Israël participe au Concours Eurovision de la chanson, depuis sa dix-huitième édition, en 1973, en tant que membre de l'UER, et l'a remporté à quatre reprises, en 1978, 1979, 1998 et 2018.
Sa participation au concours, et les moyens mis en œuvre par les autorités israéliennes pour promouvoir ses artistes et appeler aux votes, font l'objet de nombreux débats depuis l'édition 2024, à la suite de la guerre à Gaza.
Légitimité L’Eurovision est le nom du réseau de diffusion de contenu qui permet d’assurer des retransmissions d'images entre des chaînes du monde entier et en dépit de cet intitulé, l’Eurovision ne se borne pas aux frontières européennes mais intègre tout pays membre actif de l’Union européenne de radio-télévision (UER) qui organise l’événement, qu'il se trouve en Europe ou ailleurs, ce qui est le cas d'Israël - comme d'autres pays du bassin méditerranéen... L'espace européen de la radiodiffusion s'étend de l'Atlantique au méridien à 40° E, et est délimité au sud par le 30 parallèle ; Jérusalem, siège officiel de la télévision israélienne, se situe à 35° E et sur le 32 parallèle.
Ce règlement est issu des actes de la Conférence européenne de radiodiffusion sur ondes métriques et décimétriques, qui a eu lieu à Stockholm en 1961, et qui définissent la zone européenne de radiodiffusion.
L'Autorité de radiodiffusion d'Israël (IBA) était devenue membre de l'UER en 1957 et, à ce titre, le pays pouvait participer au concours. Dissoute en 2017, elle est remplacée à cette date par la Société de radiodiffusion publique israélienne (KAN), qui fait elle aussi partie de l'UER.
Participation Le pays participe donc depuis 1973 et a manqué cinq éditions du concours, en 1980, 1984, 1994, 1996 et 1997.
En 1980, 1984 et 1997, Israël se retira car la date du concours coïncidait avec celle de Yom Hazikaron, commémoration annuelle des victimes de guerre israéliennes. En 1994, le pays fut relégué, à la suite des résultats obtenus l’année précédente. Enfin, en 1996, l'UER instaura une épreuve de présélection, au terme de laquelle Israël fut éliminé.
Depuis l'instauration des demi-finales, en 2004, Israël a manqué sept finales du concours, en 2004, 2007, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2022.
À l'occasion de la édition du Concours Eurovision de la chanson, en 2017, lors de l'annonce des points attribués par le jury national, le présentateur Ofer Nachshon annonce qu'il s'agit de la dernière participation d'Israël à ce concours, en raison de la décision du parlement de fermer la chaîne publique Aroutz 1 diffusant le programme. Cependant, l'année suivante, l'UER décide d'inviter un diffuseur non-membre (situation similaire à celle de la Grèce en 2014) et la participation d'Israël est prorogée - décision menant à sa victoire en 2018.
Résultats Israël a remporté le concours à quatre reprises.
Première victoire : 1978
La première victoire a lieu en 1978, avec la chanson A-Ba-Ni-Bi, interprétée par Izhar Cohen et The Alphabeta. A-Ba-Ni-Bi s’inspirait d’un langage imaginaire, appelé Code B, et qui avait été inventé par des enfants israéliens pour communiquer entre eux, sans être compris de leurs parents. Son principe consistait à ajouter systématiquement un « B » après chaque syllabe, en répétant la voyelle de la syllabe.
La responsable de la délégation israélienne Rivka Michaeli arriva sans grand espoir à Paris. Elle avait jugé la finale nationale israélienne désastreuse et les chansons qui avaient été présentées, mauvaises, A-Ba-Ni-Bi étant pour elle la moins mauvaise. La victoire de son pays lui causa donc une grande surprise. Izhar Cohen, de son côté, demeura certain de sa victoire du début à la fin.
Cette victoire fut marquée par un record : l’attribution à cinq reprises consécutives de la note maximale. Ce record fut égalé deux fois par la suite, en 1997 et en 2012.
