Rēzekne (latgalien : Rēzne, allemand : Rositten, en français : Rosite) est une ville et une municipalité de Lettonie, chef-lieu de la municipalité de Rēzekne, située dans la région de Latgalie.
Géographie Construite sur sept collines (ce qui pourrait être l'origine de son nom), Rēzekne est située à à l'est de Riga et à à l'ouest de la frontière Lettonie-Russie. Rēzekne se trouve à l'intersection des voies ferroviaires Moscou – Riga et Varsovie – Saint-Pétersbourg. Sa position de carrefour en a fait une ville importante.
Histoire La ville se développe autour d'une forteresse latgale, qui existe du , avant sa destruction par les croisés allemands de l'Ordre de Livonie. Sur le même site, l'ordre de Livonie reconstruit une forteresse en pierre, dont il ne reste aujourd'hui que des ruines, pour assurer la défense de la frontière orientale. Le nom de la ville apparaît dans un premier document en 1285 des chevaliers teutoniques, sous le nom de Rositten, nom qu'elle garde jusqu'en 1893.
À la suite de la guerre de Livonie, la ville intègre l'Union polono-lituanienne après la paix de Jam Zapolski de 1582. Elle devient une ville d'immigration, juive en premier lieu. Au , elle reçoit le droit de Magdebourg. En 1772 la ville devient russe après le premier partage de la Pologne, et en 1773 reçoit les privilèges de ville. Depuis 1802 elle fait partie du gouvernement de Vitebsk.
En 1893, elle prend le nom de Rejitsa (en russe et en letton).
La population de cette ville industrielle, bien reliée à Riga, Varsovie et Moscou, atteint habitants en 1914.
En 1917, la ville accueille le premier congrès des Lettons de Latgale.
Après l'indépendance de la Lettonie, la ville devient le centre de la culture latgale. En 1918, elle prend son nom actuel. Comme beaucoup d'autres villes de la région, Rositten ou Rejitsa est majoritairement peuplée de Juifs (54 % au recensement de 1897). Ceux-ci sont assassinés en 1941 lors d'exécutions de masse par des Allemands (Einsatzgruppen, sur ordre de Friedrich Jeckeln), assistés de collaborateurs lettons tels que des policiers locaux et des membres du Sonderkommando Arājs.. La population juive d'autres lieux (dont Audriņi) a également été assassinée dans la ville.
Population Sa population de (2010), en fait la septième ville de Lettonie. Considérablement détruite par les Allemands et les Soviétiques, la population passe de à 5000 durant la guerre. La population compte environ 54 % de Russes, car des habitants avant la Seconde Guerre mondiale, il n'en est resté que après le passage des troupes soviétiques et allemandes.
Composition ethnique 1897-2013 Année Population Lettons Russes Biélorusses Ukrainiens Polonais Lituaniens Juifs Roms Estoniens Allemands Tatars Autres 1897. 10795 828 2444 100 3 895 4 6442 7 1 66 0 5 1920. 9997 1924 2469 126 nd 1231 38 4148 nd 5 30 nd 26 1925. 12620 4348 3034 38 nd 1112 32 3911 nd 9 94 nd 42 1930. 12680 4603 2977 181 nd 1209 8 3577 nd 9 84 nd 32 1989 42477 15839 23379 862 673 1166 102 211 14 16 35 32 148 2000. 39233 16710 19873 680 494 1056 84 107 17 19 37 27 129 2013 33042 14582 15312 514 431 807 nd nd nd nd nd nd 423
La population de Rēzekne se répartit ainsi en 2007 et 2015 : Année Russes Lettons Polonais Biélorusses Ukrainiens Autres Indécis 2007 48,5 % 44,3 % 2,6 % 1,7 % 1,4 % 1,5 % nd 2015 45,51 % 44,47 % 2,34 % 1,52 % 1,28 % 1,29 % 4,9 % 2015 14377 14047 738 481 405 406 1137
Jumelages
Monuments Cathédrale du Sacré-Cœur un des sites cultuels et culturels les plus importants du pays, catholique, Église de la Nativité de la Vierge, orthodoxe, Église Notre Dame des Chagrins, catholique, Église luthérienne de la Sainte-Trinité, Église Saint-Nicolas des Vieux-Croyants. Colline du château et les rares ruines du château, Synagogue en bois, ou synagogue verte, dernier témoignage de l'importante communauté juive qui existait dans la ville avant la Shoah en Lettonie, Monument de « Latgales Mara », par deux fois détruit puis érigé à nouveau, pour la dernière fois en 1992 après 42 ans d'absence, Marché Musée d'histoire et de culture de Latgale, Ambassade de Latgale Gors (2013), salle de concert, Mémorial au Premier Congrès Latgalien (2017), pour le centenaire, Maison de l'art, Centre de services créatifs Zeimuls (2012)…
Ce qu'il reste de la vieille ville résume assez bien l'actualité de beaucoup de villes des pays baltes : population diminuée, agglomération sinistrée, bâtiments publics et privés en mauvais entretien, dégâts guerriers, rétablissement des infrastructures, reconstruction en 1950-1960 en habitat social durable (cités d'immeubles de 4 ou 5 étages en briques, aujourd'hui bien arborées), rénovation de la majorité des immeubles administratifs et religieux, et depuis l'indépendance (1991) construction de complexes sportifs et culturels de style contemporain de qualité.
Festivals Festival des Sept Collines, artistique et musical, fin mai
Résidents connus Antonijs Springovičs (1876-1958), archevêque de Riga ; Iouri Tynianov (1894-1943), écrivain soviétique et critique littéraire d'origine juive ; Fridrikh Ermler (1898-1967), réalisateur russe ; Teuvo Tulio (1912-2000), réalisateur finlandais ; Iveta Apkalna (1976), organiste lettonne de renommée internationale ; Vladislavs Kozlovs (1987-), footballeur ; Edgars Gauračs (1988-), footballeur ; Aiga Grabuste (1988-), athlète. Martins Strod, chanteur
Galerie
Notes et références
Voir aussi
Liens externes
Photographies municipales
Articles connexes Villes de Lettonie
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