Pocockictis est un sous-genre de mammifères carnivores de la famille des Mustélidés. Il s’agit d’une branche basale du genre Mustela, regroupant deux espèces originaires d’Asie du Sud-Est et caractérisées par leur absence de poils aux pattes.
Taxonomie L’histoire du groupe Pocockictis est en réalité bien plus ancienne que son nom en 1947 :
En 1856, le zoologiste britannique Gray théorise un nouveau genre Gymnopus, sur la base de pattes palmées allant jusqu’à l’extrémité des orteils. S’il y place les espèces M. strigidorsa et M. nudipes, il y met aussi M. kathiah et surtout N. africana, qui est aujourd’hui compris dans le genre américain des Neogale. De plus, le nom Gymnopus étant déjà occupé par d’autres taxons, le zoologiste britannique Reginald Innes Pocock propose alors le nom de Plesiogale en 1921. Ce n’est qu’à la suite de cette succession de dénomination que le genre Pocockictis sera crée, toutefois, il ne sera relégué qu’au rang de synonyme junior pendant longtemps.
En 2008, une étude phylogénétique constate que les deux espèces répertoriées dans ce groupe ont des similitudes sur le plan génétique, se retrouvant toutes les deux dans un clade isolé du reste des espèces du genre Mustela. En 2025, une analyse phylogénomique publiée a affiné l’idée selon laquelle le clade indo-malais serait à exclure du genre Mustela. Ce clade est identifié comme une lignée indépendante ayant divergé il y a environ 11,5 millions d'années.
Espèces
+Liste des espèces du genre MustelaEspècesRépartition et habitatStatut UICN Mustela nudipesDesmarest, 1822Nudipède (espèce-type) 150px|sans_cadre|centré 220px|centre Habitat : Forêts tropicales d'Asie du Sud-Est insulaire. (Préoccupation mineure) Mustela strigidorsaGray, 1853Belette à dos rayé150px|sans_cadre|centré 220px|centre Habitat : Forêts tropicales d'Asie du Sud-Est. Lignée la plus basale du genre. (Préoccupation mineure)
Phylogénie Cladogramme des espèces actuelles du genre Mustela d'après Totikov et al. (2025) :
Description Le sous-genre Pocockictis se distingue des autres petits mustélidés (à l’époque divisés dans les genres Mustela, Gale et Putorius) principalement par la morphologie unique et primitive de ses membres, caractérisée par une absence totale de fourrure sur la face plantaire. Contrairement aux espèces des climats tempérés, le dessous des pieds est entièrement nu, arborant des pelotes plantaires et carpiennes proportionnellement bien plus grandes et aux stries cutanées apparemment moins grossières. Les pelotes plantaires sont très distinctement quadrilobées ; leurs trois lobes principaux sont largement en contact les uns avec les autres, tandis que les lobes pollicaux et hallucaux se rattachent à l'extrémité postérieure du lobe le plus interne. Au niveau des membres antérieurs, les deux pelotes carpiennes sont bien développées et presque jointives, surmontées d'un étroit espace nu. Un espace similaire, bien que sujet à des variations individuelles, s'observe également sur le membre postérieur, juste derrière la pelote plantaire.
Selon Pocock, cette nudité plantaire ne constitue pas une adaptation secondaire à un climat chaud ou tropical. En effet, certaines espèces de ce groupe se rencontrent sous des latitudes septentrionales plus froides, comme dans le Sikkim, tandis que des taxons d'Amérique tropicale conservent des pieds poilus. Sur le plan phylogénétique, cette structure anatomique est considérée comme le type de pied le plus primitif rencontré au sein de la sous-famille des Mustélinés. Si cette morphologie se rapproche globalement de celle observée chez le genre Galictis (à l’époque Grison et Grisonella), elle s'en distingue néanmoins de façon fondamentale par la disparition complète des pelotes métatarsiennes.
Notes et références
Voir aussi
Liens externes
Catégorie:Mustelidae Catégorie:Carnivore (nom scientifique) Catégorie:Taxon décrit par Miklós Kretzoi Catégorie:Taxon décrit en 1947