire locale comme le luthéranisme à Metz entre 1519 et 1552 (cote CB478/1 aux Archives municipales de Metz) ou sur Saint-Pierre aux Nonnains, l'une des plus vieilles églises de France (cote BR604 aux Archives municipales de Metz).
Le fonds Jean Morette
Illustrateur, instituteur et écrivain français, Jean Morette s'est majoritairement consacré, au cours de sa vie, à l'histoire locale, nombre de ses dessins ont été publié dans le Républicain lorrain. Il est l’auteur de 40 ouvrages et illustrateur de 31 ouvrages. Une exposition en son honneur a été réalisée aux Archives municipales de Metz du 1 er février au 14 avril 2023, intitulée « Le monde enchanté de Jean Morette ».
Le fonds Louis de Salis-Haldenstein
Homme politique, militaire et bibliophile français, Louis Numa Epaminondas Justinien Décius Aristide de Salis-Haldenstein (1803-1880) a dévoué son existence à la collection de manuscrits anciens, de gravures ainsi qu’à diverses recherches archéologiques en lorraine. Ses archives sont conservées entre les bibliothèques-médiathèques de Metz et les Archives municipales. Il a par exemple conservé les lettres de noblesse de Claude Callot (grand-père de Jacques Callot, ayant épousé une nièce de Jeanne d'Arc) délivrées par Charles III de Lorraine en 1584. De même, en hommage, une exposition a été réalisée du 1er mars au 18 mai 2025, par les Bibliothèques-Médiathèques de Metz à la Porte des Allemands.
Le fonds François Feuga