À son retour, à Tel-Aviv, Izhar Cohen reçut un accueil triomphal. Ses admirateurs allèrent jusqu'à le porter sur leurs épaules, à travers tout l'aéroport. Cependant, le déroulement et le résultat du concours posèrent problème à de nombreux télédiffuseurs d’Afrique du Nord et du Proche-Orient. Tous passèrent des spots publicitaires durant la prestation d’Israël. Puis, lorsque la victoire israélienne devint évidente, tous mirent fin prématurément à la retransmission. La Jordanie se fit particulièrement remarquer : la télévision jordanienne interrompit le déroulement du vote, pour faire un gros plan sur un bouquet de jonquilles. Le lendemain, les journaux jordaniens proclamèrent la victoire de la Belgique, qui avait en réalité terminé deuxième.
Deuxième victoire : 1979
vignette|La chanteuse Gali Atari en 1981 En 1979, Israël l'emporte pour la deuxième fois consécutive avec la chanson Hallelujah, interprétée par Gali Atari et Milk and Honey.
Pour la deuxième année consécutive après sa première victoire, la chanson israélienne est lauréate du Concours de l'Eurovision.
Hallelujah remporta un énorme succès commercial partout en Europe et dans le monde. Mais Gali Atari et Milk and Honey ne tardèrent pas à se séparer et à mener des carrières indépendantes.
Troisième victoire : 1998
gauche|vignette|Dana International en 1998 Israël l'emporte pour la troisième fois en 1998, avec la chanson Diva, interprétée par Dana International, alors déjà très célèbre dans son pays.
Cette participation suscita immédiatement une très grande attention de la part des médias israéliens et internationaux. En effet, Dana International, qui était née homme de sexe masculin, avait opéré un changement complet de genre en 1993. Elle devint ainsi la première artiste transgenre à participer au concours.
En Israël, les milieux politiques conservateurs et les groupements religieux orthodoxes protestèrent vivement contre ce choix. Ils le jugèrent inopportun, spécialement l'année du cinquantième anniversaire de la fondation du pays. Dana International reçut dans la foulée de nombreuses menaces de mort, prises fort au sérieux par la délégation israélienne. Tous ses membres se déplacèrent donc sous la protection d’un service de sécurité pléthorique et logèrent dans le seul hôtel de Birmingham pourvu de vitres blindées. Même les robes de la chanteuse, créées par Jean-Paul Gaultier, bénéficièrent en permanence d’un garde du corps.
Ce fut la première victoire d’une chanson recourant entièrement à une bande-son à la place d'un orchestre et ce fut la première fois qu’un pays n’ayant pas participé l’année précédente remporta le grand prix.
En 2005, lors de l'émission spéciale Congratulations, Diva fut élue treizième meilleure chanson à jamais avoir été présentée au concours.
Quatrième victoire : 2018
vignette|Netta Barzilaï lors de l'Eurovision 2018 Enfin la quatrième victoire a lieu le au Portugal avec la chanson Toy interprétée par Netta Barzilai, devant Chypre et l'Autriche.
Autres Le pays a en outre terminé, à quatre reprises, à la deuxième place (en finale en 1982, 1983, 2025 et 2026) et, à cinq reprises, à la troisième place (en finale en 1991 et 2023 et en demi-finale en 2015 et 2017 et 2023).
Israël n'a jamais obtenu de nul point, ni même terminé à la dernière place.
Pays hôte Israël a organisé le concours à trois reprises : en 1979, 1999 et 2019.
En 1979
vignette|Le Centre de conventions internationales de Jérusalem accueille l'évènement à deux reprises, en 1979 et en 1999.
L’évènement se déroula le samedi , au Centre de conventions Binyanei Ha'Ooma, à Jérusalem. Les présentateurs de la soirée furent Yardena Arazi et Daniel Pe'er et le directeur musical, Izhak Graziani.
