Le parc national Tchabal Mbabo est une aire protégée proposée du Cameroun, située dans la région de l'Adamaoua, à la frontière avec le Nigeria. Il couvre le massif montagneux du Tchabal Mbabo (ou Tchabbal Mbabo), l'un des derniers grands écosystèmes de montagne d'Afrique centrale encore relativement préservés. Ce massif est reconnu internationalement pour sa richesse en biodiversité et constitue un véritable château d'eau pour plusieurs régions du Cameroun.

Toponymie Le terme tchabbal (ou CaBBal) est un mot peul désignant «un milieu d'altitude défini par un relief peu accidenté, une végétation herbeuse, un climat froid et venteux», typiquement pastoral. Mbabo désigne quant à lui la localité et la montagne éponyme de la zone.

Histoire Le massif du Tchabal Mbabo est reconnu depuis plusieurs décennies pour son importance écologique. Dès 1990, une première enquête ornithologique avait mis en évidence la richesse aviaire du site et son potentiel pour la conservation future. Depuis 2008, le site est enregistré sur la base de données Protected Planet de l'UICN comme parc national proposé de catégorie II, géré par l'État camerounais.

À partir de 2019, la Cameroon Wildlife Conservation Society (CWCS) a conduit des études biologiques et socio-économiques approfondies afin d'évaluer le potentiel de conservation du massif. En 2020, à l'issue de réunions techniques de haut niveau entre la CWCS et le MINFOF, une feuille de route pour le classement officiel du site en parc national a été approuvée par le Ministre.

Faune

Mammifères Le massif abrite une faune mammalienne diversifiée. Une mission de suivi écologique menée par l'ONG FODER (Forêts et Développement Rural) a permis de recenser 30 espèces de grands et moyens mammifères. Parmi les espèces répertoriées figurent de grands prédateurs menacés tels que le chat doré africain (Felis aurata), le Pangolin (Manis tricuspis), le léopard (Panthera pardus) et la hyène tachetée (Crocuta crocuta) ou des herbivores tel le Rédunca de montagne (Redunca fulvorufula).

Oiseaux La richesse aviaire du Tchabal Mbabo est exceptionnelle. Une réévaluation conduite par FODER en 2022 a permis d'inventorier 337 espèces d'oiseaux, réparties en 55 familles et 18 ordres. L'étude distingue 219 espèces résidentes, 28 espèces migratrices paléarctiques ou intra-africaines, 41 espèces à migration non spécifique, 288 espèces recensées en début de saison des pluies.

Parmi ces oiseaux, certaines espèces sont quasi-endémiques ou à distribution restreinte : 25 appartiennent au biome de forêt guinéo-congolaise, 10 au biome de savane soudano-guinéenne, et 11 au biome de montagne afro-tropical. L'espèce menacée Ploceus bannermani a été signalée dès la première enquête ornithologique de 1990.

Amphibiens et reptiles

Des expéditions scientifiques menées en 1998 et 2000 ont inventorié 15 espèces d'amphibiens et 15 espèces de reptiles dans le massif, dont une espèce de grenouille nouvellement décrite, Cardioglossa alsco, ainsi que plusieurs spécimens non identifiés potentiellement nouveaux pour la science.

Flore La végétation du massif comprend plusieurs formations distinctes selon l'altitude des galeries forestières dans les dépressions entre les collines et le long des cours d'eau, renfermant notamment le Prunus africana (pygeum) à haute altitude ; une savane herbeuse constituée d'un tapis graminéen sur les plateaux entourant les galeries forestières. La zone est mondialement reconnue pour ses écosystèmes montagnards-savanes, représentatifs des hauts plateaux afro-tropicaux.

Menaces La biodiversité du Tchabal Mbabo a subi des pertes importantes du fait de pressions humaines croissantes notamment avec le braconnage et le commerce de viande de brousse, le surpâturage lié aux éleveurs transhumants, l'exploitation non durable des ressources végétales, notamment le Prunus africana, les feux de brousse utilisés pour l'agriculture et le pâturage. Des analyses récentes indiquent que les activités humaines exercent une influence globale négative sur la dynamique faunique, avec une vulnérabilité accrue pour certaines espèces rares ou spécialisées.

Conservation Plusieurs organisations œuvrent à la protection du massif à savoir : la Cameroon Wildlife Conservation Society (CWCS) mène des inventaires biologiques et plaide pour le classement officiel en parc national, l'ONG FODER conduit des suivis écologiques réguliers et travaille à la gestion participative des ressources avec les communautés locales, le CEPF (Critical Ecosystem Partnership Fund) a financé des projets de conservation participative, notamment sur la gestion durable du Prunus africana, l'UICN Save Our Species (SOS) a soutenu des projets ayant renforcé l'intérêt du gouvernement pour le classement du site. La dimension transfrontalière du massif, adjacent au parc national de Gashaka Gumti au Nigeria, lui confère une importance stratégique supplémentaire pour la conservation à l'échelle régionale.

Voir aussi

Articles connexes Région de l'Adamaoua

Liens externes Fiche Protected Planet – UICN Site officiel de FODER Rapport CWCS / PFBC sur Tchabal Mbabo

Notes et références

Bibliographie

Catégorie:Aire protégée au Cameroun Catégorie:Parc national au Cameroun Catégorie:Région de l'Adamaoua Catégorie:Montagne au Cameroun