Humbert de Costa (c. 1415 - ?) est un frère de l'ordre des Carmes, théologien et auteur du Liber de synagoga demonum (c. 1470), le premier traité connu contre la chasse aux sorcières.
Biographie Né vers 1415 dans la région de Lyon ou de Montpellier, il rejoint dans sa jeunesse l'ordre des Carmes avant de de commencer ses études universitaires à Paris. Il est mentionné dans les archives administratives des Carmes vers 1447-1448 en tant que lecteur à Tournon. En 1451, il réapparaît ent tant que lecteur de la Bible et des Sentences, d'abord à l'important studium des carmes de Toulouse, puis la même année dans cellui de Montpellier. À cette époque, il s'intéresse aux premiers débats théologiques suscités par l'émergence de l'imaginaire du sabbat, dont il avait sûrement entendu parler dans les studia des mendiants, que ce soit à Toulouse ou, plus probablement, à Montpellier. À une date encore indéterminée qui remonte au moins à l'année 1460, il quitte le couvent de Montpellier pour rejoindre celui de Lyon, tout en conservant des liens étroits avec l'Université de Montpellier. C'est probablement au couvent des Carmes de Lyon qu'il rédige, vers 1470, son traité contre la chasse aux sorcières.
Le Liber de synagoga demonum Le Liber de synagoga demonum est un traité composé par Humbert de Costa vers 1470 qui adopte une attitude critique à l'égard de la chasse aux sorcières. Il s'agit de l'un des plus anciens traités connus de résistance au nouveau concept du sabbat, antérieur au De Lamiis d'Ulrich Molitor (1489) ou la Quaestio lamiarum (1505) de Samuele Cassini. Il se partage en trois ensembles principaux et est augmenté de plusieurs pièces adjacentes. La première partie correspond au traité proprement dit ; la deuxième offre une description de la procédure inquisitoriale appliquée à l'hérésie ; et la troisième présente une justification adressée à ceux qui affirment qu'il aurait provoqué un scandale parmi la population en raison de ses positions contraires au sabbat.
Il est conservé dans trois manuscrits : l'un à la Bibliothèque vaticane (Vat. Lat. 1055), un autre à la médiathèque Verlaine-Pontiffroy de Metz (Ms. 482) et le dernier à la Bodléienne (Ms. Laud. Misc. 560 [S. C. 1224]). L'existence de l'ouvrage est mentionnée en 1636 par Gabriel Naudé, qui, à cette époque, a accès aux livres interdits de la Bibliothèque vaticane grâce à son protecteur, le cardinal Bagni. Cependant, lorsqu'il demande au gardien de la bibliothèque l'autorisation de copier certains passages, il se voit opposer un refus suivi de la confiscation du manuscrit. La copie du Vatican, ainsi que celles aujourd'hui conservées à Oxford et à Metz, ont ensuite été redécouvertes par les historiens Franck Mercier et Martine Ostorero, qui ont publié en 2026 un ouvrage à ce sujet.
Voir aussi
Liens externes
Numérisation des manuscrits : V (Vat. Lat. 1055) ; M (Metz, Médiathèque Verlaine-Pontiffroy Ms. 482) ; O (Bodleian Library, Ms. Laud. Misc. 560).
Références
Catégorie:Frère des écoles chrétiennes Catégorie:Sorcellerie