Ce fut la première fois que le concours se tint dans une ville située en dehors du continent européen. En raison de l'hostilité à Israël des pays voisins, il était impossible de développer un réseau terrestre connecté à l'Europe ; l'édition 1979 fut donc la première de l'histoire du concours à être diffusée à tous les pays participants par satellite.
Ce fut la dernière fois que la finale eut lieu au mois de mars. Enfin, ce fut la première émission en couleur produite par la télévision publique israélienne.
Des groupes religieux orthodoxes manifestèrent à plusieurs reprises leur opposition à l’organisation du concours. En effet, celui-ci avait fixé un samedi, jour du shabbat, jour de repos consacré dans la religion juive. Cela et le contexte international eurent pour conséquence un renforcement drastique des mesures de sécurité.
En 1980
Israël, qui avait organisé et remporté l'édition 1979, ne put se charger de l’organisation du concours en 1980. La télévision publique israélienne ne parvint en effet pas à rassembler les fonds nécessaires à la production d’un autre évènement international. Sollicité, le gouvernement israélien refusa toute rallonge au budget de l’IBA. L’UER se tourna alors vers l’Espagne, qui avait terminé deuxième, et le Royaume-Uni, qui avait déjà organisé le concours à six reprises. Mais tous deux refusèrent. Ce fut finalement la télévision publique néerlandaise qui accepta d’organiser le concours. Le temps étant compté, NOS réutilisa essentiellement le schéma de production de l’édition 1976, ce qui explique les nombreuses similitudes entre ces deux éditions. Cependant NOS fixa la date du concours, au . Cela entraîna le désistement d’Israël, ce jour-là étant celui de Yom Hazikaron, commémoration nationale annuelle des victimes de guerre israéliennes.
Ce fut la seule fois de l’histoire du concours où un pays vainqueur ne revint pas défendre son titre l’année suivante.
En 1999
L’évènement se déroula le samedi , à l'International Convention Center de Jérusalem. Les présentateurs de la soirée furent Dafna Dekel, Sigal Shahamon et Yigal Ravid. Ce fut la toute première fois que le concours fut présenté par trois personnes.
Certains experts doutèrent initialement des capacités financières de la télévision publique israélienne d’organiser l’évènement, le gouvernement israélien hésitant avant d’accorder les subsides nécessaires. En effet, les groupes de pression conservateurs, politiques et religieux, s’opposèrent vivement à cette célébration, due à la victoire l’année précédente de la chanteuse transsexuelle Dana International. Le maire de Jérusalem lui-même exprima publiquement son opposition à la venue de l’Eurovision dans sa capitale. Le demeure la date la plus tardive à laquelle fut jamais organisée le concourshttps://eurovision.tv/story/13-years-ago-today-sweden-wins-the-contest.
Le recours à un orchestre étant devenu facultatif, la télévision publique israélienne se saisit de cette opportunité pour réduire le budget de l’organisation et ne fournit tout simplement aucun orchestre aux participants. Ce fut donc la première fois dans l’histoire du concours qu’aucune musique ne fut interprétée en direct durant la retransmission et que tous les interprètes furent accompagnés d’une bande-son. Pour la toute première fois aussi, le déroulement de la retransmission intégra un intervalle permettant aux télédiffuseurs qui le souhaitaient de diffuser des publicités.
En 2019
gauche|vignette|Netta Barzilaï ouvrant la cérémonie de l'Eurovision en 2019 vignette|Tel Aviv est la ville hote du concours en 2019.
L’évènement se déroula les 14, 16 et , à l'Expo Tel Aviv de Tel Aviv-Jaffa. Les quatre présentateurs de la soirée furent le mannequin Bar Refaeli, les animateurs Erez Tal et Assi Azar, et la journaliste Lucy Ayoub.
Netta Barzilaï, la lauréate de la session précédente, chanta sa chanson victorieuse, Toy.
Pour la première fois depuis 2013, la Green room (pièce dans laquelle les artistes attendent les résultats des votes) est installée dans une salle annexe pour des raisons de sécurité.
Faits notables