Ernesto Tarantini, né en février 1895 à Corato, est un journaliste et militant politique italien.
Biographie
Agitateur socialiste dans les Pouilles Né à Corato en février 1895, Ernesto Tarantini s’inscrit très jeune au cercle socialiste local. Devenu en 1914 l'un des promoteurs à Corato de la Semaine rouge et l'un acteur de premier plan du mouvement socialiste dans les Pouilles, il tente, en juin 1916, avec Nicola Modugno, d’organiser un congrès des Pouilles contre la guerre, mais il est arrêté et déféré devant le Tribunal militaire. Libéré le 27 juillet 1917, il est démobilisé des prisons de Trani et, en octobre de la même année, rappelé sous les armes.
Conversion au fascisme En 1923, il s’installe avec sa famille à Legnano, abandonnant progressivement les idées socialistes et se manifestant comme un fervent partisan du fascisme.
En septembre 1924, il était rédacteur du Popolo di Lombardia, journal dont il fut licencié un an plus tard. Entretemps, il continue à collaborer à plusieurs publications comme La Stirpe, revue dans laquelle il publie un article intitulé « Mazzini antimarxista ». Dans ce texte, Tarantini décrit une opposition fondamentale entre la supériorité du génie de Mazzini, le « Grand Italien », et Karl Marx auquel il impute la diffusion de la lutte des classes et de « l'internationalisme teutonique » : « Marx et ses disciples étaient tous malades de matérialisme plat et de mégalomanie bouffie : architecturant, le philosophe de Trèves, son colossal mouvement sur la base du mépris ou de la dérision des valeurs morales de l'individu et de la société, dans la négation de la religion, dans la haine pour les classes riches, sur la prétendue dictature du prolétariat (qui, à l'épreuve des faits, s'est ensuite révélée être la dictature de certains démagogues sur le prolétariat), ne pouvait certainement pas être d'accord avec Mazzini, lequel prêchait tout l'opposé ».Il écrivait également :« il ne sera pas difficile de découvrir l'abîme qui sépare — abîme infranchissable — les deux personnalités, les deux âmes antithétiques. Marx — comme Proudhon, le chef de file de l'école socialiste utopiste, l'ingénu et dangereux créateur d'une théorie de destruction sans que celle-ci soit suivie d'une solide reconstruction sociale — ; Marx, disions-nous, comme Proudhon, et peut-être plus encore que ce dernier, se révèle dans tous ses écrits toujours dissolvant, hiératique dans l'énonciation de ses principes, insouciant de l'éducation des individus, méprisant les traditions millénaires des peuples, jaloux de la renommée d'autrui, orgueilleux de lui-même et de sa race ».Mazzini au contraire est loué pour avoir inculqué « à tous — salariés et patrons — la parole avertisseuse de l'amour et de la solidarité, l'observation des grands phénomènes de la Nature, l'observance des devoirs, l'adoration de la Patrie, l'ardeur pour les nobles libertés, la vertu du sacrifice : en un mot, il jette les bases granitiques de cette grande révolution morale qui doit nécessairement précéder la révolution politique et doit triomphalement et laborieusement, plus tard, mener à l'Unité Italienne ». Il plaçait ainsi le fascisme dans la droite ligne de Mazzini : « [Alors] que partout les signes menaçants de la haine de classe annoncent la ruine des nations, en Italie — expérience heureuse et unique au monde — la Révolution fasciste, et pour cela typiquement italienne, proclame le plus grand code du travail et insère dans la vaste vie de la Nation toutes les forces de la production — patrons et salariés — en les soumettant toutes à une seule et incontournable discipline du devoir : celle du renoncement à toute velléité démagogique ou égoïste et à tout élément de haine réciproque, pour le suprême intérêt de la plus lumineuse prospérité de la Patrie. Dans toute cette action reconstructrice de l'Italie impériale, si je ne me trompe, il y a la réalisation du songe mazzinien, il y a l'âme de Filippo Corridoni ». Dans les derniers paragraphes de son article, Tarantini revient sur sa jeunesse au sein du mouvement socialiste « Comme nous regrettons volontiers le temps de notre première jeunesse qui s'est souvent écoulé en vain, avec tout l'enthousiasme de cet âge même et au risque unique de notre propre peau, derrière le colossal dessein historique de Karl Marx, et comme nous aurions préféré que d'autres, en temps voulu, nous eussent mis sur la voie tracée, par la parole et par l'exemple, par le Grand Italien ! À cette erreur, nous avons remédié plus tard, par amour et par la volonté de la génération forgée à Vittorio Veneto ; par amour et par la volonté de Mussolini pour qui l'enseignement et l'exemple de Mazzini est l'unique et le plus digne interprète et animateur ».
Confident de l'OVRA et propagandiste Visé par des enquêtes, en avril 1927, Tarantini est condamné par le Tribunal de Turin à 11 mois et 20 jours de prison pour appropriation indue. Ayant purgé sa peine, il s’installe à Milan, où il publie un recueil de brochures intitulé Il Primato fascista. Illustrazione delle Leggi e delle Opere del Regime.
Au début des années 1930, il entre en contact avec l'OVRA qui le recrute comme confident. Considéré comme une source très fiable, il est très actif et se présente lui-même dans sa production d’informateur, signée « Eros » ou n. 8. Il ne fut jamais démasqué, mais l’Alto commissario, grâce aux dépôts des fonctionnaires de l’OVRA milanaise, réussit à l’identifier.
En 1938-1939, il publie Che cos’è la Carta del lavoro, un opuscule de vulgarisation visant à expliquer au plus grand nombre les réalisations sociales du régime, notamment par la Charte du travail de 1927, et le plan d'action du régime pour la conquête de l'autarcie et la valorisation de l'Empire. Avec son second chapitre, « Le Régime fasciste pour le Peuple », et dans sa préface, Tarantini loue le fascisme comme ayant « réconciliés [les travailleurs] définitivement avec la Patrie », ces derniers devenus selon lui des conquérants d'Empire et des défenseurs de la Civilisation de Rome.
Publications
Il Primato fascista. Illustrazione delle Leggi e delle Opere del Regime. Che cos’è la Carta del lavoro, Milano, Istituto Editoriale Cisalpino, 1938-1939.
Notes et références
Bibliographie
Mauro Canali, Le spie del regime, Bologna, Il Mulino, 2004, pp.338, 785.
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